Barbe Bleue [Amélie Nothomb]

Par le Bison le 19 février 2013

Catégorie : 3 étoiles, Europe

Quoi de plus charmant qu’une femme qui boit. Certes, elle a des goûts de luxe, elle se damnerait pour une coupe de champagne, et plus si affinité ou si grand cru exceptionnel. Cette femme qui pourrait me faire fantasmer si elle ne s’appelait pas Saturnine. Ne cherche pas plus loin, tous les êtres sortis de la tête romanesque d’Amélie Nothomb ont des prénoms bizarres, voir spéciaux. Peut-être est-ce dû à un traumatisme de sa plus petite enfance ?

Parce qu’au final, que tu t’appelles Yukika, Saturnine ou Amélie ne me dérange pas en rien. Bien au contraire. Cela m’apporte un brin d’exotisme et excentricité. Je sens ma lubricité monter en douce…

« Je ne savais pas que vous aimiez le champagne, bredouilla-t-il.

- Pas vous ?

- Je ne sais pas.

- A quoi bon être riche si ce n’est pour boire d’excellents champagnes ? Vous qui êtes obsédé par l’or, ne savez-vous pas que le champagne en est la version fluide ? »

« Barbe Bleue », mâle espagnol remis au goût du jour, dans la luxure d’un appartement quartier chic de Paris, propose une colocation à de belles jeunes filles. Saturnine sera la prochaine élue. 8 précédentes sont passées dans son appartement. Elles ont toutes disparues, sans laisser de trace. Le mystère est entier. Que sont-elles devenues ? Échappées ? Mortes assassinées ? Photographiées ? Mangées ? Que d’interrogations face au plan machiavélique de ce barbe bleue qui – en mâle espagnol – doit plutôt porter la fine moustache, élégante et raffinée. Sacré Don Elemirio Nibal y Milcar !

« Une seule consigne : ne pas prendre de champagne rosé.

- Cela va de soi. Préférer la mièvrerie du rose au mysticisme de l’or, quelle absurdité !

- L’inventeur du champagne rosé a réussi le contraire de la quête des alchimistes : il a transformé l’or en grenadine. »

Le mystère ne reste quand même pas bien épais longtemps pour le lecteur que je suis ou que tu seras. Ce serial-killer ne fait guère peur, Saturnine semble mieux armée pour affronter cet homme qui adule la beauté féminine et qui en un clin d’œil tomba amoureux fou de Saturnine. De toute façon, un Nothomb ne se lit pas pour son suspense transcendant mais avant tout pour ses fameuses joutes verbales.

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Le combat sera donc oral et cryogénique. Un seul vainqueur possible, pas de retour arrière. La revisite du conte de Charles Perrault est extrêmement fidèle, son actualisation d’Amélie Nothomb prête à sourire. Il faut aimer le style de l’écrivain, ça passe ou ça casse. Parfois ça passe mieux que d’autres. Ce soir, cela aurait pu être mieux. Elle a fait mieux. J’en ressors mitigé. Peut-être est-ce parce que je n’ai pas bu de bons et grands champagnes pendant cette lecture ? Oui, Amélie aurait dû prévoir ce fait. Lorsqu’elle écrit un roman sur l’or et  le champagne, elle aurait pu – du même – envisager de livrer son roman avec bouteille et coupe associées. Ni champagne, ni caviar, ni vodka. La soirée fut d’une tristesse incommensurable. Pourtant, je ne regrette pas cette soirée, simplement pour le fait de regarder les yeux brillants de Saturnine dans sa jupe de velours noir à la doublure or. Je crois que je tombe amoureux de Saturnine à sa façon de boire le champagne.

« Mélaine nous a rapporté de bonnes chose de chez Petrossian : caviar, blinis, crème aigre et vodka. M’en voulez-vous si nous nous passons de champagne ce soir ?

- Vous plaisantez. J’ai toujours rêvé d’un diner caviar-vodka.

- un conseil, dit-il encore. N’attendez pas d’avoir dégluti le caviar pour boire de la vodka. L’idéal est de faire exploser les petits œufs sous ses dents en les mêlant à l’alcool glacé. »

Challenge Lire sous la Contrainte – Session 5, d’un livre à l’autre.

9 commentaires
  1. 19 février 2013 , 22 h 20 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    « L’idéal est de faire exploser les petits œufs sous ses dents en les mêlant à l’alcool glacé. »

    L’image est très sensuelle, mais moi j’aurai dis : « L’idéal est de faire exploser les petits oeufs sous la langue en les mêlants à l’alcool glacé. »

    Ainsi c’était plus sexe, avec en fond musical Higelin « je suis amoureux d’une cigarette »….Mais bon je ne m’appelle que Cristina ;)

    J’ai lu deux livres d’amélie Nothomb et les deux m’ont laissé un goût amer…

    • 19 février 2013 , 22 h 27 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      laissé un goût amer

      C’est parce que tu as utilisé ta langue, charnelle et sensuelle, pour caresser les petits œufs de caviar, au lieu de les dynamiter sauvagement avec les dents… et peut-être même que la vodka était frelatée ? T’as pris celle avec l’herbe de bison ?

  2. 19 février 2013 , 23 h 39 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Tu vas te moquer, je n’ai jamais goûter au caviar et la vodka pour le coup je préfère la Téquila :

    Une tranche de citron et lécher le sel entre l’index et le pouce, cul sec…… AIE….TEQUIIIILAAAAA !

    ;)

    • 20 février 2013 , 9 h 08 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Quelle manque de classe ! Ni Caviar, ni Vodka… T’es pauvre ou quoi !?

      Je préfère également la Tequila à la Vodka et même au Champagne…

  3. 20 février 2013 , 16 h 41 min - phil prend la parole ( permalien )

    non mais dit , tu as quelquechose contre les pauvres toi ????
    et pi a defaut de Champagne, faut se taper de l’Ayse !
    et tu n’as pas d’la barbe rousse plutot que d’la bleue ??

    • 20 février 2013 , 19 h 01 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      de toute façon, moi j’aime pas le Champagne !
      Et je crois même bien que je préférerai de l’Ayse. J’ai jamais gouté, cela ne vaudra pas une bonne bière, mais de temps en temps, cela me ferai ressentir l’air des montagnes haut-savoyardes…

  4. 20 février 2013 , 19 h 29 min - Philippe D prend la parole ( permalien )

    Je ne lis pas Amélie. Pourquoi? Je n’en sais trop rien. J’en ai lu un, il ne m’a pas plu et je n’ai pas encore récidivé. Un jour peut-être…
    Celui-ci ne m’attire pas vraiment.
    Merci pour ta participation.
    Bonne soirée.

    • 20 février 2013 , 19 h 35 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      C’est sûr que celui-là n’est pas un indispensable de la littérature. Après, un Nothomb se lit en 2 heures, donc cela ne prend pas trop la tête. Je lis comme ça, si l’occasion se présente – genre livre d’occasion, mais je ne suis pas non plus un fanatique de la petite belge…

      Et peut-être que j’aurai une seconde participation pour cette même session, à moins que le couteau que j’ai sur la jugulaire ne s’enfonce trop…

  5. 21 février 2013 , 9 h 38 min - phil prend la parole ( permalien )

    l’air de la Yaute faut y aller pour le sentir, ca se met pas en bouteille !
    pour l’Ayse alors la tu m’etonnes que tu ne connaissaces point ce breuvage !
    vraiment etonnant ! je douterais presque la tu vois !

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