Gone Baby Gone – The Town – Argo [Ben Affleck]

Par le Bison le 28 décembre 2012

Gone Baby Gone


Retour sur la première et marquante réalisation de Ben Affleck. Un acteur bof sur des films bof mais un réalisateur à suivre, courageux, sobre et authentique !

Dans une banlieue glauque de Boston, ville au passage qui a vu grandir la famille Affleck, la petite Amanda, trois ans a disparu. Aucune piste, la police n’avance plus. La tante et l’oncle de l’enfant décident alors de faire appel à des détectives privés du terroir, Patrick Kenzie et Angie Gennaro. Un couple de détective qui connaissent parfaitement le coin pour y vivre et savoir que la mère d’Amanda est une droguée… Plus l’enquête avance, plus ils découvrent l’envers de la ville dans ce qu’il a de plus sombre. Ils s’enfoncent au-delà des mensonges et des faux-semblants, vers les secrets les plus noirs de la ville, là où règnent les dealers, les criminels et les pédophiles. Cela ne les aide pourtant pas dans leur enquête et Amanda reste introuvable.

Chaque ville a ses secrets, chaque humain sa conscience… Et Ben Affleck semble bien connaître Boston !


J’avais été le voir au cinéma (une fois n’est pas coutume) et je me souviens même de quelques cris de mamies horripilées devant le langage cru de la rue et certains comportements choquants. Faut dire que l’histoire n’est pas vraiment gaie mais la réalisation est si sobre qu’elle nous plonge de plein fouet dans le ghetto bostonien. J’étais littéralement happé par cette atmosphère suffocante, en train d’attendre l’insupportable…


Un film à revoir donc, mais aussi à lire tout simplement (j’ai même le bouquin signé Dennis Lehane, mais n’ai pas encore trouvé le temps de m’y plonger, comme d’autres Dennis Lehane d’ailleurs)Dennis Lehane, un auteur à suivre mais des transpositions cinématographiques particulièrement soignées et réussies : souvenez-vous de Mystic River ou de Shutter Island, deux sommets du thriller hollywoodien.


The Town


Boston, the TOWN, capitale du crime.

De Boston, il est en fait surtout question d’un quartier, « Charlestown », où là-bas on devient criminel de père en fils.

Devant et derrière la caméra, Ben Affleck qui reprend (après « Gone Baby Gone », adaptation du roman de Dennis Lehane) un livre de Chuck Hogan, « Le Prince des Braqueurs ».

Un thriller classique, juste comme on en faisait dans le temps. Un film de gendarmes et de voleurs mis au goût du jour avec de vrais criminels, méchants et armés de très gros calibres, face à des agents du FBI, là non plus sans état d’âme.

Il n’y a rien de nouveau dans le film. Je vous l’ai dit, c’est comme dans l’ancien temps, sans aucune surenchère d’effets spéciaux, de 3D, de ralentis ou autres effets de caméras visant à sublimer le panorama bostonien. Une bande qui braque une banque, qui prend en otage une jeune et jolie directrice de banque, des criminels endurcis qui n’ont plus grand-chose à perdre, une bluette entre la jeune et jolie directrice et le beau et mâle gangster, et surtout des courses poursuites en voitures dans les rue de Boston qui n’ont rien à envier aux rues de San Francisco.


Au final, un divertissement franchement agréable pour rejouer aux gangsters comme quand on était gamin. Pas vraiment de compassions à attendre pour la banque (qui n’est là de toute façon que pour nous voler notre argent), pour le FBI (qui se contente de se mettre au niveau des gangsters pour arriver à leurs fins), ni même pour les braqueurs pour qui on sent qu’ils n’ont pas forcément choisi de le devenir. C’est simplement une fatalité quand on est né et qu’on vit dans CharlesTOWN.

