Coffee & Cigarettes [Jim Jarmusch]

Par le Bison le 21 juin 2011

Cela pourrait faire l’objet de 11 court-métrages primés et plébiscités avec dans chacun des vedettes extraordinaires, des guest-stars venus d’horizons divers, cinéma, théâtre, musique… De ces onze mini chefs d’œuvres, un film a été réalisé en compilant toutes les nappes à carreaux, en remplissant les tasses de café et en vidant les cendriers entre chaque prise.

Difficile de faire un script plus simple, une tasse de café (parfois une cafetière entière) et une cigarette qui discute en tête-à-tête. Idée saugrenue de Jim Jarmusch qui n’a pas eu de mal à recruter quelques étranges personnalités du monde cinématographique et musicale. Il y a d’abord les habitués, Bill Murray ou Isaac de Bankolé, les p’tites gueules comme Roberto Benigni ou Steve Buscemi, les rock’n’rollers Iggy Pop, Tom Waits, Meg et Ryan des Whites Stripes. Et puis, il y a ma muse, belle, magnifique, sublime, j’en rêve presque jour et nuit, au Montana ou ailleurs (elle aurait trop froid au Montana), Cate Blanchett, sublime Cate dans un double rôle.

Et l’histoire dans tout ça ? Il n’y a pas d’histoires simplement des gens assis autour d’une table à fumer une cigarette, à boire une tasse de café, puis deux, puis trois, en train de discuter, de discourir, de blatérer, de tout, de rien, de la vie, du vide, de toi, de moi. Cela surprend, cela hypnotise, cela ne me donne pas envie de fumer, mais cela me donne l’espoir de me resservir un café même à onze heures du soir, simplement pour me dire qu’à l’autre bout de la planète, ou dans la chambre d’à coté, Cate Blanchett a cette même réflexion. Me dire que si j’avale café sur café, j’aurais la voix de Tom Waits (je suis prêt à y rajouter du bourbon dedans). Me dire que si je me sers un nouveau café, j’aurais la force de convaincre Meg et Ryan de poursuivre l’aventure « White Stripes ». Me dire que je partirai bien à bord du Darjeeling Limited pour partager une tasse de café avec Bill Murray. Me dire que je partirai bien pour Tokyo, quitte à me sentir perdu par cette étrange langue, pour partager une tasse de café avec Bill Murray. Et arrêter de me dire, arrêter de me la raconter avec toutes ces vedettes, juste me servir dans mon salon privé, sans nappe à carreaux, une tasse de café en recherchant sur Deezer un titre de Tom Waits.

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