Sukkwan Island [David Vann]

Par le Bison le 10 février 2012

Avant de retrouver l’auteur dans son nouveau roman « Désolations », toujours aux éditions Gallmeister spécialisées dans le genre Nature Writing, cher à mes lectures et mes envies de Nature et de Sauvage, je vous propose tranquillement de revenir sur son premier opus et chef d’œuvre. J’ai peut-être tendance à m’emballer souvent sur des lectures, mais celui-ci fut mon CHOC de l’année 2011 (au même titre que ce dramatique « Désolations » risque d’être le CHOC 2012).

David Vann est né sur l’île Adak… en Alaska !

Fait important et primordial puisque son premier roman traduit chez nous se situe justement en Alaska, précisément à « Sukkwan Island ». David Vann connait donc bien la région qu’il décrit dans son roman.

J’ai entendu dire qu’il avait mis plus de 10 ans à convaincre une maison d’édition de publier son roman. Puis, à mon avis, le succès de « La Route » de Cormac McCarthy (CHOC 2010) a permis d’ouvrir de nouvelles portes… Car les deux romans possèdent quelques points communs indéniables. Un père, un fils, la survie dans un milieu hostile.

Un père dépressif et névrosé décide de partir seul avec son fils de 13 ans sur une île sauvage du Sud de l’Alaska, accessible uniquement par bateau ou par hydravion, sans aucun voisin à l’exception de quelques saumons et ours. Le père voit dans cette opportunité l’occasion de reprendre un nouveau départ dans la vie et de se rapprocher un peu plus de son fils, qu’il ne voyait plus trop et qu’il semble connaître si mal. Là-bas, ils seront absolument seuls, devront sa faire mutuellement confiance et chacun devra abattre sa part de travail pour survivre. Le père y a acheté un modeste cabanon qu’il faudra retaper, construire une cache pour servir de garde-manger, aller à la pèche, à la chasse, à la cueillette…

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Sauf que ce départ semble plus improviser et précipiter et que ce père parait incapable de s’occuper d’un fils de 13 ans, on sent de suite le drame survenir… Et lorsque le père est perturbé par ses échecs personnels, qu’on le perçoit dépressif et névrosé, un brin suicidaire et inadapté socialement, on perçoit le drame tout proche. Un acte imprévisible, d’une violence inouïe qui marquera à tout jamais la vie de ces deux personnages et du lecteur que je suis… Je ne vous en dis pas plus, car cela risquerait : 1 – de vous gâcher le livre car je suis sûr qu’après cette modeste chronique, vous allez vous précipiter pour le lire. 2 – de vous traumatiser à tout jamais. 3 – de vous donner envie de lire « Désolations »…

« Ils s’installaient à présent dans une petite cabane en cèdre au toit pentu en forme de A. Elle était blottie dans un fjord, une minuscule baie du Sud-Est de l’Alaska au large du détroit de Tlevak, au nord-ouest du parc national de South Prince of Wales et à environ quatre-vingts kilomètres de Ketchikan. Le seul accès se faisait par la mer, en hydravion ou en bateau. Il n’y avait aucun voisin. Une montagne de six cents mètres se dressait juste derrière eux en un immense tertre relié par des cols de basse altitude à d’autres sommets jusqu’à l’embouchure de la baie et au-delà. L’île où ils s’installaient, Sukkwan Island, s’étirait sur plusieurs kilomètres derrière eux, mais c’étaient des kilomètres d’épaisse forêt vierge, sans route ni sentier, où fougères, sapins, épicéas, cèdres, champignons, fleurs des champs, mousse et bois pourrissant abritaient quantité d’ours, d’élans, de cerfs, de mouflons de Dall, de chèvres de montagne et de gloutons. »


16 commentaires
  1. 11 février 2012 , 10 h 24 min - Stéphanie prend la parole ( permalien )

    Une île, l’Alaska, des paysages, j’y croyais, et j’ai absolument détesté ce livre.

    • 11 février 2012 , 10 h 38 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      peut-être que c’est une lecture masculine ? ;)
      Une île, l’Alaska, des paysages enneigés, de la neige, de la glace, de la solitude, un père, un fils, tout est pour moi dans ce bouquin !

