l’Arrière-Saison [Philippe Besson]

Par le Bison le 6 mars 2012

Catégorie : 2 étoiles, Europe

« Voilà votre Southern Comfort. Ça, c’est nouveau. Vous ne buviez que de la bière avant.

- Vous avez une excellente mémoire, dites-moi, Benjamin. Mais que voulez-vous ? Avec l’âge, on prend des habitudes bourgeoises… »

Pour ceux qui comme moi, fervent adepte du triple A – Ancien Alcoolique Anonyme – ignorent ceux que peut être un Southern Comfort :

Le Southern Comfort est sans doute la plus ancienne et la plus appréciée des liqueurs de whisky en provenance des États-Unis. Les historiens retrouvent sa trace dans un bar poussiéreux de la Nouvelle Orléans aux alentours de l’an de grâce de 1874.
De couleur ambrée le nez doux est fruité. La bouche douce se développe sur les épices. La finale plus sèche évolue sur des notes d’orange amère.

Même si rien ne vaut un bon rye ou un excellent bourbon pour étancher sa soif de connaissance, de littérature et de breuvage frelaté, me voilà donc au comptoir d’un café nommé Phillies.

Nighthawks (Les oiseaux de nuit). 1942.

Là-bas, accoudé au comptoir, j’y croise une femme, plus toute jeune – l’âge mûr – en robe de cocktail d’un rouge écarlate, grande crinière rousse dégoulinant sur les épaules. A ses côtés, un homme stetson vissé sur la tête, cigarette au bec. Face à ce couple improvisé, un barman, tenue blanche exigée, chauve et à l’écoute de la commande. Pas d’autres clients dans ce bar d’un autre âge qui ressemble à un visa sans retour vers l’Amérique profonde, celle du peintre Edward Hopper.

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Cette toile a servi d’inspiration pour écrire une petite histoire, faite d’amour, de passion et de regret. Philippe Besson raconte son histoire celle d’une nana qui attend le coup de fil de son amant, Norman, décidé à quitter sa femme. Philippe Besson  raconte son histoire celle de l’ex-compagnon de ladite nana qui revient dans ce bar après 5 années de rupture. Philippe Besson raconte son histoire celle de Ben le barman qui semble secrètement amoureux de ladite nana, qui semble en vouloir à Norman, qui pense que cette rousse mérite mieux, et qui se réjouit de l’entrée soudaine et surprise de Stephen, le précédent ami. Philippe Besson a choisi Cap Code pour installer son café, Chez Phillies.

Pourquoi j’aime Edward Hopper ? Parce que chacune de ses toiles me raconte une histoire. Parce que chacune de ses toiles fertilise mon imagination et secrètement je m’imagine investir ses lieux peints. Moi aussi, j’ai envie de me plonger dans la toile et de vivre quelques tranches de vie dans ce café, de rencontrer cette femme d’âge mûre. Peut-être que ce type au stetson sur la tête ne serait que l’avatar d’un bison dessiné par Hopper. Oui, moi aussi, à l’instar de Philippe Besson, chaque fois que je regarde une peinture d’Edward Hopper, je me raconte une (des) histoire(s). Même si ces dernières ne ressembleraient pas à celle de l’écrivain, qui m’a semblé un peu trop longue, un peu trop lente, un peu trop plate et sans surprise. Peut-être que je reviendrai un autre jour sur Philippe Besson, mais surement que je regarderai de nouveau des toiles de Hopper et que je me créerai mes propres feuilletons d’un autre temps… Car, dans ma tête, il se passe bien d’autres péripéties Chez Phillies, nettement plus drôles, plus rythmées, plus envoûtantes, plus passionnantes, plus charnelles, plus…

« Il porte son verre à ses lèvres, on n’entend que le bruit des glaçons qui s’entrechoquent, il avale une gorgée de whisky. Sa pomme d’Adam monte puis redescend. On ne perçoit plus alors que ce bruit caractéristique de l’homme qui déglutit. »

Sur cette indiscutable référence, je ne peux que me diriger vers mon bar fétiche, me servir un verre de SouthernComfort, zut y’en a pas, de Gentleman Jack alors…

6 commentaires
  1. 7 mars 2012 , 18 h 51 min - phil prend la parole ( permalien )

    tom waits, bon choix pour la lecture !

    et encore une raison pour vider une partie de la bouteille !
    euhhhh le bar est vide quand ?

    • 7 mars 2012 , 20 h 00 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      euhhhh le bar est vide quand ?

      Vide ?
      en bouteilles, JAMAIS !
      en clients, TOUJOURS !

  2. 10 mars 2012 , 8 h 04 min - phil prend la parole ( permalien )

    Encore une fois grace a toi je decouvre un nouvel horizon ! Je suis aller zieuter sur la toile les travaux d’Edward Hopper. J’en avais deja vu sans mettre le nom de l’auteur dessus pour etre honnete, mais la, en sachant que c’est lui, j’ai vu et compris ce que tu ressens en voyant ces toiles.
    On plonge facilement dans son tableau, tel Kafka sur la rive … euhhh je pars a l’est la !

    • 10 mars 2012 , 12 h 10 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Je suis aller zieuter sur la toile les travaux d’Edward Hopper.

      Et si tu as écouter le dernier album de Thiéfaine, tu as pu également zieuter une nouvelle toile de Hopper : Compartiment C Voiture 293 !

  3. 28 juillet 2015 , 10 h 13 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    2 étoiles !!!! Qu’est ce que tu es dur !!!!! Rohhhhh …
    J’ai aimé cette lenteur, cette obscurité, et rentrer peu à peu dans leur histoire, leur intimité, leur regret …

    Ce livre un coup de cœur !

    Il t’a manqué peut être ce côté charnel et pourtant moi cette proximité dans ce bar, ce tableau, cette musique, ce verre de Jack Daniel’s laisse libre cours à ton imagination …

    2 étoiles Bison quand même ! Tu ne veux pas revoir ton jugement ? ^^

    Qui ne tente rien n’a rien ;-)

    • 28 juillet 2015 , 12 h 43 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Qu’est ce que tu es dur !!!!!

      Est-ce une flatteie ou un reproche ? :-)

      Ce livre un coup de cœur !

      Moi, ce n’a pas été le cas. Mon premier Besson. Depuis j’ai découvert un autre Besson qui fut un grand coup de coeur.

      Tu ne veux pas revoir ton jugement ?

      Il mériterait effectivement une seconde chance. Reste à trouver une bouteille de bourbon…

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