Le Guet [Rick Bass]

Par le Bison le 19 janvier 2012

Rick Bass a grandi à Houston, puis a travaillé plusieurs années en tant que géologue dans les gisements de pétrole et de gaz du Mississippi. Aujourd’hui, il vit dans une vallée sauvage du Montana.

Avec cette biographie épurée, vous avez l’essentiel de son roman « Le Guet », un recueil d’une dizaine de nouvelles qui se déroulent alternativement à Houston, dans le Mississippi et dans le Montana. Des nouvelles inspirées de ses expériences personnelles et professionnelles qui me plongent dans un univers aux horizons multiples : la chaleur du Texas, la moiteur du Mississippi, la froidure du Montana. J’y croise d’étranges créatures au fil de mes pérégrinations ; les alligators du Mississippi côtoient lors de la nouvelle suivante les élans du Montana. Je pêche, je chasse, je caresse les chevaux, je me frotte aux taureaux. Quelque soit le lieu, je reste toujours prêt de la Nature, qu’elle soit verte, ocre ou blanche.

« Jim dit qu’ici vous avez besoin de tout en double. L’hiver il fait jusque dans les -20, -30, et l’air bouge à peu près autant que le sommeil. Deux pick-ups, deux tronçonneuses, deux copines, qu’il dit Jim. Deux haches, deux treuils, deux jeux de chaînes pour les pneus. Masses, générateurs, skis de fond, surtout jamais se fier à rien, et bien sûr il a raison.
Je suis venu ici de Fort Worth il y a douze ans, et je me suis fatigué d’essayer de vivre avec une copine ou une femme. J’en ai eu trois à la file, avec des séparations jamais bien jolies, toujours dingues, en fait, et amères, que c’en est même un grand soulagement de deux cotés quand c’est fini. C’est un pays rude, et la beauté s’y plait pas bien, à moins que ce soit quelque chose de permanent, comme les montagnes ou la rivière, ou même les grandes forêts avec leurs mélèzes et leurs cèdres vieux de plus d’un siècle. »

Il a sacrément raison ce Jim. Dans le Montana, deux copines, c’est un minimum de survie. Avec le froid, il faut au moins de la rechange si l’une de veut pas démarrer au quart de tour… Là-bas, il faut penser avant tout à la survie de l’espèce.

Mon verre est à sec, mon gosier brûlant. Qu’est-ce qu’on boit ? Hey Poupée ! Tu me sers la même chose ! J’ai toujours soif quand je lis un bon bouquin, j’ai toujours envie de boire pour mieux m’immiscer dans l’histoire, pour mieux me sentir en adéquation avec mes héros plus ou moins alcooliques, pour découvrir de nouveaux cocktails explosifs et me sentir ivre de bonheur au milieu de cette nature humaine.

Du rhum, du Coca sans sucre, et du jus de citron vert : voilà la recette du Cuba Libre. A part ça, il y a la Bière, la Corona, et la Bière. Avec ça, je vais pouvoir vivre au Mississippi, affronter le soleil brûlant de Houston, survivre au Montana, Avec ça, je vais pouvoir voir la vie sous un autre jour, voir en fait les beautés de la Nature, chevaux, grizzlis, élans ou truites arc-en-ciel. Rick Bass, un auteur à mettre juste à côté des Jim Harrison ou Thomas McGuane, j’y ai trouvé beaucoup de ressemblance, et une même émotion teintée de drôlerie dans des histoires banales au quotidien mais touchantes.

« Sydney […] se sentait vieux. Moins le matin, quand tout était neuf et frais, plein de promesses ; mais, le soir, il sentait en lui ses os tordus et abîmés. Alors, en buvant bière sur bière, il regardait ses chevaux et ceux des autres courir dans la pâture. Les chevaux n’avaient jamais l’air de se sentir vieux, même le soir, et il était jaloux d’eux, de leur force ».

Je me sens vieux, tout d’un coup… ce soir… cette nuit…

Il me faut une bière, peut-être plusieurs, même… ce soir… cette nuit…

Le journal des cinq saisons, de Rick Bass a été élu meilleur journal 2011 par la rédaction du magazine Lire.  Voilà de quoi me donner envie de poursuivre ma découverte du Montana avec cet écrivain-géologue et maintenant botaniste :

Il aime cette vallée « majestueusement reculée, nichée  » à la frontière du Canada et du Montana et il défend sa cause.
Je vous laisse découvrir ce qu’il appelle la cinquième saison, intermédiaire pour lui entre l’hiver et le printemps.

C’est un guide envoûtant, avec ce livre Rick Bass prend place dans la longue lignée des écrivains de la nature car derrière le botaniste et le géologue se cache l’écrivain et le poète.

3 commentaires
  1. 19 janvier 2012 , 22 h 33 min - La bohémienne prend la parole ( permalien )

    >>longue lignée des écrivains de la nature car derrière le botaniste et le géologue se cache l’écrivain et le poète.

    Ca me plaît ça tiens ! Je reviens au dessin, botanique etc

    • 20 janvier 2012 , 14 h 29 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Je reviens au dessin, botanique etc

      Tu en es où, d’ailleurs, sur ce sujet?
      Une expo, au moins virtuelle ?
      Un site pour présenter quelques unes de tes œuvres ?

  2. 20 janvier 2012 , 22 h 46 min - La bohémienne prend la parole ( permalien )

    Bien un blog … mais pfff
    je dessine et je créé des trucsmuches avec du fil ^^
    cela pourrait ressembler aux travaux de la mamie du Cantal
    mais c’est oublié que les mamies sont des geeks
    et bricole en ce sens !
    Je crochète des cartes sims Free
    que je revends à un prix fou …
    héhé

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