Away We Go [Sam Mendes]

Par le Bison le 26 juin 2011

En 1999, Sam Mendes réalisa le fabuleux American Beauty (Annette Bening et Kevin Spacey), chef d’œuvre du désespoir cruel made in America.

En 2008, il rencontra un autre immense succès avec ses Noces Rebelles (Kate Winslett et Leonardo DiCaprio) pour peindre au vitriol l’Amérique blanche et bourgeoise des années 50

Un an plus tard, ce réalisateur anglais qui se complait à titiller le mode de vie à l’américaine remet une nouvelle copie presque désopilante et presque jubilatoire : « Away We Go ». Cette fois-ci, les grandes stars de Hollywood sont absentes, remplacées par des vedettes de sitcom (John Krasinski et Maya Rudolph, guère connus de ce côté-ci de l’Atlantique) mais cela ne nuit en rien aux discours du réalisateur, à savoir analyser les petits travers de la société américaine post-hippie.

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Synopsis : Lorsque Burt et Verona, deux trentenaires amoureux, apprennent qu’ils vont devenir parents, c’est la panique. Ils détestent la ville de province où ils habitent, et le sont uniquement parce que les parents de Burt y vivent. Égoïstement, ces derniers, probablement ex-hippies, décident de partir vivre deux ans en Belgique, et cela juste un mois avant la naissance de leur premier petit-fils. Burt et Verona décident donc de partir à la recherche d’un endroit à vivre, le genre de lieu idéal pour fonder sur une base solide un nouveau foyer. S’ensuit donc un « road-movie » où le couple rend visite à des membres de leur famille et à de vieux amis. Certains leur paraissent fous à lier, d’autres leur donnent envie de suivre leur modèle… Mais finalement, tous vont aider à leur manière Burt et Verona à réaliser qu’ils n’ont peut être besoin que l’un de l’autre pour fonder leur foyer.

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J’en ai peut-être trop dit,  mais là n’est pas le plus important parce qu’au final, le film de Sam Mendes est agréablement plaisant. On sourit facilement de ces petits travers, de ces profils atypiques, de ces hippies, de ces protecteurs, de ces matérialistes ou de ces « new-age ». Le vagabondage de ces deux êtres à travers les États-Unis a un aspect jubilatoire devant ces dérives comportementales de notre amère société et Burt avec son air débonnaire, ses cheveux hirsutes et sa barbe hippie est délicieux, un peu baba, un peu cool et beaucoup déjanté. Voilà un gars auquel j’aimerai ressembler dans sa philosophie, toujours optimiste, toujours « no-soucy », une belle leçon de comment vivre au XXIe siècle sans se poser trop de questions. A cela s’ajoute une bande son, tendance indie-folk, signée Alexi Murdoch, ce qui donne une raison supplémentaire de savourer « Away We Go ».

Alexi Murdoch que certain(e)s considèrent comme le fils spirituel de Nick Drake. De quoi donner l’envie de découvrir son dernier album, Towards The Sun, sur Piggledy Pop :

Il meuble, emplit ses partitions de guitares avec du banjo sur Some day soon, de piano sur Slow Revolution, de cuivres sur At your Door dont le texte confidentiel et pudibond est couronné d’arrangements forts et variés et de l’harmonium indien sur Her Hands were leaves. Les thèmes du disque sont essentiellement l‘amour et la famille, mélancoliques ou féconds, ils sont évoqués avec délicatesse et lyrisme.

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Si Mr Nobody a moins apprécié le folk d’Alexi Murdoch, le film possède aussi un certain charme et une interrogation profonde sur le sens du couple et de la vie.

Je me suis décidé à regarder ce film pour trois raisons : la musique, le casting et le sujet. Au final, l’une m’a déçu, le second m’a plu et le dernier m’a interrogé.

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2 commentaires
  1. 16 septembre 2011 , 1 h 39 min - La bohémienne prend la parole ( permalien )

    Ca me dit film et musique, envie de douceur et de sourire !

    • 18 septembre 2011 , 15 h 18 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      C’est ton côté Peace & Love.
      Une période Hippie dans les années 60 ? Danser pieds nus sur la baie du Mont St-Michel ? Un jardin botanique pour faire pousser un bon cru d’herbes aromatiques ? Monsieur porte la barbe hirsute ?
      Don’t worry, Be happy !

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