Americana [Neil Young]

Par le Bison le 4 février 2013

Le Neil Young du mois !

La dernière fois que le Loner avait fait un album avec ses fidèles acolytes du Crazy Horse, cela remonte à 2003, et un certain et grandiose album « Greendale ». Contrairement à ce dernier, je n’aurais pas mis une décennie pour découvrir le petit dernier de Neil Young, « Americana ».

Americana. Un nom qui sent bon le folk et l’intime, l’Amérique profonde et la country doucereuse. A l’instar d’un excellent Johnny Cash, Neil revisite donc ses classiques et le folklore américain. Oh Susanna débute le bal, mais avant même d’entonner le premier couplet, la guitare tranche. Elle est lourde, puissante, assourdissante même telle une Harley à plein régime sur la route 66. Le Neil du jour ne se la joue donc pas folk intimiste mais plutôt rock garage. Cela ne me déroute nullement. J’ai appris à ne plus être surpris par ce bucheron canadien du Tennessee qui m’emmène où il veut quand il veut.

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Je délaisse donc mon pick-up de Nashville, Tennessee, pour une Fat Boy noire et rutilante. Le moteur vrombit. Un nuage de poussière se soulève. Le temps vire à l’orage. Ça va saigner dans les tympans, ça va cogner dans les miches. Toi, tu es là à faire de l’auto-stop, un sac à dos posé à tes pieds, une bouteille de bière à la main. Je m’arrête à tes cotés. La chaleur est étouffante. Tu me demande où je vais et si je peux t’emmener. Je te dis que je ne sais pas où la route me mène mais que je veux bien te prendre. Tu n’hésites pas une seule seconde, j’aime bien cette spontanéité. Tu me balances une bière, tu montes derrière et tu frottes tes gros seins sur mon cuir. Je remets la gomme. Je t’explique que je roule tant que le Loner me parle. Tu me dis que tu ne le connais pas. Je pense que tu dois être bien jeune. Elle me demande pourquoi que j’ai le tatouage d’un bison sur l’épaule gauche et d’un mouton sauvage sur le biceps droit. Mes vies précédentes, mais je ne rentre pas dans le détail, tu peux m’appeler Jesus maintenant. Si ça te dérange, tu peux me siffler aussi Tom Dula.  Elle me dit s’appeller Clementine. Je ne m’y attendais pas. Ce nom me parait si doux et sucré alors que je l’imagine farouche et sauvage avec sa poitrine fièrement dressée contre mon cuir brulant.

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J’ai bien envie de lui parler de Greendale, de On the Beach ou de Prairie Wind, mais je ne suis pas là pour refaire son éducation à la p’tite ‘zelle. Alors je me tais. Je sais bien le faire, ça. Me taire. Pour mieux m’imprégner de la musique, pour laisser cette guitare rentrer en moi et me posséder. Elle pose sa tête sur mon épaule, et elle écoute le Loner, presque religieusement. Pas un mot, le vent file, ma Fat Boy aussi. A la sortie d’un bled paumé au milieu de ce désert de poussière, je m’arrête : refaire le plein d’essence, le plein de bière, se dégourdir les pattes, s’en jeter une rapide dans le gosier asséché et roter un coup avant de reprendre la route. Et regarder son p’tit cul se diriger vers les toilettes. Pendant ce temps-là, Neil continue de parler, de folkloriser même les hymnes nationaux. Il s’amuse. Et moi donc ! Avec Neil Young, j’ai toujours l’impression d’être jeune, sa musique ne change pas, elle est intemporelle comme si le temps n’avait pas de prise sur elle. Moi, c’est pareil. Avec sa musique, je ne sens plus mes jambes, mon cœur garde ses vingt printemps, l’âge de la pouliche sur ma Fat Boy. Il est temps de redécoller, de ravaler sa salive avec la dernière gorgée de bière, de siffler ma belle d’un jour et de repartir sur d’autres sentiers, là où le vent nous emportera, là où le Loner nous conduira.

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God Save the Queen !

Rendez-vous donc le mois prochain pour le nouveau Neil Young du Ranch !

4 commentaires
  1. 4 février 2013 , 20 h 34 min - Eeguab prend la parole ( permalien )

    Hey Loner’s Brother.Assez garage c’est vrai notamment ses versions du murder songTom Dooley et de Oh Suzanna,Vive lui,lui c’est un peu nous,toi,moi et tant d’autres pour qui le rock a son roc qui s’appelle Neil Forever Young.Tu sais que finalement je serai à Bercy le 6 juin,peut-être pas sur scène avec lui,ma version de Tom Dooley étant assez éloignée de la sienne.En ce moment je réécoute pas mal Prairie wind et Fork in the road.So long!

    • 4 février 2013 , 22 h 02 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Fork in the road, je ne le connais pas trop. Va falloir que je reprenne la route…
      Je penserai à toi le 6 juin. Même si la salle est grande, le show sera en conséquence !

  2. 5 février 2013 , 17 h 37 min - phil prend la parole ( permalien )

    rock garage ! ! !
    ben je prends quand meme !

    • 5 février 2013 , 19 h 05 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Tu peux prendre.
      Avec une bière à mettre à mon compte…

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