Etranges Rivages [Arnaldur Indridason]

Par le Bison le 7 septembre 2016

Catégorie : 4 étoiles, Europe

« Le jour déclinait. Il décida d’attendre la tombée de la nuit. Il retourna s’asseoir dans la jeep et mit le chauffage. La radio diffusait un morceau de jazz contemporain qu’il ne connaissait pas, mais qui lui plaisait bien. Il tentait de trouver une forme d’apaisement… »

Fuck le blizzard, j’ai envie de plagier. Une tempête à te geler le majeur, et tes lèvres bleutées. Inouï ce qu’il peut faire froid. Dans ce pays de vikings, de pécheurs islandais, et d’étranges disparitions. Si encore, les corps réapparaissaient systématiquement sur les « étranges rivages » après une escapade en pleine mer. Mais non, certains disparaissent sans laisser de trace. Erlendur que tout le monde avait perdu de vue sur « La muraille de lave », collègues de la police, lecteurs de polar nordique et buveurs de Skoll compris. Tu te demandes dans quelle catégorie je me situe. Je dirais, réflexion longuement mûrie, dans cette troisième classe, sauf que j’ai fini ma dernière bouteille de Skoll lors du match France-Islande. Du coup, je me demande si je ne vais pas me faire une bière givrée. C’est tendance, la bière givrée, avec une paille !

« Il n’avait absolument pas cherché à exhumer un crime. C’est le crime qui était venu à sa rencontre. »

Seul dans sa cabane, sans chauffage, à même le sol, à même l’humidité, un lit de mousse et le froid pénétrant à travers les os, Erlendur devient ermite. Que fait-il, sur cette terre d’enfance, cette lande sauvage qui lui rappelle les heures sombres de son histoire. Une histoire poignante d’ailleurs qui marqua à tout jamais le petit garçon qu’il était et probablement l’envie de devenir flic. Seul dans le noir, la tempête souffle et voilà ce vieil inspecteur qui enquête de façon non officielle sur une vieille disparition, celle de Matthildur dont on ne retrouva jamais le corps depuis plus de 70 ans. Les témoins de l’époque ne sont plus très nombreux, sourds, grabataires ou impotents. Peu importe, il avance dans le noir, dans le blizzard, non pas pour trouver des coupables, mais pour trouver des réponses, comme s’il s’agissait de sa dernière enquête. Celle qui mettra fin à son sentiment de culpabilité qui le hante depuis l’âge de 10 ans.

Tu veux mon avis, même si je n’ai pas encore lu toute la bibliographie d’Arnaldur Indridason, ces étranges rivages sont pour moi la meilleure enquête de l’inspecteur Erlendur. Pas par son suspens, ses revirements de situation ou ses éventuels turn-over, mais simplement parce qu’elle propose du coeur, de l’âme et de la douleur. La rédemption d’un inspecteur, une histoire de coeur, une histoire d’enfance, une histoire de blizzard. Tu l’entends ? bien sur que tu l’entends, le blizzard. Fuck le blizzard.

« Il est seul dans la maison ouverte aux quatre vents. On dirait qu’elle se tient en un lieu désert, battu par les tempêtes. Les portes se balancent dans le vide, accrochés à leurs gonds, les fenêtres sont cassées et toute trace de vie est effacée, meubles, lumières et couleurs. La maison est sombre, inquiétante, morte. Les murs nus et glacés ruissellent, comme s’ils versaient des larmes. »

« Etranges Rivages », et pas une paille pour boire à la bouteille.


25 commentaires
  1. 8 septembre 2016 , 9 h 16 min - Goran prend la parole ( permalien )

    Une bière blanche à la paille, en voilà une formidable idée…

    • 8 septembre 2016 , 9 h 21 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      C’est à la grande mode, dans certaines parties du monde, une Hoegaarden givrée à la paille…

  2. 8 septembre 2016 , 14 h 14 min - Alex-Mot-à-Mots prend la parole ( permalien )

    Ah, la lecture dans un hamac, il n’y a que ça de vrai !

    • 8 septembre 2016 , 15 h 14 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      le whisky dans le hamac, c’est aussi bon que la lecture dans le hamac :D

  3. 8 septembre 2016 , 14 h 23 min - Marie-Claude prend la parole ( permalien )

    Ah! J’adore Erlendur… Mais je ne l’ai jamais lu dans un hamac. Seulement dans un igloo! Ça manque à mon expérience!

    • 8 septembre 2016 , 15 h 16 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Pourtant, ça doit pas être compliqué d’installer un hamac entre deux igloos. Suffit d’une chaude tuque et de demander ensuite à l’ours de te balancer doucement…

    • 8 septembre 2016 , 20 h 22 min - Marie-Claude prend la parole ( permalien )

      Si ça pouvait être aussi simple… Les ours ne sont pas très sympathiques, dans le coin.
      Et puis, sans mitaines (c’est préférable pour tourner les pages), il y a les risques d’engelure.

