La Chasse [William Friedkin]

Par le Bison le 2 août 2012

Cette nuit, je fais une virée sauvage dans les boites de nuit gays de Greenwich Village, New-York version début des années 80. Mon mentor d’un soir : Al Pacino en personne, mais un Al tout jeune tout de cuir vêtu, grosses lunettes de soleil. Un Al transforme(r) en clone de Lou Reed pour l’occasion. Bienvenue dans le monde de la nuit, le monde des homosexuels sauvages, le monde des clubs sadomasochistes réservés aux mâles en rut.

« La Chasse » (« Cruising » en VO), film de William Friedkin (à qui l’on doit le célèbre « Exorciste ») fit scandale à sa sortie en 1980 et réussi d’échapper de peu au label X (interdiction -18 ans) pour une interdiction aux moins de 17 ans non accompagnés. Plusieurs scènes furent coupées – notamment une scène de fist-fucking filmé dans son intégralité. Âme puritaine s’abstenir, âme voyeuse (ou vicieuse) bienvenue dans cette antre du Mal qui ronge en toi. Car des fesses d’hommes velu(e)s (les hommes et les fesses), tu verras. Car des fellations, tu pratiqueras. Car du cuir et des tétons percés, tu souffriras. La nuit gay n’est pas de tout repos et tu ne sortiras pas indemne des chiottes de la boite de nuit.

Au fait, Al Pacino est un tout jeune flic qui se voit proposer, en échange d’un poste d’inspecteur, d’infiltrer incognito le milieu gay pour repérer un serial-killer sévissant dans ce microcosme nocturne. Il correspond physiquement au profil des victimes, le look à la Lou Reed des années 80 faisait fureur dans cette zone. Dans un premier temps, Al va fureter dans le coin à la recherche des codes et des couleurs de cette communauté homosexuelle. Savez-vous qu’un foulard jaune dans la poche droite signifie que vous voulez vous faire enfiler, qu’un foulard rouge dans la poche gauche indique que vous pratiquez la fellation et je ne te parle même pas du foulard vert. Tout un code vestimentaire qu’il est bon de connaître avant de s’aventurer au plus profond de ce milieu chaud et humide. Al s’enfoncera dans ces plaisirs nocturnes, après tout c’est son job, mais il s’interrogera de plus en plus sur sa sexualité voyant son couple se désagréger au fil de ses rencontres d’un soir. Mais malgré sa présence, son œil vigilant et son instinct de jeune flic, les meurtres dans le coin se poursuivent…

Voilà donc un Pacino que je découvre pour la première fois. Un excellent thriller totalement orienté et provocateur à l’encontre des homosexuels, un polar à regarder la nuit pour découvrir tes propres déviances. Parce que je te vois derrière ton écran, et je sais que tu as des déviances sexuelles qui ne sont pas très nettes-nettes !

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