Montana,1948 [Larry Watson]

Par le Bison le 5 septembre 2012

Montana,1919 – l’été de mes dix-sept ans. Vingt-neuf ans plus tard, même lieu pas même heure – Montana, 1948. Franchissant une barrière spatio-temporelle digne d’un épisode de « Fringe », me voilà donc sur ces terres pour l’été de mes douze ans.

Nous sommes en 1948 dans le Montana, plus précisément à Bentrock, chef-lieu du comté. Pour ceux qui s’imaginent des montagnes recouvertes de neige, des forêts sauvages à perte de vue comme dans un roman de Jim Harrison, détrompez-vous. Pour ceux qui s’imaginent des rivières recouvertes de truites arc-en-ciel, des forêts sauvages à perte de vue comme dans un roman de Norman Maclean, détrompez-vous. Pour ceux qui s’imaginent des ranchs recouvertes d’herbes folles, des sources chaudes et des paysages aussi idylliques que colorés comme dans un roman de Thomas McGuane, détrompez-vous. Bentrock, situé à l’extrême nord de l’état, à quelques kilomètres de la frontière canadienne est en fait un rude pays. D’une platitude inimaginable où, en hiver, un vent glacial balaye le paysage à longueur de journée et, en été une chaleur suffocante peut atteindre les 41°C. Charmant endroit, donc, où rien ne pousse à part broussailles et herbe à bisons. Voilà pour le décor de mon univers. Moi, David, je n’ai que 12 ans en cette année 1948 et j’appartiens au clan Hayden. Pourquoi je parle de « clan » ? Tout simplement parce que mon grand-père Julian était shérif à Mercer County, que mon père Wesley est shérif à Mercer County, que mon oncle Franck est un médecin hautement respectable dans cette région. Autant dire, que nous appartenons à la haute bourgeoisie et que le nom de Hayden est envié et respecté de tous les riverains du comté. Voilà pour les présentations. Ah non, j’oubliais aussi de vous signaler la présence de Marie Little Soldier (dont je suis secrètement amoureux), une indienne sioux qui travaille à la maison et qui est également chargée de s’occuper de moi.

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« Il m’arrivait de pouvoir rester assis pendant une heure sur un rocher, au bord de la rivière, sans souhaiter d’autre conversation que le murmure régulier de l’eau. J’étais sans aucun doute un enfant introverti, mais plus encore, j’éprouvais hors de la société une plénitude qu’il m’était absolument impossible de ressentir en son sein. »

Pourquoi vous parler de cette année précise ? Je dirais, en fait que c’est à douze ans que j’ai cessé d’être un enfant pour entrer dans le monde des adultes. Est-ce l’année où j’ai bu mon premier whisky ? Une bonne rasade et cela vous construit un homme, mon frère. Il me reste un souvenir, gravé à tout jamais dans mon esprit, et qui me hantera jusqu’à ma mort : Marie Little Soldier étendue sur un lit de la maison. Elle a de la fièvre, elle délire et tousse si fort que j’ai peur qu’elle ne meure. Mon père ne sait pas quoi faire… Il voudrait appeler son frère Franck, médecin compétant, respectable et respecté, et quasi unique du comté. Seulement, Marie refuse catégoriquement d’être soignée par mon oncle… Faut-il mettre ce refus sur le compte d’une coutume sioux ? Ou bien…

Qu’il fut cruel, cet été de 1948 au Montana… Triste. Sombre. La découverte de ce monde adulte avec ses vicissitudes… La découverte de la vérité et du mensonge… Les secrets de famille et la force des liens sanguins… Jalousies et perversité des hommes… Les ségrégations et mépris envers les indiens… Un été 48 tout simplement bouleversant et émouvant au Montana par Larry Watson.

« - David, je pense que dans ce monde les gens doivent payer pour leurs crimes. Peu importe qui l’on est ou quelles relations on a. Si on se conduit mal, on doit payer. J’y crois et c’est mon devoir. »

11 commentaires
  1. 6 septembre 2012 , 7 h 40 min - Eeguab prend la parole ( permalien )

    Hello.Lu il y a pas mal de temps mais ça fait du bien de se remémorer un peu.

    • 6 septembre 2012 , 8 h 59 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Idem. C’est en lisant le Montana, 1919 de Norman Maclean que j’ai eu envie de me replonger dans un ancien billet. L’histoire n’est point la même mais le parallélisme des titres m’a donné envie de me remémorer cette histoire du Montana, 1948.

  2. 6 septembre 2012 , 8 h 28 min - chinouk prend la parole ( permalien )

    J’adore tes billets :) Par contre, personnellement je n’ai pas accroché à ce livre, je le relirai, un jour, pour voir.

    • 6 septembre 2012 , 9 h 02 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      oui, peut-être un jour… Ce Montana, 1948 m’avait marqué !

  3. 6 septembre 2012 , 9 h 50 min - phil prend la parole ( permalien )

    ben moi c le vin de paille qui me marque !

    • 6 septembre 2012 , 13 h 00 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      belle couleur, belle ambre.
      Tant de soleil et de sucre dans une si petite bouteille.

  4. 6 septembre 2012 , 11 h 15 min - Hahasiah prend la parole ( permalien )

    Je déguste toujours tes écrits comme du petit lait! Hum! Pardon! Comme de grands crus classés! :)
    Après Le Lalande de Pomerol, un petit vin de Paille, donc? Tu as raison de varier! Vive la diversité! Et puis la monotonie pourrait t’inciter à boire davantage! Sait-on jamais!

    • 6 septembre 2012 , 13 h 00 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Je déguste toujours tes écrits comme du petit lait!

      Oui, le lait aussi ! C’est bon ! J’en déguste tous les jours…

  5. 6 septembre 2012 , 15 h 02 min - phil prend la parole ( permalien )

    t toujours pas sevre ?

  6. 6 septembre 2012 , 15 h 04 min - phil prend la parole ( permalien )

    et apres le lait, bientot ce sera un petit bourgogne de derriere les fagots !

  7. 6 septembre 2012 , 20 h 31 min - Stéphanie prend la parole ( permalien )

    Je n’ai pas bien le temps de te lire en ce moment, mais rien que pour le vin de Paille, je te dois un petit signe de mon passage.
    J’en ai l’eau, enfin le vin à la bouche…

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