Babel [Alejandro González Iñárritu]

Par le Bison le 12 juin 2011

En plein désert marocain, un coup de feu retentit. Il va déclencher toute une série d’événements qui impliqueront un couple de touristes américains au bord du naufrage, deux jeunes Marocains auteurs d’un crime accidentel, une nourrice qui voyage illégalement avec deux enfants américains, et une adolescente japonaise rebelle dont le père est recherché par la police à Tokyo. Séparés par leurs cultures et leurs modes de vie, chacun de ces quatre groupes de personnes va cependant connaître une même destinée d’isolement et de douleur…

« Babel ». Cela doit faire déjà la nème fois que je le regarde (un Iñárritu ne se comptabilise pas tant ses films peuvent passer en boucle en y gardant tout le plaisir et la magie d’une 1ère fois). J’ai beau connaître l’histoire, je ne m’en lasse pas – JAMAIS.

A commencer par ces paysages du Maroc, désertiques, silencieux et poussiéreux.

A poursuivre avec les paysages du Mexique, désertiques, silencieux et poussiéreux, eux-aussi, avec un brin de festifs.

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A continuer avec les paysages de Tokyo, bondés, silencieux et lumineux.

3 voyages, 3 destinations de rêves (tiens donc, le Mexique une destination à découvrir en même temps qu’un guacamole traditionnel – revoir le désert du Maroc, avec plaisir s’il est accompagné d’un thé à la menthe – toujours partant pour redécouvrir Tokyo, ses ramens et ses biru bien fraîches) qui enivrent le spectateur de toute leur beauté intérieure.

La musique est sublime tout au long de cette route, subliment même les divers panoramas proposés par la caméra de Alejandro González Iñárritu. Brad Pitt, tête d’affiche, y trouve encore un grand rôle, mais partage l’affiche avec de « relatifs » inconnus. Cate Blanchett ne desserre pas les dents de tout le film et sent sur elle le fabuleux regard de compassion de la vieille marocaine. Parmi ces « relatifs » inconnus…

Et puis un film ne se résume pas à la beauté de ses paysages ou de sa musique, ni même simplement à ses acteurs en tête d’affiche. Il faut y apposer un scénario bien ficelé et emballant, une histoire envoutante pour tenir en haleine le spectateur. C’est mon cas pour « Babel », j’adore son aspect contemplatif, j’adore son voyage proposé qui sans visa, ni passeport, me permet de franchir les frontières du Mexique (vive la Tequila), du Maroc (vive les dattes) et de Tokyo (Vive la J-pop et le saké, le sushi et le Fuji), et pendant plus de 2h10, je reste totalement subjugué devant le film.

J’adore, par-dessus tout, l’idée de se dire qu’un acte, même manqué, de notre part peut avoir des conséquences imprévues à l’autre bout de la planète. Certaines d’entre elles peuvent même s’avérer dramatiques…

In the Mood for Love Cinema :

Babel est un film douloureux et clairvoyant, intense, empreint de la fébrilité du monde qu’il parcourt et dépeint de sa lumière blafarde puis rougeoyante puis nocturne. Un film magnifique et éprouvant dont la mise en scène vertigineuse nous emporte dans sa frénésie d’images, de sons, de violences, de jugements hâtifs, et nous laisse avec ses silences, dans le silence d’un monde si bruyant. Le silence après le bruit, malgré le bruit, le silence de l’harmonie retrouvée, l’harmonie éphémère car il suffirait qu’un coup de feu retentisse pour que tout bascule, à nouveau.

Boulevard du Cinéma :

Ce magnifique chant polyphonique de la douleur invite à la tolérance, au respect des cultures et de la différence et à davantage de communication entre les êtres qui n’ont jamais eu, en ce début de 21ème siécle, autant de moyen de communiquer et paradoxalement si peu échangé.

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2 commentaires
  1. 16 octobre 2011 , 2 h 39 min - La bohémienne prend la parole ( permalien )

    Psttt… tu as vu Amours chiennes du même réalisateur ? Alejandro González Iñárritu

    Je viens de le voir, très bien, un film très intéressant, cela démarre sur des combats de chiens, autant dire que ça commençait mal à mon goût et non, j’ai vraiment accroché.
    un film assez violent par moment mais pas gratuitement, je dirai un film puissant, les destins se croisent, l’amour, la trahison, la haine, les deuils, chacun a sa part de noirceur et sa part humaine.
    Justement cette matière humaine m’intéresse et dans ce film elle est manipulée, triturée telle de la terre pour sculpter des humains complexes qui pourraient faire réfléchir ceux qui apposent des étiquettes sur telle ou telle personne… parfois dès la maternelle ?

    A voir !
    C’était la mini chronique du fin fond de la roulotte ;-)

    • 16 octobre 2011 , 9 h 55 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      tu as vu Amours chiennes du même réalisateur Alejandro González Iñárritu

      Tout à fait ! C’est par ce film que j’ai découvert le réalisateur (ainsi que Gael Garcia Bernal). Un superbe film, des moments cruels avec ces combats de chiens, mais j’adore ce genre de trame cinématographique qui consiste à raconter plusieurs histoires humaines qui à la fin se croisent, se rencontrent, se destinent…

      j’ai vraiment accroché.

      Pareillement. D’ailleurs, il faut que je me prévois une séance DVD un de ces soirs (peut-être même, dès ce soir ?)

      C’était la mini chronique du fin fond de la roulotte

      J’aime bien les mini chroniques du fin fond d’une roulotte !

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