Blurry Blue Mountain [Giant Sand]

Par le Bison le 14 mai 2012

Catégorie : 5 étoiles, Country & Lo-Fi

La voix grave et sexy. Howe Gelb continue de contempler du haut de sa guitare l’immensité de son ranch. Un endroit paisible où broutent bisons, vaches et taureaux lorsque le soleil de l’Arizona se couche jusqu’à la lointaine ligne d’ombre de l’horizon. Cela fait 30 albums que cela dure. Pas moins, peut-être même plus. Entouré de quelques gars du coin et du cru, son groupe le « Giant Sand » distille sa musique chaude et sereine comme à la fin d’un western où le cow-boy solitaire reprend son cheval, retrouvant ainsi sa vie de loner et de looser, dans un monde sauvage et de plus en plus décalé avec sa philosophie. « Blurry Blue Mountain » est le genre d’album à ne pas faire de bruit, respect de la nature et des grands espaces oblige, respect des Divinités locales qui se retrouvent dans chaque grain de poussière ou piquant de cactus. Et lorsque Howe est inspiré par Thelonious…

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Je ne peux être déçu par un Giant Sand. Chaque nouvel opus apporte son univers mélange de western sauvage et de blues poussiéreux. La guitare trucide et dans le tempo suivant chaloupe. Un temps country, un temps bluesy, un temps planant, un temps terreux. Tout en mélodie et harmonie. Je suis sur le point de fermer les yeux et sombrer dans un coma éthylique lorsque, à la pièce suivante, une guitare stridente vient faucher mon âme vagabonde et me remette bon pied, bon œil à zyeuter les bisonnes du coin avec leur décolleté prometteur. Il me reste encore du chemin avant de parcourir le vaste territoire de Gelb, je suis resté trop longtemps en admiration devant son BBQ. Il est temps que je sorte de mon enclos à la découverte de nouveaux espaces et pâturages. Coyotes, tenez-vous prêt, le Bison arrive sur vos terres sauvages !

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Comme un bon vieux Leonard Cohen, un Giant Sand s’écoute, au coin d’une cheminée ou accoudé au comptoir (ma préférence allant à la seconde ambiance).

Comme un bon vieux Neil Young, un Giant Sand devient intemporel, l’atmosphère sereine (presque zen) d’une guitare qui virevolte au milieu de la poussière d’un ranch sans nom.

Comme un bon moins vieux Calexico, le Giant Sand mélange les courants musicaux avec toujours cette même promiscuité vers la nouvelle country underground et le blues chargé de mélancolie et de poussière.

Howe Gelb ne fait pas de bruit, à peine plus que sa guitare. Mais, putain, qu’est-ce que ça ressource !

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6 commentaires
  1. 15 mai 2012 , 7 h 37 min - Eeguab prend la parole ( permalien )

    Je ne connaissais pas Giant Sand mais j’aime beaucoup.C’est tout à fait dans mes registres comme tu as pu t’en douter en visitant un peu chez moi.Merci.

    • 15 mai 2012 , 9 h 19 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Oui, un très bon groupe dans cette même lignée de la nouvelle Country Folk Indépendante avec une touche de Rock et de Poussière. Ce qui ne veut rien dire, mais si tu apprécies Steve Earle pour son Copperhead Road ou son El Corazon, tu peux apprécier le groupe. En étant différent, il y a cette même sensation de poussière, de stetson et de santiags qui nourrissent la musique country mais revue au goût du jour !

  2. 15 mai 2012 , 17 h 43 min - phil prend la parole ( permalien )

    oui la guitare te titille, te met en emoi et la, tel le chemin de fer qui passe et repasse tu te laisse voyager et traverser ces vastes plaines poussierieuses jusqu’au coup de timbales pour te mettre en haleine, on aimerait presque qu’il passe la vitesse superieur ou qu’il s’exite un peu plus sur ces cordes, allez allez un effort …..

    • 15 mai 2012 , 19 h 05 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      pas besoin de s’exciter ! juste contempler et respirer !

  3. 17 mai 2012 , 3 h 30 min - La bohémienne prend la parole ( permalien )

    Mitigée, premier titre .. lancinant, hypnotisant, un peu trop à mon goût, je rejoins Phil, la seconde… zappée, trop, mon oreille a disjoncté, peut être à cause de l’heure, la troisième m’a plus emballée.
    Enfin j’étais venue chercher du blues, je continue mon chemin à droite au fond … dans les archives.

    • 17 mai 2012 , 12 h 41 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      lancinant, hypnotisant, un peu trop à mon goût

      juste contempler et respirer !

      mon oreille a disjoncté, peut être à cause de l’heure

      juste contempler et respirer !

      j’étais venue chercher du blues, je continue mon chemin à droite au fond

      Pour le blues, fallait prendre à gauche…

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