When You’re Strange [The Doors]

Par le Bison le 3 mars 2012

Comment savez-vous que vous êtes passé à côté d’un truc ? Le genre de truc à vous bourrer d’émotion, à vous arracher quelques subtiles larmes de plaisir et de jouissance intense et extrême. Un truc de ouf, en somme qui vous apportera tout au long de votre médiocre vie les regrets éternels.

Nous sommes le 3 Juillet 1971. Un homme à la radio annonce la mort de Jim Morrison. En écrivant cette phrase, je suis déjà parcouru par d’étranges frissons de tristesse et de mélancolie. Regret N°1 : pourquoi je n’écoutais pas la radio à cette époque-ci ? Quelques six années plus tôt (c’est peu 6 ans pour nous les bisons sauvages, mais cela parait une éternité pour les bourgeois, les institutions policières, judiciaires et chrétiennes et les autorités bien-pensantes de  cette époque) naissait un groupe – The Doors – qui révolutionna le Rock, comme en son temps Elvis. Un groupe, fruit du hasard et des rencontres entre un poète bohème, Jim Morrison, et un claviériste subjugué par sa poésie, Ray Manzarek. Je citerai John Densmore à la batterie et Robby Krieger à la guitare, deux hommes de l’ombre mais ô combien important dans la stabilité du groupe.

Été 65, le soleil de Californie tape sur les têtes de ces chevelus aux allures presque hippies. Quelques doux poèmes sortent de l’imagination de Jim. Une musique tendance blues-rock s’immisce dans les esprits des ces 4 sauvages. Regret N°2 : pourquoi je n’étais pas en Californie à cette époque-là ? Le paradis terrestre, du soleil, des blondes en bikini, du rock’n’roll, des brunes en monokini et des poèmes. Je vous le dis mes p’tites dames, il faisait bon vivre là-bas à cette époque, loin de la crise et de la grisaille ambiante qui mine notre époque.

6 années s’écoulent sur les déhanchements du Grand Jim avec une bouteille de Jim Beam à la main. Les abus, les excès, la drogue, l’alcool, les cachetons, le paradis artificiel en somme. Et malgré tout, Jim reste imprévisible, surprenant, magique, émouvant. Lui, seul face au public (ou dos au public lors de ses premières scènes). Lui, il danse, chante, saute. Il est devenu fou. Non simplement, il est épris de sa musique. Il est rentré dans un autre monde. Un monde entretenu par ses acolytes musiciens qui le tiennent à flot malgré ses déboires et ses fulgurants excès. Regret N°3 : pourquoi je n’ai jamais vu un de ces concerts ? Les images d’archives s’enchainent, le frisson toujours intact, les larmes au bord du précipice. Je m’en veux de ne pas avoir été là-bas connaître in vivo ce frisson.

Johnny Depp lit les poèmes de Jim Morrison, d’une voix posée, calme, serein, pleine de respect. Ce que j’aimerai lire ces poèmes et leurs traductions. A la réalisation, Tom DiCillo. When you’re strange, un documentaire fait uniquement d’images d’archives, de bandes-sons montées, de musique étrange agrémentée de substances illicites, et de poèmes. Un magnifique docu qui m’a déchiré tripes et boyaux. Regret N°4 : pourquoi je n’ai pas été voir ce docu lors de sa sortie en salle ? Découvrir le grand frisson sur Grand Écran avec le son Grand Surround… Voilà peut-être le regret dont je me pardonnerai le moins… Pourquoi je n’ai pas osé ? Pourquoi ? Pourquoi ? Toujours est-il que maintenant que je l’ai découvert, je veux de nouveau le revoir pour ressentir ces frissons constants, cette ambiance hallucinante, pour communier avec Big Jim. J’ai l’envie subite d’aller boire une bouteille de Jim Beam sur sa tombe… Je retrouverai peut-être un peu là-bas de son esprit et de son influx mystique. En attendant, je me prends une nouvelle claque d’émotions en appuyant sur la touche Play de mon lecteur branché sur le canal Essential Rarities

The Doors ont révolutionné la musique américaine et le rock. Pas moins !