Argo


Secret-défense. Argo est donc le dernier titre en date du réalisateur. Téhéran, 1979, ou l’invraisemblable scénario. Car l’histoire est réelle et fut bien gardée secret par la CIA jusqu’en 1997.

L’histoire, bien réelle, se déroule à Téhéran au début de l’année 1980. Un an plus tôt, la révolution a chassé le chah d’Iran. Remontés contre le «Grand Satan» américain, allié stratégique de l’ex-monarque, les étudiants islamistes pro-Khomeiny ont pris d’assaut, quelques mois plus tard, l’ambassade des États-Unis. Des soixante-six Américains pris en otage, six sont parvenus à s’échapper par une porte dérobée. Ils ont trouvé refuge au domicile de Ken Taylor, l’ambassadeur du Canada. À Washington, une question épineuse est alors soumise à l’agent Antonio J. Mendez (Ben Affleck, of course) : comment les exfiltrer ? Prenant très au sérieux sa délicate tâche, il propose alors un scénario hors du commun, abracadabrant certain dirait : mettre sur pied à Hollywood la production d’un faux long-métrage de science-fiction, prétexte à un voyage de «repérage» en Iran, pour y récupérer les diplomates et les faire sortir du pays en les faisant passer pour l’équipe du film. « Les enjeux étaient élevés. Si l’exfiltration échouait, elle aurait attiré l’attention du monde entier et aurait sérieusement embarrassé les États-Unis, son président et la CIA », se souvient Mendez, plus connu sous le nom de Tony, dans un récit détaillé de cette opération très spéciale, publié en 2007 sur le site Internet de la CIA.

Argo est un thriller politique, mais également un film ambitieux du jeune réalisateur qui sait manier la caméra à l’instar d’un George Clooney ou d’un Clint Eastwood. Il n’a pas encore une telle carrière mais nul doute que ses réalisations seront plus notables et plus appréciées que son jeu d’acteur. Cela fait deux mois que je suis plongé sur cette chronique qui n’arrive pas à sortir du clavier. Du coup, je ne peux même plus vous inviter à aller voir le film en salles (il ne doit plus être proposé – à part peut-être dans certains trous perdus de la campagne profonde…).

Avec en prime une belle représentation des années vestimentaires de la décennies, brushing féminin, pantalons patte d’éph’, et grosses lunettes en écailles de croco…


6 commentaires
  1. 30 décembre 2012 , 17 h 01 min - manU prend la parole ( permalien )

    Une belle invitation à découvrir ces films.
    « Gone baby Gone » est passé récemment mais je l’ai raté. En même temps, j’ai plutôt envie de lire avant le roman de Lehane.

    • 30 décembre 2012 , 20 h 59 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Je pense qu’effectivement, il vaudrait mieux commencer par le Lehane… Mais bon, c’est aussi parce que t’es un littéraire… ;)

  2. 3 janvier 2013 , 15 h 59 min - phil prend la parole ( permalien )

    voila un bon tierce que je ne connais absolument pas ! de ben je connais l’ange dechu lol !!!

    • 3 janvier 2013 , 16 h 31 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      voila un bon tiercé que je ne connais absolument pas !

      Tu peux le toucher dans le désordre, ça rapporte autant…
      Mais on est loin de Kurosawa et Mifune… ;)

  3. 6 janvier 2013 , 22 h 56 min - dasola prend la parole ( permalien )

    Bonsoir Le bison, je trouve que Ben Affleck s’améliore de film en film en tant que réalisateur. Pour ma part, je n’avais pas été convaincue par Gone Baby Gone. The Town est déjà nettement plus abouti et Argo est un très bon film bien mené et très sobre (mon billet paraît demain). J’en profite pour te souhaiter une excellente année 2013.

    • 7 janvier 2013 , 8 h 44 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Tout a fait d’accord avec ton point de vue.
      J’ai senti aussi cette progression dans les réalisations de Ben Affleck et je reviendrai pour lire ton ‘billet’.
      Bonne année…

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