Le Léopard des Batignolles [Claude Izner]

Par le Bison le 11 septembre 2012

Catégorie : 2 étoiles, Europe

La vengeance, c’est pire qu’une brûlure qu’on ne peut soulager. Andrésy m’a quitté, hagard, avec dans les yeux une expression pareille à celle d’un animal qu’on mène à l’abattoir.

J’avais déjà chaud, et pourtant ma montre n’affichait que dix heures trente. Affublé d’une casquette à l’effigie d’une grande équipe de football, d’une paire de lunettes noires pour le style, j’ai tout l’air du touriste venu flâner un dimanche matin parce qu’il n’a rien d’autres à faire que de se balader sans but précis. Sans but ? Pas tout à fait… Un petit plaisir estival en Dordogne est de renifler la poussière des quelques braderies et vide-greniers qui fleurissent chaque week-end là-bas.

Je ne cherche rien et par conséquent ne trouve rien, reviens les mains dans les poches, avec la satisfaction de n’avoir déboursé qu’une pièce pour acheter une canette d’Ice-Tea à ma fille, parce que en ce dimanche-là, il faisait vraiment chaud. Une chaleur qui vous étouffe et vous coupe le souffle, un soleil à vous cramer le cuir, à cuire un œuf au plat sur le capot de ma bagnole.

Avec des si je pourrais certainement mettre le Montana dans ma bouteille de Jack Daniel’s vide… Mais si j’avais de la place dans mon ranch pour tout un tas de vieilleries, j’aurais acheté des verres et encore des verres. Même vides ! Avoir une étagère – une bibliothèque – remplie de verres de bières tous différents, tous étranges… Le rêve est si bonnement accessible : une pièce et hop un modèle Paulaner, une autre piécette et hop le grand modèle de la Leffe, quelques piéçailles supplémentaires et hop le verre d’une obscure bière belge ou allemande – ce sont souvent les meilleures. Que de verres qui sonnent le cristal, je rêve déjà de boire LA bière qui va dans SON verre… Enfin, dans une prochaine vie, mais bon je m’égare comme dans les rayons d’un supermarché, mon esprit se volatile entre les étals de cette braderie à la chaleur suffocante. Lorsque je vois un livre de poche collection 10/18 d’un auteur connu de moi-même pour ses écrits Made in Montana. Je file direct, je le prends en main, je fouille les autres bouquins… Plus rien, il s’avère que mes goûts en matière de lecture ne rentrent souvent pas dans ceux de la population périgourdine. Je prends. Combien ? OK. Je prends cet autre, aussi, alors !

Oui, je me suis dit que vous en avez peut-être marre de lire des romans où il ne se passe strictement rien au Montana. Moi, j’adore, mais je ne suis qu’un vieux bison grisonnant sur les tempes. Alors voilà, avant de partir de nouveaux pour de lointaines contrées avec de vrais amérindiens, je prends mon vélocipède et pars à la découverte du vieux Paris, celui de dix-huit cent et quelque chose. Voilà, j’avais aussi envie de flâner dans les quartiers que je fréquente habituellement sous un autre jour, de m’encanailler au square des Batignolles, à la Place de Clichy, rue Monsieur-le-Prince, de voir les vieux quartiers de Paris sous un œil différent. Parce que pour tout vous dire, de nos jours, rue Monsieur-le-Prince consiste en une succession de restaurants japonais, que la Place Clichy concentrent un Mac Donald, un Quick, un KFC et deux Starbucks… Seuls les Batignolles ont su garder encore un semblant de cachet avec son temple devant le square…

Souvenez-vous : ma première phrase signalait déjà ma détresse météorologique. « J’avais chaud ». Alors, au lieu de sortir de la cave un vieux cru bordelais, et comme ce midi j’avais fait retrouvaille avec le rosé bergeracois, je me suis dirigé tout droit vers la porte du frigidaire pour en sortir une Chimay rouge qui perle déjà de sa sueur….

La Chimay Rouge qu’on nomme « Première » en bouteille 75 cl, est la plus ancienne des Chimay. Cette bière Trappiste possède une belle couleur cuivrée, ce qui la rend particulièrement attrayante.