  4. 8 septembre 2016 , 19 h 56 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    Il faut absolument que je découvre la plume d’Arnaldur Indridason et tu m’as donné envie de commencer par celui-là, comme il y a « du cœur et de l’âme ». Ce serait un gâchis de passer à côté de ces étranges rivages… Aussi pour ce tabarnak de blizzard des étendues sauvages de l’Islande avant tout. Si j’avais à choisir un endroit où installer une cabane, ce serait chez les vikings poilus. Me geler le majeur, même pas peur!!! Fuck le blizzard… :D

    • 8 septembre 2016 , 22 h 44 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Vaut il mieux commencer par celui-là qui a plus de coeur et d’âme mais qui sonne comme la fin d’Erlendur ou est-il préférable de commencer par ses premières enquêtes ?

      Ah bon ? Les vikings sont poilus… Tu as poussé loin ton tourisme local lors de ton expédition islandaise !! :D

    • 9 septembre 2016 , 2 h 06 min - Nadine prend la parole ( permalien )

      Tout ça pour la science, moi j’y suis pour rien… :D

    • 9 septembre 2016 , 9 h 15 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      C’est tout à ton honneur !

  5. 8 septembre 2016 , 19 h 58 min - manU prend la parole ( permalien )

    Encore trop sous le choc reçu à la vision de ce short (hawaïen ?…) pour pouvoir m’exprimer sur ce billet………..

    ;)

    • 8 septembre 2016 , 22 h 45 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      je ne sais pas s’il est hawaïen mais je reste camoufflé dans les champs de maïs des Charentes… Même les grenouilles ne me voient pas !

    • 9 septembre 2016 , 2 h 06 min - Nadine prend la parole ( permalien )

      Il doit fantasmer qu’une hawaïenne en string les “joe” à l’air vienne s’allonger sur son hamac…:D

    • 9 septembre 2016 , 9 h 20 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      hawaïenne, charentaise, canadienne ou espagnole… du moment qu’elle vient s’allonger en string dans le hamac avec moi…

  6. 8 septembre 2016 , 21 h 58 min - belette2911 prend la parole ( permalien )

    Tout comme l’ami manU je suis aussi sous le choc de t’avoir vu en short hawaïen avec en prime la bouteille posée négligemment là où je ne peux pas préciser l’endroit, tel un objet phallique montrant la direction des pieds… Je suis choquée !

    Le hamac, un verre, le soleil, un bon Erlendur… on s’emmerde pas dans tes contrées ! :lol:

    • 8 septembre 2016 , 22 h 47 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      toute référence phallique n’est visible qu’à la libido de celle qui l’imagine.

    • 9 septembre 2016 , 2 h 05 min - Nadine prend la parole ( permalien )

      Pffffffffff J’suis choquée moi avec Belette! La bouteille confortablement installée LÀ, mine de rien… nonchalamment….. Shocking! :D

      « toute référence phallique n’est visible qu’à la libido de celle qui l’imagine » Hostie qu’elle est bonne celle-là!!!!! ^^

    • 9 septembre 2016 , 9 h 20 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Tu penses qu’une bouteille de 33 cl serait plus réaliste qu’une de 75 cl ?

    • 10 septembre 2016 , 2 h 47 min - Nadine prend la parole ( permalien )

      Montres-nous l’engin d’abord, on verra ensuite! Crisse!!! :D
      Toujours pour la science…. ^^

    • 10 septembre 2016 , 20 h 07 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      des paroles, toujours des paroles :D

  7. 20 septembre 2016 , 17 h 26 min - dasola prend la parole ( permalien )

    Bonjour le Bison, Etranges rivages est un de mes Erlendur préférés (sinon mon préféré). L’intrigue est passionnante et donne envie de se perdre dans les paysages islandais. Bonne soirée.

  8. 21 septembre 2016 , 13 h 04 min - Léa Touch Book prend la parole ( permalien )

    Il faut que je le lise ! :)

  9. 25 septembre 2016 , 8 h 39 min - Une ribambelle prend la parole ( permalien )

    Alors si c’est un des meilleurs Erlendur, je n’ai plus qu’à aller m’emmitoufler et m’affubler de bonnet et moufles pour aller le long de ce rivage nordique. Brrrrrr

  10. 2 octobre 2016 , 21 h 24 min - Philippe D prend la parole ( permalien )

    Un auteur que je dois encore découvrir… Ça viendra…un jour.
    Bonne semaine.

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