Lulu [Lou Reed - Metallica]

Par le Bison le 25 février 2012

Lulu. Fruit de l’union sacrée entre un vieux rockeur de 69 balais – Lou Reed – et d’un groupe métalleux plus vraiment jeune non plus – Metallica. Sorti en novembre dernier, l’album a entretenu nombre discussions sur les webzines et tout autre support de ‘critiques’ musicales respectables. Quelques « pour », beaucoup de « contre », pas mal de rejets, quelques acceptations mélangées à des avis dithyrambiques pour parler – analyser – disséquer – le gros coup de cette fin d’année 2011. L’année est passée, la flamme s’est éteinte, le Bison redécouvre sous la plaine enneigée un univers rock. Cela faisait quelques temps que l’envie me titillait de discuter à nouveau de Lou Reed…

Il y a les pro-Lou Reed, les anti-Metallica et comme tout bon théorème propre à être appliqué dans la vie quotidienne, l’inverse existe également. Mais, avant tout, un peu d’histoire ne nuira à personne. Revenir sur ses arrières, se remémorer sa jeunesse passée, s’imaginer avec des cheveux longs (voir même simplement avec des cheveux) a de quoi en rebuter certains. Mais pas moi ! J’aime Lou Reed. J’apprécie beaucoup ce type, sa voix, sa musique, ses intonations et son parcours loin d’être médiatique ni opportuniste. Son début au Velvet Underground, puis ses albums solo, tantôt rock, tantôt plus que rock. Rarement, le type me déçoit. Souvent, il me prend l’envie de le dépoussiérer et de me jeter une petite galette entre le marteau et l’enclume. Je me prends pour un intello qui écoute du rock, j’aime ses lunettes, j’aime ses pochettes (surtout …). Et quand j’écoute Lou Reed, je pense à New-York et j’ai envie de dépoussiérer à nouveau un bouquin de Paul Auster

Je ne connais pas Metallica. Je crois n’avoir même jamais écouté une chanson entière de la fameuse bande du Big Four of Trash, encore moins un album complet. Du trash métal californien ! Pourtant, je ne refuse pas d’écouter quelques bons bourrins à la guitare électrique. Tout le monde n’a pas le talent de Jimmy Page. Je ne plaisante pas, le rock n’est pas à prendre à la légère, surtout le heavy. Et pourtant, j’adore ce vrombissement des guitares qui plombe l’atmosphère sinistre entretenue par une voix au timbre dépressif. Et effectivement, je découvre qu’il n’est pas question juste d’un bourrin bestial élevé aux hormones et à la testostérone. Certaines pièces s’écartent du trash pour se fourvoyer avec délectation vers le heavy blues en s’étirant de plaisir, de langueur et de dépression.

J’imaginais donc que cet album pouvait me plaire – du fait de l’unique présence du Lou pour bercer ma douce mélancolie nocturne. Je me trompais sérieusement. Et cela dès la première écoute, je me suis fait à ma propre opinion : ce disque est particulier et… il a quelque chose à la fois de sauvage et de mélancolique, un truc qui se dégage entre le ouf et le génial, un truc qui dépoussière en même temps platine et neurones. Cette rencontre est pour moi une magnifique découverte – je parle peut-être sous le coup de l’intense émotion. Je me demande même si cela ne vaudrait pas le coup que je découvre d’autres albums de Metallica pour parfaire ma culture mélomane. Communier à l’unisson avec des types aux cheveux longs made in Californie et un vieux aux cheveux courts et gris made in New-York est une expérience unique pour laquelle il faut aimer le sang, il faut aimer chialer et sentir la Terre trembler sous les lourds bourdonnements des ‘heavy-guitares’ et sentir la Terre se dérober sous les légers murmures des ‘trash-guitares’.

Parmi les détracteurs, GBH Music :

Alors certes on retrouve de brefs passages où Metallica fait du Metallica, un peu comme si le groupe profitait de la pause déjeuner de Lou pour se faire plaisir en scred mais que de la cafét’ du studio il les aurait entendu jouer et se serait précipité pour venir flinguer le reste du morceau, genre « oh les mecs d’où vous commencez sans moi là? »..

Et parmi les fans et adorateurs du Lou (moi le premier, je le répète), je tire Feu à Volonté :

Du côté de Reed, rien de nouveau. Il continue de travailler ses textures drone, que ce soit à la guitare ou derrière son clavier Continuum. La voix usée par des années d’excès (une voix qui rappelle parfois le Dylan des dernières années ou même Johnny Cash), il raconte beaucoup plus qu’il ne chante. Il raconte l’histoire d’une ancienne diva tombée dans la prostitution. Le genre d’histoire que seul l’ex-Velvet Underground peut s’approprier. En toute fin d’album, il se permet même d’entraîner le groupe californien dans une longue composition ambiante d’une durée de près de vingt minutes (Junior Dad). Une clôture à la hauteur de l’œuvre.

6 commentaires
  1. 25 février 2012 , 13 h 18 min - Catherine prend la parole ( permalien )

    La rencontre est surprenante et intéressante. Je suis d’accord avec toi pour le sauvage et mélancolique.
    La musique de Metallica est bonne (même si leurs derniers albums sont trop lourds et dépressifs…, les goûts évoluent), contente que tu les découvres (mieux vaut tard que jamais).
    Quant à Lou Reed, il se fait vieux et heureusement qu’il a de bonnes lunettes pour lire le texte sur le prompteur… Mais Take a walk on the wild side reste son meilleur titre à mon avis.
    Bon weekend.

    • 25 février 2012 , 13 h 53 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      La musique de Metallica est bonne (même si leurs derniers albums sont trop lourds et dépressifs…, les goûts évoluent)

      J’aime bien les albums lourds et dépressifs. Ils me correspondent mieux !

  2. 25 février 2012 , 13 h 45 min - La bohémienne prend la parole ( permalien )

    La première au réveil ne passe pas du tout, c’est le chaos dans ma tête, la voix de Lou Reed trop dans la lecture (peut-être) la musique dissonante, ça me va pas.
    Le deuxième titre est déjà plus écoutable… ou je suis plus réveillée.
    Mais si j’aime beaucoup certains titres de Lou Reed que je peux écouter en boucle (Pale Rider par ex, d’autres dont celui que cite Catherine).

    Je réécouterai quand même le deuxième.

    • 25 février 2012 , 13 h 52 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Je réécouterai quand même le deuxième.

      Non, non, non !
      Faut écouter tout l’ album !
      A minuit !
      C’est à cette heure-ci que tu pourras sentir toute l’énergie et la puissance de cette musique pleinement symphonique.
      Minuit, l’heure du crime ; Minuit, l’heure de Lulu, de Lou Reed et de Metallica !
      Bon si tu ne dors pas encore à 3 heures du mat’, tu peux aussi tenter l’expérience…

      Ce disque est un chef d’œuvre de la voix de Lou Reed et des guitares vrombissantes…

  3. 26 février 2012 , 18 h 37 min - phil prend la parole ( permalien )

    chef d’oeuvre chef d’oeuvre, c peut etre un peu fort la non ?

    • 26 février 2012 , 18 h 42 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Rien n’est trop fort pour Lou Reed… !!!

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