Hymn to the Immortal Wind [Mono]

Par le Bison le 10 octobre 2011

A quoi reconnait-on qu’on a pris de la bouteille et que vos vieux os, y compris marteau et enclume, sont totalement dépassés, largués (en mon temps on disait has-been) ?

En clair, suis-je vieux ?

Qui écoute encore du rock progressif ? Passe encore le rock psychédélique qui apporte son époque nostalgique, mais de là à découvrir de nouveaux groupes de rock progressif. Suis-je tombé aussi bas dans l’archaïsme de mes goûts musicaux ? Car, oui, j’aime le rock progressif. Je le revendique même et confesse avoir dans ma discothèque des galettes de Marillion ou de Pendragon ! Si, si ! Même pas honte, même pas peur… Ringard un jour, paumé pour toujours…

En attendant, voici ma dernière découverte dans le monde du rock progressif. Elle me vient du pays du soleil levant, une formation japonaise composée de Tamaki Kunishi (basse, piano, +…), Takaakira « Taka » Goto (guitare), Yoda (guitare, orgue Hammond), Yasunori Takada (batterie) : Mono. Je viens de me réveiller sur leur sixième album, ne connaissant rien de leurs méfaits antérieurs, « Hymn to the Immortal Wind ». De-là à dire que le rock progressif serait porté par un vent immortel… Tous les clichés du progressifs y sont : guitares en continues, nappes atmosphériques, longs morceaux de bravoures musicales où les titres s’allongent au-delà des 9 minutes, grandes orchestrations parfois pompeuses…

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Des clichés, mais voilà, moi, j’aime bien. Moi ça me donne envie de me repasser mes premières galettes de Pendragon ou de Marillion, c’était presque ça ma jeunesse… Car ce Mono est soigneux, très (phil)harmonique, presque cinématographique ; une musique qui sonne comme du rock baroque, une mélodie qui donne envie de courir avec son chien Lassie à travers des champs de blé non OGM, graines certifiés non conformes aux cahiers de charges de Monsanto. Certains me parleront d’une musique ennuyeuse faite pour les vieux nostalgiques d’une époque révolue, que le progressif n’est qu’une invention des années 80 pour endormir les gamins de l’époque sans LSD, que cet album est prévisible de bout en bout sans aucune inspiration. Je fais fi de ces paroles et me concentre sur cette musique qui a défaut d’être très rock’n’roll est surtout très planante et atmosphérique (comme un bon jeune Mogwaï, aussi planant qu’un vieux cru Pendragon mais moins rock qu’un encore pluvieux plus vieux Marillion).

A défaut de saké, je me ferai bien livrer un plateau de sashimi, mais au vue de la pénurie et de la disparition de nos espèces océanes sans que cela préoccupe grand monde, j’aurais trop mauvaise conscience. Le sushi doit rester un plat de fête, pour une occasion particulière, et non pas décliné en fast-food, pris sur le pouce. Je vais devoir donc me contenter d’une Kirin pour accompagner cet extrait musical d’un groupe de rock japonais (c’est assez rare dans ma discothèque, à part Damo Suzuki) (et dans un autre genre, Hiromi). Kempaï ! Que la force du vent immortel soit avec vous, et pour toujours ! Kempaï !

Si je résume les pensées de Blow – sur Pelecanus – cela donne ce sublime condensé  d’intenses réflexions :

[...] Le son nous habite. [...] à la limite du voyage féérique [...] en faire frissonner plus d’un [...]

Deux intellectuels assis vont moins loin qu’une brute en marche, New Kicks On The Blog :

Les notes s’épanchent en douceur, à pas de loups, avant de se déverser dans un océan de guitares larmoyantes. Peu enjoués, les morceaux se suivent comme autant d’après-midi pluvieuses, comme un automne minier qui durerait des années, comme une averse de grêle à la sortie d’un enterrement.

