Becoming A Jackal [Villagers]

Par le Bison le 18 décembre 2011

Catégorie : 4 étoiles, Folk & Indie

La scène se passe en Irlande, dans une contrée reculée au fin fond des terres vertes et embrumées. Là-bas se trouve un petit village, peuplé de… villageois. Ils se font appeler « Villagers » et leur chef, un irréductible et multi-instrumentiste songwriter, se nomme Conor J. O’Brien. La légende urbaine raconte que ce dernier se transforme en chacal à la fermeture du pub. Le rituel est le même, évènement aussi répétitif qu’une ritournelle de Paul Mac Cartney : la nuit tombe, le crachin aussi. Au loin les coyotes tournent autour de la bergerie et font des concerts de louanges aux cornes de brume qui répondent à cet appel déchirant et nocturne. Au près, les locaux à-demi « pintés » roulent sous les tables en braillant sur les mioches, hurlant sur les putes, gueulant sur leurs gonzesses tous leurs déboires et leurs misères. C’est à ce moment précis, lorsque la lune se couvre d’un voile aussi noire qu’une Guinness sortie de son fût, que Conor J. O’Brien se métamorphose en chacal. La mue est rapide, aussi instantanée que de voir la mort de près. Le phénomène est bien connu dans cette lointaine contrée. Là-bas, les autochtones qualifient cette manifestation nocturne d’un étrange nom : « Becoming A Jackal ».

Bien entendu, comme toute légende, celle-ci porte sa part de mystère, de fantasme et de secrets interdits. Difficile à reconnaître ce qui sort de l’imagination des poivrots locaux ou ce qui a une véracité affirmée. Une chose est pourtant sûre, et a été nettement prouvée (et approuvée par votre serviteur) : Il y a de l’émotion dans ce chacal. Il y a du songwriting dans ce chacal. Ces Villagers méritent qu’on se penche sur leur triste sort. De quoi fonder en eux de profonds espoirs quand à leur univers musical. Un rock’n’folk ambiance spleen à écouter sans retenue comme un bon vieux Neil Young dépoussiéré.

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« Il ne peut en rester qu’un ! ». Moi ? Conor ? Neil ? Van ? Mes pensées divaguent lorsque les mots  Irlande et Conor se cognent dans mon esprit, et que mon âme en en manque de Guinness ou d’Irish Coffee (8 cl d’Irish Whisky, 8 cl de café, 1 cc de cassonade, crème chantilly pour la déco, le fantasme et l’ambiance).

Le pire, malgré la tenace légende, semble être le fait que je n’ai même pas envie de m’prendre une ‘Ness (musique trop raffinée et trop mélodieuse pour se mettre minable sous la table avec de la Guinness ; au mieux un truc plus classe, genre Nesspresso et là c’est sur la table que j’finis ma soirée)

Still In Rock :

O’Brien est un génie. Villagers est un groupe irlandais génial. Groupe ? Que nenni, O’Brien a lui-même composé les 11 chansons du premier opus, « Becoming A Jackal« , sorti le 31 mai 2010. Il a joué lui même de tous les instruments sur l’album (à l’exception de certaines cordes et du cor), il a composé les textes et la musique, et devinez quoi, le tout est absolument hors du commun. Les 11 merveilles de l’album sont subtiles et profondes.

Pour Bertrand, L’essentiel est ailleurs :

Becoming a Jackal est un album nocturne plutôt que crépusculaire. Les limites n’y sont pas claires, mais la sensibilité constante ; avec l’humeur comme guide – et plus on s’y plonge, plus il semble qu’il y ait de possibilités, de connections, de choses à partager, d’inspiration ;

Un dernier conseil : faites gaffe à la bête qui sommeille en vous, effet secondaire post-« Becoming A Jackal » !

2 commentaires
  1. 18 décembre 2011 , 22 h 23 min - Catherine prend la parole ( permalien )

    Je ne connaissais pas du tout et c’est vraiment bien, il faudra que j’écoute d’autres titres ! Bonne semaine.

    • 20 décembre 2011 , 21 h 49 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Je ne connaissais pas du tout et c’est vraiment bien

      C’est aussi le concept du ranch : la Guinness mousse et la culture se partage ;) !

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