Et Jim tomba à terre…



10 commentaires
  1. 6 mars 2012 , 20 h 20 min - Catherine prend la parole ( permalien )

    Love – The Doors – Love !
    Mais je n’ai pas de regret, j’étais trop jeune. Parfois on prend le train en marche, et c’est déjà bien.

    • 6 mars 2012 , 20 h 44 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      C’était quand même une putain de grande époque pour le Rock !

  2. 7 mars 2012 , 20 h 08 min - Pasdel prend la parole ( permalien )

    C’était une époque remuante, mais aux destinées tragiques, que de grands artistes disparus pendant ces années: Morrison, Hendrix et les autres.

    • 7 mars 2012 , 20 h 15 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      J’ai survécu au fatidique 27ème anniversaire… J’en conclus que je ne deviendrai jamais une rock star !

  3. 7 mars 2012 , 20 h 32 min - phil prend la parole ( permalien )

    oufffff on est sauve !
    allez bois un tit coup va !

    • 7 mars 2012 , 21 h 53 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Après tout, pourquoi pas…
      Qu’est-ce que je perds à ne pas être une Rock Star ?
      Rien… à part des femmes qui se jettent à tes pieds, des filles qui se déshabillent sans rien demander et qui te font des choses que…
      Bon, ouais, t’as raison, mieux vaut prendre un verre !

  4. 7 mars 2012 , 21 h 27 min - Ys prend la parole ( permalien )

    Ah, mais je l’avais dit pourtant à l’époque sur mon blog qu’il fallait aller voir ce film… et tu sais, le grand écran, c’est mieux pour l’image, c’est certain, mais cette musique, elle te prend, et t’es comme un andouille assis dans ton fauteuil au ciné, pas facile de se lever pour danser ;-)

    • 7 mars 2012 , 22 h 00 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Ah, mais je l’avais dit pourtant à l’époque sur mon blog qu’il fallait aller voir ce film…

      Exact ! Je ne me souvenais plus où, mais c’est bien là !
      De toute façon, moi je danse pas. Je reste dans mon trip imaginaire, je ferme les yeux et je suis submergé par mes émotions, j’ai envie de pleurer, alors je respire, je transpire, j’ai la chaire de poule, et je rêve, je ris, je m’envole, je plane…

      ”Father – Yes son ? – I want to kill you. Mother, I want to fuck you all night long…”

  5. 10 mars 2012 , 8 h 20 min - phil prend la parole ( permalien )

    Desole je crois que je vais vous embeter un peu la !
    J’ai bcp reflechi de savoir si oui ou non je mettais cet avis, et pi je me suis dit, apres tout je me dis, ca fait vivre un site alors j’ecris :
    Autant j’aime cette periode, autant je sais pas pourquoi d’ailleurs, mais les Doors et moi et bien ca me gonfle tres vite ! En ce moment si j’en ecoute, ben faut que je change. Je me suis dit ok c’est un passage. Ca ira mieux. Alors tu fais un billet dessus, allez j’ecoute tes extraits, ben desole, j’ai pas pu aller au bout a chaque fois, j’ai du mettre sur pause et pour me reconcilier avec la musique j’ai du partir sur youtube (dsl) m’ecouter du Pink floyd, du Led Zep et le Requiem de Verdi !
    Et pourtant j’en ai ecoute des Doors, du Morrison Hotel a Waiting for the sun je les ai meme mis en boucles a une certaines epoques ! Il me manque quelquechose dans la main? quelquechose a respirer, quelquechose a boire avec pour les apprecier ou quoi ? ou suis juste jaloux de cette belle gueule ? de toutes ces fans-femmes qu’il avait a ces pieds? ou c’est l’icone, l’image que l’on a fait de lui ?
    bon allez j’arrete la, je fais me faire An American Prayer !

    • 10 mars 2012 , 11 h 41 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      mais les Doors et moi et bien ca me gonfle tres vite !

      Là, je ne peux rien faire pour toi. C’est une longue maladie rare et incurable. Les chercheurs ont pu retrouvé son origine sur une île isolé au Nord de la Mer du Japon. Mais apparemment, tu serais le seul occident atteint par cette ‘maladie’ au temps d’incubation extrêmement lent avant que les symptômes apparaissent…

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