Les Combustibles [Amélie Nothomb]

Par le Bison le 31 janvier 2013

Catégorie : 2 étoiles, Europe

« Au fond de la pièce, une immense bibliothèque surchargée de livres couvre tout le mur. Le reste de la salle frappe par son dénuement : ni tables, ni bureau, ni fauteuil, seulement quelques chaises en bois, et à droite, un énorme poêle en fonte. »

Ainsi commence Les Combustibles. Peut-être devrais-je donc m’arrêter là ? Au moins pour respirer, et pour fureter en détail le long étalage des bouquins entreposés dans cet espace restreint qu’est une immense bibliothèque. La mienne est minuscule (je parle de bibliothèque, ne cherches pas systématiquement une connotation sexuelle à mes propos). Et je me fais cette réflexion intérieure : où poser mes fesses pour lire ce Nothomb s’il n’y a ni canapé, ni fauteuil. Certainement pas sur le poêle, ça risque de faire griller mes roustons. Seconde réflexion (effet Nothomb, je réfléchis plus) : où vais-je posé mon verre de bière s’il n’y a ni table, ni bureau. Certainement pas sur le poêle, ça va faire griller mon malt, et les bières noires ne sont pas franchement mon truc. L’histoire débute mal avec ces deux questions laissées sans réponse. Je décide donc d’avancer dans ma lecture, à jeun et debout.

Mais avant, j’ai une question à te poser : Quel livre emporteras-tu sur une île déserte ?

Je te laisse réfléchir, tu n’auras qu’à repasser par ici dans six mois pour me donner ta réponse. Voilà donc le sujet principal de ce roman.

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La question n’est pas exactement posée de cette manière, mais le principe en est le même. Nous sommes en pleine guerre, la ville est assiégée depuis plus d’une année et les bombardements ne cessent pas… Un professeur, son assistant et Marina, étudiante et accessoirement maîtresse actuelle, temporaire de l’assistant, se retrouvent réfugiés dans un appartement. Plus de meuble, plus de babiole, juste un poêle et une bibliothèque remplie d’ouvrages… C’est l’hiver et on se gèle les miches et les roustons… Tu vois où je veux en venir… Dans ce court roman (huis-clos construit façon pièce de théâtre), les trois protagonistes vont discourir pour savoir quels livres méritent d’atterrir dans les flammes du poêle afin de recueillir un peu de chaleur… La survie est à ce prix !

Je lis chaque phrase avec lenteur et circonspection et à chaque phrase je me demande : « Y a- t- il dans ce sujet,ce verbe, ce complément, cet adverbe, y – a -t-il quoi que ce soit qui vaille une belle flambée au cœur d’un poêle ? Le sens profond (ou supposé tel) de cette phrase est-il plus nécessaire à ma vie qu’un degré de plus dans cette pièce ? »

A dire vrai, l’idée me paraissait des plus prenantes, mais les références d’Amélie Nothomb me laissent de marbre, et j’ai l’impression de ne pas avoir tout saisi l’importance des auteurs cités. J’en ressors donc avec un sentiment de frustration et une petite voix intérieure me disant que j’aurais tout aussi bien pu poursuivre mon chemin au milieu des bombes sans perdre mon temps avec ce bavardage.

N’oublies pas de revenir, une fois que tu auras réfléchi à ladite question, pour y répondre et apporter tes lumières incandescentes. Tu te souviens, nous sommes en guerre, et l’électricité est interrompue…

7 commentaires
  1. 1 février 2013 , 8 h 15 min - Noctenbule prend la parole ( permalien )

    Ce qui est certain, c’est que ce n’est pas ce livre que je prendrais sur une île déserte. D’ailleurs, aucun livre d’Amélie Nothomb.

    • 1 février 2013 , 8 h 30 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Certains Nothomb sont intéressants. Et drôle. Mais il est vrai que ce n’est pas le genre de bouquin à apporter sur son île déserte. Ne serait-ce que pour la durée de vie de ses romans… ;)

  2. 1 février 2013 , 11 h 03 min - phil prend la parole ( permalien )

    faudrait deja aller sur l’ile deserte !

    pour la zik hummmm bon choix trop bien !

    • 1 février 2013 , 11 h 24 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      pour la zik hummmm bon choix trop bien !

      Cette zik, ça brulerait n’importe quel bouquin !

  3. 1 février 2013 , 13 h 23 min - phil prend la parole ( permalien )

    meme la sacrosainte …?

  4. 2 février 2013 , 13 h 23 min - Marilyne prend la parole ( permalien )

    Pas convaincue non plus par ce roman, on se les gèle et je n’y ai rien trouvé pour me réchauffer.
    Quant à LA question, je laisse tomber, l’île déserte, ce n’est pas pour demain.

    • 24 février 2013 , 22 h 17 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Je viens de retrouver ce vieux commentaire en attente de validation de ma part.
      désolé… Je ne suis pas un rapide…

      Moi non plus, je n’ai guère été convaincu par ce Nothomb…

      L’île déserte ne peut être pas si loin que ça… Un cataclysme, une inondation, et t’y es…
      ou un loto…

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