2 Expressos [Kan Takahama]

Par le Bison le 14 mars 2012

Catégorie : 5 étoiles, Asie

Quand j’ai plus de bière, je prends un café, un bon expresso genre Arpeggio pour les connaisseurs. Mais qu’est-ce qu’un bon expresso ?

Du café, de l’eau. De l’amour et de la patience… C’est simple au final. Simple comme cette petite histoire, humaine et touchante, dessinée par Kan Takahama.

Un peu d’amertume aussi comme une vieille histoire d’amour, une rencontre de jeunesse oubliée et qui à l’aube des 40 ans ressurgit du passé.

Une campagne reculée et profonde du Japon, préfecture d’Aichi… Voilà un endroit bucolique où il serait bon de s’y perdre, de respirer les fleurs de cerisiers ou de chrysanthèmes, tout en flânant le long de la voie ferrée désertée. Moi aussi, je veux mon visa pour là-bas et m’installer au bistrot du coin, m’y asseoir et boire un bon café. Beurk. Je crache tout. Je retire ma proposition. Dégueulasse, le café. Absolument infect ! Faut dire, le patron qui veut transférer la tasse en remède de grand-mère rajoute du ginseng ou de la propolis. Si, Si ! Véridique ! et Infect !

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A l’autre bout de la planète – c’est-à-dire ici à Paris – Benjamin, dessinateur de BD en manque d’inspiration, crise de la quarantaine en cours, décide sur un coup de tête de partir vers cette destination lointaine. Quelques dix-sept années plus tôt, il a croisé sur le pont de l’Alma (ou le pont des Arts – je ne m’en souviens plus très bien, lui-même non plus) une jeune japonaise. Une nuit ensemble et voilà le coup de foudre pour Benjamin, mais voilà aussi que la demoiselle du Soleil Levant s’envole aussitôt dans son pays natal, lui laissant ce petit mot mystique et mystérieux.

« Va d’abord à la gare de Gono-Ni, dans la préfecture d’Aichi. En descendant du train, tu verras un endroit très lumineux. Là, j’y vends des choses qui sont utiles pour faire ses adieux (je te laisse deviner!) »

Benjamin n’aura même pas le droit à un long road-movie à travers la campagne japonaise. Les circonstances l’obligeront à s’arrêter dans ce café au café infect (imaginez-donc un café à la propolis) et au garçon de café légèrement dépassé et aigri. Et là, une histoire d’amitié se forgera. Au début dans la douleur, dans la suspicion. Faut préciser que Benjamin est fils de bistrotier, alors le café cela le connait. Serré même ! Il relève les manches de sa chemise et prépare non sans mal la transformation du café et du garçon de café, épris de sérieux doutes, en plein doutes avec sa femme…

« - Je voudrais vraiment rendre ma femme heureuse.
- Les premières années, on dit tous ça, mais que tu continues à le faire après tant d’années, là tu m’épates. »

Voilà, vous me direz que tout ça est un peu court pour faire un roman ou une BD. Court, justement c’est comme cela que je conçois 1 bon expresso, alors imaginez 2… Cette histoire est simple, réduite à son minimum. Une inaction totale pour servir en plus d’un bon café des émotions touchantes mêlant amitié amour compassion et respect. Franchement que c’est beau, un café comme ça, que les traits de Kan Takahama restent simples et insufflent une certaine poésie. De la sensualité douce et chaude, comme une tasse de café fumant. Des moments intimes et mélancoliques aussi tendres et sensuelles qu’un carré de sucre plongeant dans une tasse au café, s’émiettant coin par coin jusqu’à la dissolution complète…

Un manga pour les romantiques du Japon, les amateurs de café et les amoureux tout court.

Que demander de plus ?

Hein, Mister Georges ?

What Else ?

4 commentaires
  1. 15 mars 2012 , 7 h 58 min - phil prend la parole ( permalien )

    c sur qu’un cafe au scapa tu auras des notes fumees et on dit que c la propolis ! et on matraque encore les complements alimentaires !
    oui suis remonte !
    cafeine cafeine a moi !

    • 15 mars 2012 , 19 h 40 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Moi, j’prends un verre de Scapa en compléments alimentaires !

  2. 15 mars 2012 , 23 h 58 min - La bohémienne prend la parole ( permalien )

    J’ai du mal avec les compléments alimentaires, je ne sais pas comment les consommer… boire, siroter, siffler, à la paille dans la bouche, dans le nez… ou alors en suppo, en ovule, en pschitt dans le nez, l’oreille, etceteratum ….

    Je ne comprends pas à quoi ça sert, je n’en ai jamais consommé, je ne sais pas même pas comment savoir qu’il me manque quelque chose, et si il manque pourquoi ne pas s’alimenter pour compléter, pourquoi compléter pour s’alimenter.

    Je me sens quiche
    comme d’hab

  3. 16 mars 2012 , 7 h 56 min - phil prend la parole ( permalien )

    avant c’etait vient maman, un suppo et au lit !
    le probleme c’est qu’on nous prend ou on nous fait etre des quiches !
    parceque l’alimentation de maintenant ne repond plus aux besoins nutritionnels qu’on devrait avoir. A force de production intensive, d’epandage de produits phytosanitaires, de cueillette rapide, on a tue la base du processus de la biologie, de la vie. Donc ce qu’on mange est une pale ressemblance sans vie, sans ou avec moins de nutriments, sans ou avec moins de vitamines, d’acides gras essentiels, d’antioxydant …
    donc normalement si on mange bien et bien oui les complements on oublie. Mais au vue de ce qu’on nous propose et bien il faut bien se complementer afin qu’au moins notre systeme endogene fonctionne correctement. Et je ne parle pas des gens qui font du sport, qui court dans les vertes praries, nez euhh naseau au vent, qui sirote boisson alcoolisees (pauvre foie !), qui stress (euhhhh?) dans leur travail, qui respire (fumee, pollution …).
    mais tout cela reste un choix personnel avant tout !
    libre arbitre !

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