Oh… [Philippe Djian]

Par le Bison le 10 août 2016

Catégorie : 3 étoiles, Europe

Oh… une femme vient de se faire violer, et continue de coucher avec son violeur dans des jeux sadiques à la limite de la bestialité bien pensante. Une affaire de pulsions, dirai-je et les pulsions, ça ne se commande pas, ça se vit. Et ça se pratique, viens ici, ma belle, que je te viole. Et après on fera peut-être l’amour. Mais ce n’est pas tout. Elle a aussi une liaison avec le mari de sa meilleure amie. Elle a un fils qui kidnappe le fils de sa petite amie, un ex-mari scénariste incompris, une mère qui a des amants trois fois plus jeunes qu’elle et un père en taule depuis trente ans pour avoir massacré une soixantaine de gamins dans un club Mickey. Voilà, je crois que je n’ai rien oublié du portrait plutôt déjanté de cette femme à l’humour presque grinçant. « Elle » est un peu particulière dans son genre.

Ma première pénétration dans l’univers de Philippe Djian, que je n’avais qu’effleuré aux travers des textes musicaux de Stephan Eicher. 37°2 le matin, pas lu, et même pas sûr d’avoir vu le film, c’est que Béatrice Dalle m’a toujours indifféré, même pour sa scène de baise anthologique, il y a d’autres brunes nettement plus épicées et appétissantes pour construire d’autres scènes de baise d’anthologie. Mais passons, bien, pas bien, tu te fous de ma réponse, tu veux juste savoir les détails de ces viols à répétition, de la froideur avec laquelle « Elle » prend les jeux de l’amour.

« Si j’ai pu dire qu’il était un amant honorable, je dois avouer que je ne suis pas grande amatrice de ses baisers humides, de cette façon qu’il a d’enfoncer sa langue dans ma bouche avec la délicatesse d’un adolescent mal luné. Lorsque je parviens à décoller nos lèvres, il ouvre sa braguette et me dis que je peux le caresser. « Dans ce cas, mets-toi au-dessus de la corbeille », dis-je. »

Je tourne les pages mais ne sais pas quoi penser d’ « Elle ». Acide, cynique, folle, baisable, froide, glaciale, mais surtout une femme forte et indépendante. Même si je n’ai pas vu le film, encore, Michelle a, au fil des pages, les traits d’Isabelle Huppert. Je n’y peux rien, c’est mon inconscient qui lui a donné son double cinématographique. Et je crois que le duo s’adapte bien à ce roman, Isabelle est « Elle », « Elle » est Michelle. Et moi je me demande quand tu m’autoriseras à te violer, une nouvelle fois, plusieurs fois…

« Nous faisons monter deux gin-tonic lorsque nous avons fini. Je me lève et me dirige en boitillant vers la salle de bains. J’utilise un gel douche à la camomille et me livre à un nettoyage complet – garder sur moi l’odeur d’un autre m’a toujours dérangée. »

Besoin de te laver, de te purifier ? Il ne fallait pas m’exciter avec ton putain de beau sourire qui hypnotise ma queue à se redresser tel un serpent à sonnette au son de la trompette de Chet Baker. Oui, j’ai envie de te violer par amour. L’amour bestial, l’amour sauvage, je suis une bête, un bison. Et toi tu es « Elle » et l’amour sera grandi de ce viol consentant. Bon, ok, je te l’accorde le premier viol, tu ne l’as pas consenti, juste senti. Cela fait mal sur le coup, mais tu t’en es remis, parce que je sais qu’au fond de toi, tu m’aimes et je t’aime. Et le viol quand il s’agit d’un jeu sexuel voir amoureux, n’a pas la même signification. Le viol devient une forme de plaisir, un moyen de trouver la jouissance entre deux êtres qui s’aiment mais qui ne savent pas comment se le dire. Dis mon amour, je peux te violer ce soir ? Oh…

« Oh… », Ah… viole moi encore, oh… OUI

9 commentaires
  1. 11 août 2016 , 8 h 52 min - princecranoir prend la parole ( permalien )

    Ah ! Enfin un avis argumenté sur ce roman de Djian dont je ne connais jusqu’à présent que la version cinématographique. Apparemment, « Elle » est très proche de « Oh… » : sa famille est tout aussi tordue. Mais quid du voisinage ? Comment est-elle au boulot ? Si elle m’invite à Noël pourrais-je déjeuner en paix ?

    • 12 août 2016 , 10 h 02 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Déjeuner en paix, souvenir de jeunesse, un viol pendant le déjeuner, ça te rappelle des expériences ?

  2. 11 août 2016 , 15 h 01 min - belette2911 prend la parole ( permalien )

    Oh, du cul dans ton blog, mais enfin, que fesses-tu ??

    Un peu comme l’homme qui viole une femme et quand il a terminé, tout en se rhabillant, il lui dit « Maintenant je parie que tu vas aller voir les flics et leur dire que je t’ai violé une fois ».

    — Non, je vais leur dire que vous m’avez violé deux fois !!
    — Menteuse, c’est même pas vrai, c’était juste UNE fois.
    — Bah, vous avez encore bien 15 minutes, non ??

    • 12 août 2016 , 10 h 03 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Beaux dialogues, tu devrais écrire sur un blog.

      Mais sache qu’il n’y a jamais de cul sur mon blog. Je suis contre le cul pour rien. Il y a juste de l’amour et de la passion.

    • 13 août 2016 , 21 h 20 min - Nadine prend la parole ( permalien )

      PTDRRRRRR !

  3. 13 août 2016 , 21 h 19 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    Oh…. J’lis le portrait de famille de cette femme, méchante bande de cinglés! Après on s’demandera pourquoi elle est « un peu particulière dans son genre »…!

    De Philippe Djian je n’ai lu et vu que 37°2 le matin et ça fait tellement longtemps que je ne me souviens plus de rien… Il faudra bien que j’y retourne :D

    • 14 août 2016 , 17 h 43 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      37°2 le matin, même par -15° dans l’igloo ! Il y a de quoi geler un majeur et pas queue…

  4. 14 août 2016 , 8 h 56 min - dasola prend la parole ( permalien )

    Bonjour le Bison, à te lire, il semble que le film (que j’ai vu) est un peu moins cru que le roman (quoique). Bon dimanche.

    • 14 août 2016 , 17 h 41 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      la crudité n’est peut-être que dans l’oeil de son lecteur :)

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