Téhéran [Nader T. Homayoun]

Par le Bison le 25 octobre 2011

Vacances en Iran, visite touristique, un guide en la personne du cinéaste Nader T. Homayoun. Ce dernier, sous le prétexte de tourner un documentaire dans la capitale, réalisera un film entre « polar à l’iranienne » et « chronique sociale » de Téhéran. Vais-je y trouver la femme à barbe que je recherche ? Ah, non, cette femme à barbe vient d’Ispahan, bien au sud de Téhéran… Alors ?

Une légende – urbaine -, persistante même dans les médias et la rumeur populaire, envisagerait que certains mendiants voleraient des bébés pour faire la manche et recueillir ainsi plus de pitié. Le point de départ donc de ce thriller made in Iran qui va me plonger dans les bas-fonds de sa société, à courir les rues embouteillées sous une chaleur étouffante pour ramasser simplement quelques pièces de monnaies.

Ibrahim a quitté sa province et sa famille pour tenter sa chance à la capitale. Comme beaucoup – je dirais. Il est évident qu’on a plus de chance de réussir dans la Grande Ville qu’ailleurs (voilà la vraie légende urbaine et internationale ; moi-même, j’ai suivi cette même transhumance qui veut que pour réussir, il faut monter à la capitale). Mais voilà, sur place, Ibrahim apprendra vite la triste vérité : le rêve d’une vie meilleure peut vite tourner au cauchemar. Il se retrouve dans un appart’ miteux partagé avec 2 autres colocataires – guère mieux lotis -, il déambule les rues du jour à la nuit, trafique avec les trafiquants, mendie avec d’autres mendiants et croisent prostituées et mafieux. Il loue même un bébé, pour ses journées de mendicité, jusqu’à ce que par un concours de circonstance, il se le fasse voler par justement une prostituée voilée. Et un bébé, à votre avis, ça vaut combien ? Sans compter les intérêts et dédommagements de rigueur, faut compter dans les 10 millions pour rembourser son mafieux de boss…

Un peu de tout, beaucoup de rien, 10 Millions de rials = … 740 €. Je me demandais justement ce que cela représentait. Une info-conversion de Nicolinux !

L’intérêt d’un tel film ? Changer des grosses productions hollywoodiennes ; Construire un bon petit polar avec les moyens du bord en échappant à la répression ; Découvrir les bas-fonds de Téhéran où règnent cynisme et corruption ; Partager la vie de mendiants, drogués, voleurs, mafieux et prostituées, dans un pays islamiste où le peuple semble avoir perdu foi et espoir. Une vision sombre de la capitale iranienne qui laisse peu de place à l’optimisme… Au clap de fin, ma pensée se tourne vers ce bébé en imaginant ce que pourra devenir sa vie future à Téhéran… ou ailleurs…

Pensez-vous que votre film pourra sortir en Iran ?

Je ne sais toujours pas. J’aimerais beaucoup. Je vais très prochainement envoyer une copie du film, avec un dossier de presse. La balle sera ainsi dans le camp du Ministère de la Culture et de l’Orientation Islamique.

Interview du réalisateur à propos de son film :

.


0

Un commentaire
  1. 10 novembre 2011 , 16 h 59 min - Catherine prend la parole ( permalien )

    Ah, mais c’est un film ! Surprenant ?
    J’avais lu le « premier » roman policier iranien, Qui a tué l’ayatollah Kanuni ? Naïri Nahapétian (2009) et il m’avait bien plu.
    Je t’ai parlé d’un artiste dans un commentaire précédent, eh bien, il est Iranien ;-)

Ajouter un commentaire

PS: XHTML est autorisé. Votre adresse mail ne sera jamais publié.

S’abonner aux commentaires par le flux RSS