No [Pablo Larraín]

Par le Bison le 11 mars 2013

Parce que je me fais presque un devoir d’aller voir tous les films avec Gael García Bernal. Amours chiennes, Carnets de voyage, La mauvaise éducation, Babel, The limits of Control, Même la pluie

Comment une campagne publicitaire a renversé une dictature.

Tout le monde sait comment le général Augusto Pinochet a pris le pouvoir au Chili – un dictateur parvenant rarement à se faire élire par voie démocratique. Cependant comment le pays a-t-il réussi à s’en débarrasser ?

Pablo Larraín, réalisateur chilien à qui l’on doit deux autres films sur la dictature chilienne – Tony Manero (2007) et Santiago 73, Post-Mortem (2010) – revient sur cet épisode de l’histoire où une campagne publicitaire vint à bout du dictateur.

En 2008, le « président » Pinochet veut légitimer son pouvoir par les urnes. Procédure démocratique d’un référendum où le peuple chilien pourra, en toute « liberté », choisir si El General restera au pouvoir de son état : YES ou NO !

A cette occasion, l’état magnanime accorde 15 minutes par jour – au milieu de la nuit – à la télévision chilienne pour l’opposition, sachant que l’état se garde le reste de la journée pour leur propre propagande. 15 minutes, c’est court, mais cela peut paraître également long tant il y aurait des choses à dire.

Ainsi, l’opposition fit appel aux services d’un jeune publicitaire, novateur dans son domaine, pour diriger cette campagne. Deux choix éditoriaux s’opposent : 1. Montrer les exactions du pouvoir en place, massacres, exils, disparitions, corruptions… 2. Montrer que le Chili est un formidable pays et que la joie y demeure. L’une est réaliste, l’autre est idéaliste. Ce sera la deuxième solution qui sera adoptée. Le but est surtout de faire prendre conscience aux chiliens abstentionnistes qu’ils vivent dans un bien beau pays et qu’ils leur reviennent le droit aussi de gambader dans la campagne, de boire du coca, d’être jeune et de danser et surtout de dire NO ! On n’oublie pas les morts ou les disparus, mais il ne faut pas donner la sensation que les chiliens vivent dans un pays de peur et de terreur, car nul doute que si c’était le cas, ils ne se déplaceraient pas jusqu’aux urnes de peur des conséquences. Alors, oui, il faut donner une image plus glamour du pays.

Tout comme la lecture, le cinéma possède plusieurs facettes. Du pur divertissement à la découverte et la connaissance. Ce film s’inscrit dans cette dernière catégorie. Les images tournées comme dans les années 80 mélangent fiction et archives. Le format 4/3 de l’époque, les couleurs légèrement dépassées et jaunies, le soleil en plein dans le viseur ; le film lui n’affiche pas le côté glamour du discours mais gagne en réalisme. Je me crois de nouveau en 1988, regardant le journal télévisé présenté par Jean-Claude Bourret. Mais d’un autre côté, je n’ai pas eu le sentiment d’avoir perdu mon temps, car j’ai partagé un petit moment d’Histoire, celle d’un pays, le Chili, et d’un peuple qui a dit non à un dictateur.

Et en plus, il y a Gael Garcia Bernal !

Oui à l’arc-en-ciel.

NO. 2013.

10 commentaires
  1. 11 mars 2013 , 21 h 10 min - La bohémienne prend la parole ( permalien )

    Je note, j’ai vu aussi les films, j’ai Carnet de voyages sous le coude pas encore vu et j’aimerai bien voir La Science des rêves, il a joué aussi dans un film d’Almodovar, La mauvaise éducation mais je me souviens pas.

    • 12 mars 2013 , 9 h 32 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      A propos d’Almodovar, il va en sortir un le mois prochain… Plus dans le style loufoque des années 80, donc plus dans ton genre…

      Pour Carnets de voyage, je suis en train de lire le bouquin d’Ernesto qui a servi à faire le film : Voyage à motocyclette, Latinoamericana. Du coup, il faudrait que je me replonge dans le film…

    • 13 mars 2013 , 14 h 46 min - La bohémienne prend la parole ( permalien )

      >> Plus dans le style loufoque des années 80, donc plus dans ton genre

      Je me creuse la tête, je ne sais pas du tout, je crois pas que j’aime les loufoqueries ?

      et le prochain : Les Amants passagers, je crois que passager est au premier degré sinon on retournait vers les nouvelles de Mariko Koike, c’est dommage le titre dans un autre sens était plus intriguant.

  2. 12 mars 2013 , 11 h 02 min - phil prend la parole ( permalien )

    mais c pas gay ton film !

    • 12 mars 2013 , 11 h 50 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      c’est le Chili et Pinochet…
      Mais si, ce n’est pas si triste, c’est le principe d’une campagne publicitaire : occulter les douloureux souvenirs pour n’y voir que joie et bonheur !
      Un arc-en-ciel c’est toujours gai ! C’est quand la pluie s’achève et que le soleil arrive…

  3. 12 mars 2013 , 15 h 40 min - phil prend la parole ( permalien )

    ouai ouai, c te lubrifier avec de la vaseline pour mieux t’enfiler …
    pas besoin d’aller jusqu’au Chili, en France c pareil …

  4. 13 mars 2013 , 7 h 24 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Para la pelicula yo no digo NO! Pero

    SI !!!!!

    Et puis quand j’entends cet accent, j’en suis toute retournée.

    Bueno dia :)

  5. 15 mars 2013 , 18 h 30 min - dasola prend la parole ( permalien )

    Bonsoir, ce film n’est pas spectaculaire, image standard carrée, images d’archives et de fiction, tout cela pour nous raconter un moment historique (arriver à faire tomber un dictateur sans violence par la seule force du « No ») pour un pays que je compte bien aller visiter cette année et il y a en effet Gaël Garcia Bernal qui s’impose de plus en plus comme un bon acteur. Il a mûri, il est vraiment très bien. Bonne soirée.

    • 16 mars 2013 , 9 h 49 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Pas spectaculaire, mais le fond l’emporte sur la forme.

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