En Secret [Maryam Keshavarz]

Par le Bison le 27 février 2013

Après les films de Nader T.Homayoun et Asghar Farhadi, je continue mon exploration cinématographique iranienne. Ce soir, je te donne rendez-vous dans le Téhéran underground. Alcool, cigarettes et night-club sauvages. Derrière la caméra, une jeune réalisatrice iranienne, Maryam Keshavarz, exilée aux États-Unis.

Atafeh – Nikohl Boosheri – et sa meilleure amie Shirin – Sarah Kazemy – sont deux jeunes filles vivant à Téhéran. Elles fréquentent des soirées underground et profitent de leur jeunesse. Un jour le frère d’Atafeh, Mehran rentre à la maison alors qu’il est devenu membre de la police des mœurs et côtoie de plus en plus la mosquée du quartier. Une histoire d’amour naît entre les deux femmes dans une société iranienne très conservatrice, mais Atefeh et Shirin sont petit à petit rattrapées par la dure réalité de leur pays.

« En Secret », c’est donc cette histoire d’amour naissante entre les deux adolescentes. Dans un pays occidental, il n’y aurait pas eu de quoi construire un scénario emballant, mais dans le contexte iranien le problème est tout autre. Face à cette société qui impose un rôle irréprochable et voilée aux femmes, quel avenir est proposé à cette jeunesse dont le besoin d’émancipation et de liberté devient trop grand ?

Ce film est d’une incroyable sensualité. Je suis surpris de la tournure des premières images pour un film iranien. Les deux filles sont magnifiques – à noter au passage que la franco-iranienne Sarah Kazemy sera à l’affiche du prochaine Lelouch en compagnie de Johnny Halliday et Eddy Mitchell – certes mais c’est surtout cette sensualité ressentie qui m’émeut et m’impressionne. Les corps féminins sont magnifiquement filmés, le voile dehors, les cheveux libres dedans. Téhéran underground, ça balance pas mal, sur fond de musique rock ou rap. Un film à découvrir. Une belle histoire d’amitié qui se penche sur l’amour, les corps se frôlent  et s’épanchent, mais la brigade  des mœurs n’est jamais bien loin. L’envie de liberté va au-delà, les interdits sont présents pour être transgressés même si cela signifie aller en prison.

Si sensuel qu’il soit, le film apporte aussi la vérité sur ce que peut-être la vie privée d’une femme en Iran : pour une femme, chanter en public, se baigner, refuser un mariage arrangé, sont des choses impossibles voir même impensables. Vivre sa sexualité représente une mise en grand danger. Pour toi, j’ai donc retenu trois scènes :

  • Une musique de Bonnie Tyler, les regards de deux amantes se rejoignent, le salon dans la pénombre, les corps se touchent
  • Une journée à la plage ensoleillée, les hommes se baignent, les filles restent sous le voile. Tôt le matin, elles sortent et tentent un bain dans l’eau plus glacée à l’abri des regards.
  • Dans une arrière boutique, ils doublent le film de Sean Penn, « Harvey Milk », pour le droit à l’homosexualité. Et s’ils en profitaient pour doubler également une scène de baise tirée d’un épisode de Sex and the City

« En Secret », 2011.

7 commentaires
  1. 27 février 2013 , 22 h 12 min - dasola prend la parole ( permalien )

    Bonsoir Le Bison, je n’ai absolument pas entendu parler de ce film. Je le note, merci et bonne soirée.

    • 28 février 2013 , 9 h 03 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      très intéressant pour découvrir une autre facette de Téhéran.

  2. 28 février 2013 , 9 h 29 min - phil prend la parole ( permalien )

    tu nous devoiles encore un drole de film !

    • 28 février 2013 , 10 h 08 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Pas si drôle que ça, mais j’ignorai qu’en Iran, on écoutait encore Bonnie Tyler…

  3. 28 février 2013 , 18 h 21 min - phil prend la parole ( permalien )

    parceque c’est l’exil qui fait que tu ecoutes ca !

  4. 28 février 2013 , 18 h 52 min - Eeguab prend la parole ( permalien )

    Pas vu ce film,ce qui ne m’empêche pas de commenter ainsi: « It’s a heartache,nothing but a heartache ».

    • 28 février 2013 , 20 h 11 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Demain, je reviendrai avec le second tube de Bonnie qui est diffusée pendant le film…

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