Tyrannosaur [Paddy Considine]

Par le Bison le 29 avril 2012

Joseph boit.

Il est odieux. Il tue son chien en le rouant de coups de pied, dans un excès de colère, de rage et de bières. En plus d’être un enragé, c’est un vrai connard, A Fucking Bastard comme on dit à Glasgow. Il est en perpétuelle colère envers le monde, mais surtout envers lui-même, cette boule de nerf solitaire qui bascule à chaque minute de son existence dans une violence extrême. J’apprendrai plus tard qu’il a perdu sa femme mais ce n’est même pas une excuse pour expliquer son comportement.

Avant, il était toujours le même connard, ivrogne et ignoble.

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Un jour, il entre en pleine furie dans une boutique d’articles d’occasion pour les plus démunis. Glasgow, version pauvre et sociale. Et, il fait la connaissance de Hannah, bourgeoise et chrétienne. Je pourrais me dire que ces deux êtres n’ont rien de commun, et pourtant, ils vont se rapprocher, doucement, timidement, pour ne pas effrayer Joseph le sauvage. Hannah, pleine de bonté et de compassion. Hannah qui apparemment a aussi ses secrets lorsque la porte de son nid douillet et bourgeois se referme derrière elle, dans son quartier chic de Glasgow avec garage automatique.

La rencontre naviguera entre explosion et tendresse. La rage est toujours aussi présente dans l’âme de Joseph, mais ce dernier ne sera pas le dernier connard de Glasgow. Il y a bien pire que lui, Hannah le sait bien. Deux êtres au bout du rouleau qui vont chercher une nouvelle voie, celle de la reconstruction où la violence devrait être moindre.

« Tyrannosaur », film coup de poing de Paddy Considine, avec Olivia Colman et un fabuleux et exceptionnel Peter Mullan. Un premier et immense film social (que ne renierait certainement pas Ken Loach) comme seuls les anglais savent faire. Un film avec les plus grands enragés et connards des pubs anglais, totalement noir et désespéré où le seul moment joyeux du film est l’enterrement d’un pote de Joseph, là où les pintes de bières coulent à flot avec respect. Un film qui va plomber irrémédiablement votre soirée, mais qui m’a surtout donné l’envie de sauter dans le premier pub ouvert pour boire une pinte de Beamish et me bourrer la gueule en l’honneur de tous ces Fucking Bastards de Glasgow. Le grand film britannique du mois d’un avril 2012 aussi pluvieux que dans les quartiers pauvres de Glasgow.

Au passage, Joseph massacrera un second chien à coups de batte. Âme sensible s’abstenir, d’autant plus que tout le tort reviendrait non pas au pit-bull en question mais à son connard de « maître ».

Santé & Fuck You, Bastard !

6 commentaires
  1. 29 avril 2012 , 17 h 20 min - manU prend la parole ( permalien )

    De Peter Mullan, j’ai vu The Magdalene Sisters et Neds, des films qu’on n’oublie pas facilement…

    • 29 avril 2012 , 18 h 34 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Pas vu Neds
      The Magdalene Sisters, un film qu’on oublie difficilement…

      Qu’il soit ‘simple’ acteur ou en plus réalisateur, Peter Mullan ne s’oublie pas non plus facilement…

  2. 30 avril 2012 , 0 h 03 min - manU prend la parole ( permalien )

    Neds, c’est dur, c’est glauque, c’est noir, c’est ultra violent, ça fait du bien quand ça s’arrête…

    • 30 avril 2012 , 9 h 14 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Cool, de quoi plomber une nouvelle soirée…

  3. 1 mai 2012 , 18 h 22 min - phil prend la parole ( permalien )

    merci qui, merci bibi !

    • 1 mai 2012 , 19 h 09 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      y’a pas de quoi !
      Si je peux te pourrir une soirée en te plombant l’ambiance, je suis toujours présent…

      Santé ! C’est ma tournée. Happy Hour toute la nuit !

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