  2. 11 février 2012 , 14 h 03 min - Guillome prend la parole ( permalien )

    Un roman qui avait été un choc aussi pour moi. J’ai aussi lu « Désolations ». Bien curieux d’avoir ton avis ;)

    • 11 février 2012 , 14 h 36 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      « Désolations », un choc également…
      Mais avant d’en parler, je vais faire un tour From The Avenue.
      J’ai l’impression qu’il y a des trucs originaux et underground, le genre à m’intéresser…

  3. 11 février 2012 , 16 h 57 min - Stéphanie prend la parole ( permalien )

    Peut-être.

  4. 11 février 2012 , 17 h 36 min - Stéphanie prend la parole ( permalien )

    Au fait je voulais te dire, ta nappe… faudrait quelque chose de plus… de moins

    • 11 février 2012 , 19 h 53 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Toile cirée, bas de gamme, pas cher, en stock.
      Tu veux l’adresse ?

  5. 11 février 2012 , 20 h 01 min - Stéphanie prend la parole ( permalien )

    Sans façon, merci bien

  6. 7 juin 2012 , 8 h 41 min - Chinouk prend la parole ( permalien )

    Ah David Vann, on prend une grande claque a chaque bouquin ! Vivement le prochain !
    Je voulais te dire aussi que j’adore ton site, j’y trouve tout ce que j’aime : L’Asie et les grandes plaines ! Un pur bonheur ton Ranch sans nom. Je reviendrai régulièrement, mets moi une bière au frais;)

    • 7 juin 2012 , 16 h 32 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Un par an. Cela me conviendrai parfaitement. Le temps de souffler entre deux lectures. Le temps de découvrir ailleurs avant de me reprendre une grosse claque made in Alaska. Un an, cela doit me suffire pour construire une cabane, là-haut !

      mets moi une bière au frais

      Ce sera fait !
      Blonde ou Brune ?

  7. 11 juin 2012 , 12 h 44 min - Chinouk prend la parole ( permalien )

    Pour l’avoir rencontré au Etonnants voyageurs à St Malo en Mai, il m’a confié que le prochain sortirai en Mars ( en vo). Pour la bière, brune merci ;)

    • 11 juin 2012 , 14 h 21 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Merci de l’info !
      On va devoir en écluser quelques bières pour patienter jusque là…

  8. 2 juillet 2012 , 16 h 25 min - Laure prend la parole ( permalien )

    Je ne sais comment résumer mon sentiment sur cette lecture. Très bizarre. J’avais aussi entendu l’émission de 20h sur Fce I. avec l’auteur….J’ai lu, j’ai lu ( je suis fan de gallmeister)…puis je n’ai plus lu. J’ai comme SU tout ce qui allait arriver, j’ai trouvé ça glauque ( je suis fan de polar, de S.F, de personnages tarés, de séries cruelles au fond des ruelles..mais c’est vrai que j’aime l’humour, le gin tonique de tout, le sel sur le poignet..oui j’ai bu dans ma vie, peu mais….bu)
    j’ai trouvé ça sans âme, au bout d’un moment juste cru viscelard, sans surprise. Tout simplement j’ai lâché les personnages. Et quand on est plus potes avec les personnages…

    • 2 juillet 2012 , 22 h 22 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Plus c’est glauque, plus ça me parle… L’inévitable se sentait, malgré cela, l’histoire m’a captivé de bout en bout.

      Idem pour son second roman ‘Désolations‘. Tu l’as tenté ?

      je suis fan de gallmeister

      J’ai découvert cette maison d’éditions avec justement ces deux David Vann. D’ailleurs, je suis en cours de lecture d’un troisième Gallmeister : au programme, pêche dans le Maine, et fabrication de mouche. Tout un beau programme proche de la nature.

  9. 3 juillet 2012 , 14 h 41 min - Laure prend la parole ( permalien )

    j’ai dévoré les william G.Tapply et son héros stoney Calhoun, c’est peut être ce que tu lis ? Hélas le troisième est un peu moins bon car délocalisé…et oh hélas l’auteur est mort c’est trop con il avait une mine d’or devant lui ayant planté personnages, univers, intrigues…

    • 3 juillet 2012 , 15 h 30 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Exact. Je suis impressionné. Effectivement, je pars à la pêche avec Stoney Calhoun qui ne boit pas une goutte d’alcool. Il ne le supporte pas, parait-il… Ça me fait tout drôle de lire un roman où le héros ne boit que du Coca ou de l’eau… Il vient même de refuser une bière qu’une gentille dame lui proposait….

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