Surmontée d’une mousse crémeuse, elle dégage une légère odeur fruitée abricotée provenant de la fermentation. L’arôme perçu en bouche est un équilibre confirmant les nuances fruitées décelées à l’odorat. [Ma source : eau pure et pères trappistes]

La Chimay « Première » fut la première bière brassée à l’Abbaye Notre-Dame de Scourmont par les Pères Trappistes en 1862.

Sa recette actuelle a été élaborée par le Père Théodore lorsqu’il recréa la brasserie après la seconde guerre mondiale. Il s’inspira directement des recettes originelles des débuts de la brasserie.

Caractéristiques

  • Goût : Soyeux, avec une légère touche d’amertume
  • Type de mousse : Ferme et onctueuse
  • Degré d’alcool : 7% alc. Vol.
  • Conseil de garde : se déguste dans l’année

Vous vous demandez certainement la différence avec la Chimay Bleue ?

La Chimay Bleue, baptisée « Grande Réserve » en bouteille 75 cl, est une bière Trappiste foncée à l’arôme puissant, dont la saveur complexe continue à bonifier au fil des années. Elle fut brassée au départ comme bière de Noël, d’où la présence d’un « millésime ».

Cette bière belge authentique, dont l’odeur de levure fraîche associée à une légère touche fleurie rosacée, est particulièrement agréable. Son arôme, perçu lorsqu’on la déguste, ne fait qu’accentuer les agréables sensations décelées à l’odeur, tout en révélant une légère mais agréable note caramélisée.

Caractéristiques

  • Goût : Relativement sec avec une note de caramel
  • Type de mousse : Épaisse, brun crème
  • Degré d’alcool : 9% alc.Vol.
  • Conseil de garde : peut être conservée plusieurs années

Vous vous demandez laquelle est la meilleure ? Moi quand j’ai un doute, je bois les deux. Telle est ma devise, ma philosophie (je pourrais en faire une chanson ou une prière). Et je crois que ma préférence se tourne vers la bleue. C’est ma couleur… Encore que cela doit dépendre des jours, de la température, de la pression hémostatique et surtout de la porte de mon frigidaire.

Du coup, comment passer du Père Théodore à ce libraire fouineur qu’est Victor et son célèbre commis Joseph. Vous vous demandez certainement ce que j’ai pu penser de cette escapade parisienne mise en écrits par Claude Izner, pseudo rassemblant les deux sœurs Liliane Korb et Laurence Lefèvre – ex-bouquinistes sur les quais de Seine. Le début m’a paru interminablement peu encourageant. J’avais eu du mal à suivre les protagonistes – la faute à la Chimay ? ou à cette chaleur suffocante… Peut-être que si j’avais commencé par le première épisode de la série… Toujours est-il qu’une fois l’enquête lancée et aboutie, je m’y suis mieux senti à mon aise, mais une chose est sûre, ces livres d’époques ne sont pas fait pour moi. Tous ces costumes et ces bacchantes, pas vraiment mon genre. Et puis tous ces frous-frous, ces jupons et ces longueurs interminables. Non, moi, je suis plutôt « écolo », donc adepte du mini, mini, mini… Sinon l’histoire en elle-même parle de morts suspectes, de flics corrompus et de magouilles financières, notre quotidien en somme même si pour l’occasion nous étions en 1893…

Depuis un bon moment Fourastié lorgnait la bouteille.

- Ah, et puis merde ! Au diable l’abstinence !

Il siffla deux verres coup sur coup.

15 commentaires
  1. 11 septembre 2012 , 22 h 56 min - manU prend la parole ( permalien )

    Ah le plaisir de chercher des livres dans les vide-greniers…

    • 12 septembre 2012 , 11 h 16 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      … et de découvrir les marque-pages des inconnues.

  2. 12 septembre 2012 , 19 h 27 min - Eeguab prend la parole ( permalien )

    Lu Le carrefour des Ecrasés,de Claude Izner.Ca ne m’a pas plu et je n’ai pas persisté chez ces auteurs.Pour la Chimay par contre je ne dis pas non.

    • 12 septembre 2012 , 20 h 03 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Ce genre-là n’est simplement pas fait pour ma pomme. Contrairement à la Chimay. Celle-là, je persiste et signe !

