Beautiful Freak [Eels]

Par le Bison le 22 mai 2011

Catégorie : 4 étoiles, Folk & Indie

1er album de EELS, « Beautiful Freak » (1996)

Eels, c’est avant tout l’histoire d’un type qui se fait appelé E, alias Mark Oliver Everett, auteur, compositeur, interprète et multi instrumentiste (guitare, piano, mandoline, célesta, orgue, divers claviers mellotron, batterie…). Après deux albums relativement anodins (pour ne pas dire insignifiants, mais je demande à connaître avant tout jugement définitif), E se lance dans le trio et fonde son propre groupe qui évoluera beaucoup au fil de ses besoins, de ses envies, de ses rencontres, E restant la pièce maîtresse du groupe.

Eels, c’est aussi une nouvelle façon de voir le rock alternatif, un rock mélodieux et mélancolique qui mélange allègrement riffs électriques, samples électroniques et jouets d’enfant. Eels fait dans l’originalité, et en tant que pionnier n’a pas eu l’estime et la reconnaissance immédiate du public. Je ne saurais vous dire précisément avec quel album, mon aventure musicale avec E a débuté ; mais ils se valent tous, tous identiques, tous différents, tous surprenants. C’est pour cette raison que je ne me lasse pas de Eels et notamment avec la voix de E, qui par moment, en plus de son blues nostalgique, flirte avec celle de Tom Waits jeune et à jeun.

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Des ballades enjolivées, des ritournelles entrainantes qui donnent l’envie de faire osciller son briquet dans une salle de spectacle et qui côtoient quelques morceaux plus bruts et plus mâles à la voix éraillée. Cela commence par le grand succès de E., celui que tout le monde a fredonné au moins une semaine dans sa vie, « Novocaine For The Soul », un refrain violonnisé pour toutes les âmes en peine. Sample et Beat électronique qui côtoie le piano, « Susan’s House », un mélange presque infantile (je suis loin d’un rock bourrin que parfois j’ai l’habitude d’écouter). « Beautiful Freak » m’obsède, sa ritournelle incessante rentre dans ma tête et ne relâche plus son étreinte jusqu’à… jusqu’à ce que je me serve un double rye made in Tennessee… jusqu’à ce que j’oublie, j’oublie et que je ressorte de ma torpeur quelques titres après… réveillé et ému par les chœurs quasi liturgiques de « Flower ». Et lorsque l’harmonica (Neil Young sort de cet instrument !) s’élève sur « Guest List » entre deux riffs électriques, je perçois toute la mélancolie et la tristesse d’un blues du Sud profond. Et lorsque « Mental » s’agite, c’est tout mon corps qui est pris de frénésie oscillante. Et lorsque « You Lucky Day in Hell » entame son hymne lancinant James Bondien, je me sens dans la peau d’un gars en costume bien sappé, quelques brunes plantureuses autour de moi qui non d’yeux que pour mon corps musclé et imberbe autour de la piscine de l’hôtel… Et lorsque « Manchild » s’achève, dernier des douze titres de l’album, le chagrin ne m’épargne pas et j’ai envie de replonger dans cet univers en sortant un autre album de E-Eels.

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Eels où l’histoire de E qui joue un rock alternatif familial…

[...] plusieurs écoutes seront nécessaires pour apprécier ce premier album à sa juste valeur.

Je partage entièrement cet avis, lu sur Rock Fever, où Beautiful Freak s’apprivoise d’abord, avant d’en récupérer sa substantielle moelle : le plaisir d’une musique alternativement dépressive entre folk et rock.

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