C’est totalement subjectif, mais je trouve ça franchement beau. D’une beauté qui fait mal au ventre. Impossible à écouter sans ressasser d’abominables souvenirs et sans plonger dans une déprime noire. Pourtant, il faut bien reconnaître qu’on n’entend pas tous les jours une musique aussi lourdement chargée émotionnellement.

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4 commentaires
  1. 11 octobre 2011 , 18 h 45 min - Phil prend la parole ( permalien )

    Ben ecoutes ! sais pas si c le cote Nihon, mais je plane avec eux ! et non j’ai pas encore pris une Kirin en vole !
    Domo Arigato !

    • 11 octobre 2011 , 21 h 57 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      mais je plane avec eux !

      C’est la force du prog, bibi !

  2. 19 octobre 2011 , 22 h 21 min - Catherine prend la parole ( permalien )

    Bonjour Le Bison, je découvre ton blog (ton comm’ laissé sur de « Poche en poche », le blog d’Anne, qui je viens de l’apprendre arrête, dommage).
    Ce titre est vraiment beau ; reposant (ce n’est pas toujours le cas du rock, prog’ ou non).
    J’écoute aussi du rock et j’aime le psychédélique et le prog, je ne pense pas être ringarde ou has been (rires), et sinon eh bien tant pis ! En tout cas, je suis toujours à la recherche de nouveaux groupes ou d’anciens que je ne connais pas.
    Comme les musiciens de Mono sont sûrement Japonais, est-ce que tu connais The Mops ? Au cas où la réponse serait non, un titre parmi les premiers sur YouTube : http://www.youtube.com/watch?v=AH5E82VCVVE
    A part ça, j’aime bien le fait que tu présentes une lecture avec une bière ou un vin, c’est original. Dommage que tu n’aies pas de bière japonaise avec les romans japonais !
    Bonne fin de semaine.
    (PS : Pas de case pour s’abonner à la réponse ?).

    • 19 octobre 2011 , 22 h 51 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      (PS : Pas de case pour s’abonner à la réponse ?).

      Non, c’est pour le plaisir de te revoir chaque jour à l’improviste sur mon blog et te dire Bonjour ;)

      Bonjour Le Bison

      Bonsoir… (c’est le décalage horaire, le ranch sans nom étant dans une contrée si éloignée…)

      est-ce que tu connais The Mops

      Je ne connaissais pas et m’en vais donc les découvrir…

      je suis toujours à la recherche de nouveaux groupes ou d’anciens que je ne connais pas.

      C’est la révolution internet. Découvrir des groupes de prog’ qui sévissent en dehors de nos frontières et qui n’ont jamais réussi à franchir la ligne Maginot, les Alpes ou la Manche. Et, y’a des tas de groupes obscurs et malgré tout fantastic dans le prog’, le psyché ou le Krautrock !

      j’aime bien le fait que tu présentes une lecture avec une bière ou un vin, c’est original.

      Merci, je vais rougir. Effectivement, c’est mon concept que j’ai bien dû réfléchir pendant au moins 15 secondes (soit le temps d’une inspiration et de verser la bouteille dans son verre)

      Dommage que tu n’aies pas de bière japonaise avec les romans japonais !

      Disons que j’ai une légère tendance (il fut un temps, obsessionnelle) pour les bières belges, les blondes à forte personnalité ou les brunes avec du caractère… Alors, côté bières du Soleil Levant, la Sapporo ou la Kirin me laissent un peu sur ma soif… Mais j’illustre quand même une Kirin Ichiban avec un Akutagawa (Ouf, l’honneur est sauf). Dans le temps, j’avais aussi un whisky japonais (pas mauvais du tout, d’ailleurs) qui servait mes illustrations, mais la réserve s’est tarie depuis quelques années maintenant… Et oui, c’est mon second concept : l’illustration avec le whisky, le rye et le bourbon… (celui-là m’a pris 7 secondes de moins – et pour cause, ça mousse pas dans le verre !)

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