Sometimes I Wish We Were An Eagle [Bill Callahan]

Par le Bison le 9 octobre 2012

Catégorie : 5 étoiles, Country & Lo-Fi

Une voix grave s’élève du corral sur un rythme lancinant. Bill Callahan a un discours d’une sobriété séduisante, d’élégantes mélodies plutôt tranquilles pour s’envoler tel l’aigle royal survolant les sommets des majestueuses Rocheuses. Les grands spécialistes de la musique contemporaine avec lunettes noires classerait cet album – Sometimes I Wish We Were An Eagle – dans la catégorie « country alternative lo-fi ». L’autre spécialiste de la musique contemporaine avec lunettes pour corriger la myopie (moi) le place simplement à coté de ses disques de Lambchop

En guise d’entrée en matière, voilà ce qu’en disaient les Inrocks au moment de la sortie de l’album : « Ses compositions ont ainsi gagné en clarté, même si la lumière qui les traverse provient toujours de l’intérieur, selon le procédé des lanternes magiques largement utilisé en son temps par Leonard Cohen. Ou par Lou Reed, dont Callahan se rapproche de plus en plus avec l’âge, le Lou légèrement déphasé de Coney Island Baby (le poignant Jim Cain) qui croiserait en terrain déminé le John Cale expressionniste de Paris 1919 (le cabaret pop de Eid ma clack shaw). » Pas sûr d’avoir tout capté, mais l’essence est là, Lou Reed et Leonard Cohen. Deux ailes musicales pour s’envoler vers les grands espaces.

Que dire de cette galette que les Inrocks et critiques musicales n’auraient pas eu le temps de formuler ? Cet album est sublime de bout en bout, à la limite onirique qui me fait penser à un survol de l’Amérique profonde comme si je lisais un roman du Montana, une grande œuvre de Thomas McGuane, par exemple.

« Le temps tourna progressivement à l’orage ; le conflit entre l’hiver et le printemps engendra d’immenses cascades de lumières qui donnèrent à Joe l’impression de léviter chaque fois qu’il entrait dans de vastes zones d’ombre, ou qu’ils les quittait. Les camions de la sécurité routière de l’État paraissaient embrasés d’une fabuleuse lumière jaune. Les messages brutaux des panneaux routiers se ruaient vers lui en un éclat sauvage. Sur les voies de chemin de fer, les cheminots étaient éclairés comme des acteurs sur une scène de Broadway. Une bourrasque surgit soudain de ce décor mouvant pour se dresser devant lui comme le roi mort dans un opéra. Un camion de ferme déglingué passa, un smoking accroché à la vitre arrière. Il y avait des tatous écrasés sur la chaussée. »

J’imagine volontiers que certains trouveront cette musique totalement chiante et d’un intérêt limité surtout sur la longueur (comme le fait de lire un roman de Thomas McGuane). Pour ma part, à chaque écoute, je me retrouve vers les cimes les plus majestueuses proches du Nirvana. L’éveil n’est pas loin, le retour sur Terre plus difficile… J’écoute cet album depuis plusieurs années, en fait à chaque fois que l’envie me prend pour faire un trip intimiste au-delà des nuages…

13 commentaires
  1. 10 octobre 2012 , 7 h 56 min - Eeguab prend la parole ( permalien )

    Je ne lis pas Les Inrocks mais je lis le Bison.J’ai adoré cette chanson,je connais à peine Bill Callahan mais on est obligé de se référer toujours au passé et l’ombre de Leonard passe surement mais c’est magnifique.C’est un unives qui sait m’envoûter et que je comprends d’autant plus qu’il m’arrive à moi aussi « de ne pas être un aigle ».Merci,je vais découvrir Bill Callahan dès que possible.
    Pour Journal du Missouri merci de tonn impression.Un très prochain billet devrait par contre te ravir.

    • 10 octobre 2012 , 9 h 39 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Son dernier album vient de sortir ces dernières semaines. Pas encore écouté, voilà pourquoi je me suis plongé de nouveau vers son ancienne galette. Peut-être que je me fais plus vieux, mais j’apprécie de plus en plus cette musique (tout comme Leonard Cohen).

  2. 10 octobre 2012 , 7 h 58 min - phil prend la parole ( permalien )

    Hey ! Bibison, tu as un probleme d’ancrage ??? Exces de feu ???

  3. 11 octobre 2012 , 17 h 46 min - thirdlake prend la parole ( permalien )

    Jolie critique .Cet album est pour moi un des plus beaux disques de ces dernieres années et un futur grand classique du folk / rock .j’aurai presque envie de le classer juste à coté de « harvest ».

    • 11 octobre 2012 , 19 h 51 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      A coté, d’Harvest.
      Carrément ! ?
      Je sais pas si j’oserai… mais peut-être que tu as raison…
      Avec le temps…

  4. 27 septembre 2013 , 20 h 15 min - le Bison prend la parole ( permalien )

    Tu t’intéresses à la botanique, au jardin du Luxembourg et à Bill Callahan .
    Alors mets ta salopette et tes bottes, vas faire un tour du coté de la Comtesse et de l’ami Eeguab. Il te dira tout sur le sycomore tout en découvrant la voix Bill Calahan : Sobre ode et sycomore !

  5. 27 septembre 2013 , 20 h 51 min - Eeguab prend la parole ( permalien )

    Merci l’ami. J’avais oublié cet article mais je confirme tout le bien que j’en disais. Sympa de ta part de revenir dessus et de faire le lien.

    • 27 septembre 2013 , 22 h 40 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Oh tu sais, je ne suis pas très lu, donc peu de chance que le lien soit aperçu…

      Mais ça m’a fait plaisir de revenir quelques instants sur cet album…

    • 28 septembre 2013 , 14 h 17 min - phil prend la parole ( permalien )

      raaaaa la fausse modestie !
      allez bois une binouze et passes un bon WE

  6. 9 janvier 2014 , 2 h 14 min - Er-et-cel prend la parole ( permalien )

    Je ne connaissais pas ce chanteur.. Il me convient admirablement, que ce soit dream River ou Sometimes I wish… Merci de cette suggestion

    • 11 janvier 2014 , 22 h 32 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Il serait donc de bon aloi que je discutaille de ses autres albums… Aussi magnifique que celui-là.

  7. 14 janvier 2014 , 23 h 37 min - Er-et-cel prend la parole ( permalien )

    Mais non, mais non, car grâce à internet et Itunes, j’ai pu écouter ses autres albums, que ce soit Rough travel ou woke on a whalehaert.
    Ceux que j’ai préférés restent dream River et Sometimes I wish. Mais parfois, je crois écouter Cohen L.
    Si tu veux des suggestions dans d’autres domaines que le country-rock, n’hésite pas à me demander.

    • 16 janvier 2014 , 22 h 22 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Je n’ai pas encore écouter son dernier, Dream River, sorti en septembre dernier… Va falloir.

      Mais je suis prêt à toutes les découvertes… même en dehors de Leonard Cohen et du country-rock…

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