Les Paupières [Yôko Ogawa]

Par le Bison le 19 juillet 2012

Catégorie : 3 étoiles, Asie

Les Paupières.

Voilà le genre de roman à lire sous la couette avant de s’endormir. Des nouvelles pour trouver la quiétude avant de plonger au fin fonds de l’abîme du sommeil. Des histoires simples, émouvantes, et comme souvent avec Yoko Ogawa, emprises avec l’étrangeté, l’originalité et parfois subrepticement l’insolite. L’extravagance se mêle au naturel et la vie ne reste pas aussi ordinaire que l’on pourrait s’y attendre.

Les courtes nouvelles pourraient amener une certaine frustration de s’arrêter en si bon chemin, mais lorsque la page blanche marque la fin d’un chapitre, l’imagination prend le relai et poursuit l’histoire au-delà du sommeil. Car Yoko Ogawa s’amuse de sa plume à nous faire frémir mais aussi à prolonger nos rêves, à aiguiser nos sens vers le monde extérieur et ouvrir nos papilles vers les bonnes odeurs de cuisine. Il y est beaucoup question de sens et de regard, de la perception du silence et de la lumière. Un Yoko Ogawa n’est jamais aussi simple qu’il n’y parait… A travers quelques mots, elle nous fait parvenir toute une palette de couleurs, d’odeurs et de sonorités ; ainsi dans chaque roman se trouve une telle richesse que je n’ai pas envie de m’en séparer car je sais qu’à chaque relecture, des émotions nouvelles renaîtront, et « Les Paupières », même closes, ne feront pas exception à la règle.

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« Quand arrivait l’heure de me coucher, je me brossais soigneusement les dents, vérifiais à plusieurs reprises que les rideaux étaient bien fermés, pliais les vêtements que je devais porter le lendemain et les posais sur le sofa, tirais sur la couverture du lit impeccablement fait, et m’allongeais après avoir éteint toutes les lumières de la chambre. Je répétais chaque soir l’opération dans le même ordre. Je craignais qu’en sauter une seule étape ne provoque la formation d’une cavité dans le cours du temps entraînant une torsion de l’obscurité qui m’aspirerait dans un monde où le sommeil n’existerait pas. »

Akerbeltz est une divinité maléfique et souterraine ressemblant à un bouc noir, capable de commander une foule de génies et de déclencher des tempêtes dans la mythologie basque.

Bonne nuit, les petits…


4 commentaires
  1. 20 juillet 2012 , 10 h 36 min - phil prend la parole ( permalien )

    En tout cas, lire Ogawa ca parait simple et pas facile a la fois, des mots faciles certes mais qui donne une ambiance dont on est pris au piège par les obsessions, les descriptions de Yoko et on y retrouve la trace d’Haruki aussi non ?
    C’est Yoko ou Akerbeltz qui t’aide a passer dans le monde onirique ??

    Et donc avant de fermer les paupières tu te plis au rituel ?
    brossage des dents, fermeture des rideaux, preparation et pliage des vetements pour le lendemain, extinction des lumieres …

    Et un bon Deep en prime cool !

  2. 23 juillet 2012 , 19 h 03 min - Laure prend la parole ( permalien )

    Comme c’est bien dit/écrit. Cela me plait beaucoup et je ne connais pas cet auteur.
    Bon à part ça je cherche un livre de photos d’éléphants, pour en dessiner. Des idées ,

    Et puis cette boisson, avec le livre, hum, non, même si je m’incline devant les Basques. Une tasse plutôt ?

    • 23 juillet 2012 , 22 h 28 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      je ne connais pas cet auteur.

      Une auteure à découvrir…

      Bon à part ça je cherche un livre de photos d’éléphants, pour en dessiner.

      Quand j’ai vu ta série sur les éléphants, j’ai tout de suite pensé à Kim Donaldson, formidable peintre tendance animalier et Afrique sauvage.

      Il y a aussi la couverture d’un roman de Barbara Gowdy – Un lieu sûr. Au passage un roman très original…

  3. 24 juillet 2012 , 10 h 23 min - phil prend la parole ( permalien )

    haaa c vrai Bibizon, tu peux pas barrir toi donc peux pas poser. Parfois on se trompe !

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