  3. 12 septembre 2012 , 19 h 47 min - belette2911 prend la parole ( permalien )

    Une bonne Chimay… je vois que tu es un fin gourmet et un appréciateur de la Belgique.

    La Ciney blonde est délicieuse aussi, mais c’est une bière d’abbaye, qui n’est pas brassée dans la ville de Ciney, je le précise. Le verre ballon est très chouette. Elle existe en brune, mais je l’aime blonde.

    La Chimay Bleue, je l’utilise dans les carbonnades, ça donne un meilleur goût qu’une bête pils.

    Mais le must du must, c’est la championne du monde, une trappiste, la « Westvleteren » qui ne se procure qu’en l’Abbaye de Saint-Sixte à Westvleteren (en Flandre, Belgique).

    Là, quand tu la dégustes, tu te dis « mon Dieu ». Mais diable, elle n’est pas facilement accessible !!!

    • 12 septembre 2012 , 20 h 12 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Une bonne Chimay… je vois que tu es un fin gourmet et un appréciateur de la Belgique.

      Si la Hollande est l’autre pays du fromage et de La Trappe, la Belgique est ce qui se fait de mieux !

      La Ciney blonde est délicieuse aussi, mais c’est une bière d’abbaye, qui n’est pas brassée dans la ville de Ciney, je le précise. Le verre ballon est très chouette. Elle existe en brune, mais je l’aime blonde.

      Brune ou Blonde, j’ai du les gouter… Mais ça remonte aux temps où j’étais jeune… Mais je me souviens très bien de son verre. Un beau ballon.

      La Chimay Bleue, je l’utilise dans les carbonnades

      Moi, je la bois. Mais peut-être parce que je ne sais pas faire de carbonnades…

      Mais le must du must, c’est la championne du monde, une trappiste, la « Westvleteren » qui ne se procure qu’en l’Abbaye de Saint-Sixte à Westvleteren

      Ah, Mon Dieu !
      En voila une belle, une bonne, la meilleure parait-il ?
      Allez, moi, je la mets sur le podium, parce que pour moi le must du must, la Meilleur bière du monde est la ROCHEFORT (10) !

  4. 13 septembre 2012 , 20 h 51 min - belette2911 prend la parole ( permalien )

    La Rochefort… oui, mais ça fait longtemps que je n’en ai plus bu, de la Rochefort et en plus, elle cogne dur !

    Si tu ne sais pas faire les carbonnades, ce n’est pas grave, bois la Chimay, c’est déjà ça de pris.

    • 13 septembre 2012 , 22 h 23 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      et en plus, elle cogne dur !

      Ouais, ça tu l’as dit. Elle cogne fort la Rochefort.
      Elle est fait pour les Bisons, pas pour les Belettes ;)

  5. 14 septembre 2012 , 8 h 51 min - chinouk prend la parole ( permalien )

    Bravo pour tes photos ! celle-ci je l’adore :)

    • 14 septembre 2012 , 18 h 34 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      C’est la seule chose de bien… La photo !

      … et la Bière !

  6. 14 septembre 2012 , 17 h 03 min - phil prend la parole ( permalien )

    Euhhh on est en quelle annee la ???
    J’ai l’impression de repartir en arriere, les temps grisonnantes en moins, mais la serie de biere sur tous les supports a porte, les verres quand il y en avait et le choix toujours present. Mais je vois que les annees passent, mais le podium reste le podium ! indetronable ce bison !

    • 14 septembre 2012 , 18 h 36 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Faut savoir mettre des priorités dans sa vie…

  7. 29 septembre 2012 , 15 h 15 min - vonnette prend la parole ( permalien )

    J’adore aussi chiner des livres dans les vide-grenier, par ici, on les appelle des « foires à tout » ! et ainsi augmenter ma PAL déjà très vacillante…

    • 29 septembre 2012 , 19 h 51 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      C’est l’unique raison pour lesquels je me ballade à faire ses brocantes, trocantes et autres vide-greniers… les bouquins et les verres à bière… sauf que j’ai pas de place pour les verres alors c’est un déchirement à chaque fois que j’en rencontre un !

  8. 29 septembre 2012 , 22 h 31 min - manU prend la parole ( permalien )

    Moi, c’est pour les livres de poches. Il faudrait d’ailleurs que je me calme…

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