Revelation [Virus]

Par le Bison le 25 janvier 2012

Pour mon petit plaisir nocturne, j’hésite encore : Psychédélisme ou Krautrock. Entre les deux, mon cœur balance (c’est comme me demander de choisir entre une BLONDE et une BRUNE). Il est capable de s’emballer pour ces deux mouvances, fragrances musicales qui s’envolent dans les stratosphères des Grandes Plaines. Un peu d’herbes à bison, et me v’la d’attaque pour affronter – chevaucher – les bisonnes roses. Est-ce l’effet de cette herbe, mais je me sens tout fiévreux. A croire que j’ai chopé un méchant VIRUS -  si encore il était sexuel. Du coup, je découvre la vie sous un autre aspect, j’ai la REVELATION : Psychédélisme et Krautrock peuvent être contenus dans un même antidote…

Aux commandes du dirigeable, un obscur groupe  allemand dont le line-up ne me parle guère plus.

  • Reinhold Spiegelfeld : bass
  • Bernd Hohman : flute, vocals
  • Jörg-Dieter Krahe : keyboards
  • Wolfgang Rieke : drums
  • Werner Monka : rhythm guitar

Je ne cherche même pas à épeler ces indigènes teutons, ni même à en savoir plus. Tout juste, si je sais qu’ils ont sévi en l’an de grâce 1971 pour faire de cette album « Revelation » un pur chef d’œuvre, culte et aussi indispensable qu’un bon et vieux Pink Floyd d’antan.

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La connexion est bien principalement à rechercher du coté du psychédélisme à la sauce « Saucerful of Secrets ». Un pompage honteux ? diront certains… Que nenni ! répliquerai-je. Certes les influences sont les mêmes, mais Virus expérimente sa culture biologique en mélangeant les gênes d’espèces diverses et variées. Sur un même titre – par exemple l’éponyme à l’album – j’y retrouve aussi bien la bande à Nick Mason que les Rolling Stones pour quelques notes distillées de Paint it Black ou les Deep Purple version Neo-Romantic First Generation, pour finir en beauté sur une rythmique fracassante que Ian Paice n’aurait pas refuser d’explorer… Dans un détour de caisses sourdes et tintements de cymbales, hommage à ce génialissime batteur qui à traverser les âges de la Préhistoire à nos jours, toujours fidèle à son poste. Tout ça sur un titre de 12 minutes 12.

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12 minutes 17. Le second titre, « Endless Game », s’étire de 5 secondes supplémentaires. Il s’aventure avec sa flute (façon Genesis Grande Epoque) et ses nappes d’orgue, ses solos expérimentaux, sa basse frappadingue dans les contrées d’un rock progressif courant symphonique avec ses chœurs et ses envolées spirituellement aériennes. Virus n’invente rien, il s’empare des différents courants alternatifs de l’époque, les mixe, les fusionne, les fond sur une galette pour faire le bonheur d’un bison qui n’en demandait pas tant. Je me revois encore lorsque j’étais jeune et que je kiffais sur Ummagumma ou Echoes

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Après ces deux claques monumentales, je respire profondément, et un air de Heavy-Blues s’entonne dans les Grandes Plaines, « Burning Candle ». Je pense au premier album de Led Zeppelin (la voix de Robert Plant en moins), mais musicalement je m’y retrouve. Cette même sensation de blues électrifié sauvagement avec cymbales à tue-tête. Accalmie bluesy, accalmie jazzy. Le piano façon cabaret enfumé et shot de whisky sur le comptoir entre en scène. « Hungry Loser », toute ma vie, toute ma raison d’être, celle d’être un solitaire au milieu des Grandes Plaines à fumer de l’herbe à bisons en regardant la lune briller les étoiles scintiller les coyotes hululer et sentir cette guitare monter en moi gravir les sommets jusqu’à me toucher au plus profond de mon âme. Je suis bien, je me sens bien, j’écoute « Virus », j’ai la « Revelation », j’ai plus envie de dormir, j’ai plus envie de manger ni de boire ni de respirer. Je veux finir sur cette envolée lyrique qui s’accélère qui s’élève qui s’envole qui tourne qui revient qui repart qui s’accroche qui reste en moi. Je suis vidé, je vais me coucher finalement…

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Non pas encore, il me reste un morceau à explorer – « Nur noch zwei Lichtjahre ». Peut-être le plus expérimental, certainement le plus Krautrock. Faut bien que le groupe revendique leurs racines teutoniques. Des teutons qui font du psychédélique, pourquoi pas, mais il faut au minima une touche de Krautrock, juste pour me faire plaisir, juste parce que j’aime bien le nom Krautrock, juste parce que Choucroute Rock ça le fait moins, juste parce que j’aime bien quand les gens parlent allemand et que je ne comprends rien que je me demande de quelle planète ils viennent ou ce qu’ils ont fumé avant de me croiser que j’hésite entre une Paulaner Blonde et une Paulaner Brune que je n’ai jamais festoyer à la fête de la bière de Munich avec les serveuses teutoniques mettant en avant leurs pintes et leurs miches, juste parce que ce titre me fait également penser au mythique soleil qui tourne autour de moi et que je retrouve dans STCFTHOTS - comprendre « Set The Control For The Heart Of The Sun », juste parce que c’est simplement du pur rock sauvage, bestial, mâle !

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2 commentaires
  1. 26 janvier 2012 , 18 h 44 min - phil prend la parole ( permalien )

    Et bien oui, une revelation, a la premiere ecoute, on se dit tient, le bison a trop manger d’herbes, il nous ressort une vieille galette poussiereuse d’un extrait des Pink oublie de tous, ou d’un vieux Led Zep pas assez « in the mouve » pour etre ecoute de tous …
    et bien c l’annee du dragon ou du bison ? j’y comprend rien a ces chinoiseries !!!!

    • 29 janvier 2012 , 17 h 45 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      il nous ressort une vieille galette poussiereuse d’un extrait des Pink oublie de tous

      Qui écoute encore de nos jours les Pink ? A part ceux qui n’ont plus de cheveux sur le sommet du crane… ou ceux qui ont le profil façon Bouddha avec l’âge avancé de ses articulations grinçantes… ou ceux qui abuse de la Suze…

      ou d’un vieux Led Zep

      C’était cool ça ! Une autre époque, celles des drogués aux cheveux longs avec des riffs interminables et des costumes de SS un rien provoquant…

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