Amour Austral [Jan Bauer]

Par le Bison le 6 juillet 2016

Catégorie : 4 étoiles, Europe

Commencer par préparer son barda. Seules les premières nécessités dans le sac à dos, anti venin, décapsuleur et Foster’s. Chapeau de paille et anti moustique, anti araignée anti serpent, gants de boxe contre les marsupiaux. Alice Springs, le bush australien. Que de la poussière, que du soleil à te brûler aussi fort la rétine qu’une surfeuse en bikini.

Partir pour oublier. Longer Larrapinta, la rivière salée. Encore une vision aborigène sous extasie, car de l’eau, j’en vois plus beaucoup. Heureusement, les autochtones du bush, ces bronzés du désert ont parsemé les étapes de ce trail de points d’eau, des puits d’eau potable comme autant de points de ralliement ou de ravitaillement pour occidentaux en mal d’aventure.

Besoin de solitude. Je marche seul, sans but et sans mobile, tout seul et anonyme. Seul avec mes chaussures de marche et mes chaussettes puantes. Seul avec moi-même, avec mes silences et mes réflexions. Faire le point sur ma vie. 455 kilomètres, juste ce qu’il me faut dans un décor magnifique, des paysages sauvages à l’encre qui font rêver de plus bel mon imagination (et si en plus je croise une surfeuse australienne seins nues sur sa planche). Je suis transporté, je m’offre une parenthèse, un sursis, une escale en oubliant les heures, seul le rythme de mes pas compte, je compte, plus que 35 kilomètres avant le prochain point d’eau, je décapsule une Forster’s. En oubliant les heures.

« Chaque aube est comme une révélation d’un instant à l’autre, les ombres diffuses de la nuit s’effacent et tout apparait dans la lumière. Comme si rien n’avait jamais existé que ce jour nouveau. »

Le soleil se lève. Mon regard se porte sur le panorama. Morgane, randonneuse française, sur cette même piste. Seule aussi, elle a prévu de rejoindre ses potes au bout de la piste. Et si on partageait le même sac de couchage ? Morgane de toi.

- Combien de culottes as-tu dans tes bagages ?

- Juste celle-ci… Mais je peux la laver ! Enfin si j’ai assez de savon, et puis on s’en fiche…

- Oui, après tout pourquoi mettre une culotte en plein bush !

Et voilà comment un couple peut se faire en un sourire et un lavage de dents.

La fin approche, je suis toujours émerveillé par le décor, la qualité des dessins à l’encre noire et sèche (dis, tu les préfères sèches ou humides ?)  (je te parle de cacahuètes pour accompagner le Glenmorangie Lasanta).

« Je ne suis pas très forte pour mettre des mots sur mes sentiments » écrit-elle, une dernière page, je t’aime, et je suis sûr que ces deux-là se retrouveront dans un prochain épisode, parce que l’amour les a attrapé, ce n’était pas le bon moment pour que leurs routes se joignent définitivement mais je pressens qu’elles se recouperont dans un avenir proche. Sous le soleil d’Australie, nul doute que cet « Amour Austral » propose un beau voyage, romantique et graphique. Je suis à l’autre bout de ce monde, et j’imagine déjà que le majeur teuton de Jan Bauer a du se mettre en action sous la tente. Une Paulaner ma belle ?

« Je n’oublierai jamais ces journées passées avec toi. Pour la première fois de ma vie, j’ai eu des « papillons dans le ventre », comme tu dis. »

« Amour Austral », bouche à bouche dans le bush.

Une opération Masse Critique du site Babelio

en collaboration avec les éditions Warum.

4 commentaires
  1. 6 juillet 2016 , 22 h 49 min - manU prend la parole ( permalien )

    Et en plus, tu pues des pieds !!!!…
    Elle en a de la chance Mme Bison… :D

    • 7 juillet 2016 , 8 h 55 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Seulement au bout du 53ème kilomètres….

  2. 23 juillet 2016 , 16 h 03 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    En accompagnant le personnage principal dans sa quête et ses remises en question – comme dans n’importe quel livre qui nous amène à faire le point – je me dis que le lecteur doit forcément aussi s’arrêter en chemin et réfléchir sur sa vie. C’est sans doute à mes yeux l’une des plus belles choses que peuvent nous offrir les livres…

    Après, si dans le sac à dos il y a en plus les premières nécessités, voire le décapsuleur et une Morgane dans un sac de couchage sans p’tite culotte et le majeur à vif, tabarnak, c’est le summum en crisse!

    Tiens, ça sent le brûlé……………. à moins que ce soit ta rétine? :D

    Très belle prose érotico-tabarnaquienne!

    • 24 juillet 2016 , 22 h 03 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      De temps en temps, il faut savoir poser son sac à dos, regarder le paysage, et ceux qui t’entourent, décapsuler une binouze et réfléchir à ta vie.

      PS : J’ai toujours un décapsuleur sur moi, au cas où j’ai besoin d’emballer des blondes sans p’tite culotte.

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