Easter [Patti Smith]

Par le Bison le 25 juin 2016

« La femme dégage une sensualité qui attire comme un aimant. Les yeux baissés, les lèvres de sa grande bouche dessinant une moue experte, mais sans la moindre coquetterie. Ses mains se baladent pour accrocher une pince dans ses cheveux, noirs, qui lui tombent à moitié sur le visage, sauvages. Elle porte un tee-shirt beige qui souligne naturellement ses tétons, sans le moindre érotisme. Et à l’aisselle, une touffe de poils rougeâtres. Un coup de feu libertaire, féministe. C’est Patti Smith, sur Easter. »

Carlos ZanonJ’ai été Johnny Thunders.

Alors, là, Patti, je crois que ça va pas trop le faire. Les poils sous les bras, c’est [peut-être] punk mais c’est pas vraiment mon kif. Il y a des limites à la civilisation humaine. Et la différence entre le monde animal et le monde féminin, c’est justement le fait que tu t’épiles sous les bras et que tu te rases la chatte. La forêt amazonienne, c’est sympa, on s’y sent libre, l’esprit moite et humide, mais on a du mal à respirer quand les lianes rentrent dans le nez. Non, sur ce coup-là, Patti, je suis plutôt petite prairie champêtre chaude (mais humide), une végétation peu fournie, le minimum pour ne pas être en zone aride, c’est qu’après il fait soif, et mon verre est vite vide.

Ton troisième album, Patti, le grand succès même. Du genre commercial grâce au boss. Une composition Smith/Springsteen qui s’est élevée au sommet des charts au détriment de fans en doc Martens. Patti tu touches le succès, t’es moins punk, tu peux garder les cheveux dans le vent, virer ta pince, friser tes cheveux comme un jour de pluie, mais prends le temps de t’épiler ces poils anti-glamour. Oui, je fais une fixation sur tes aisselles. Je ne pourrais pas lécher cette sueur post-coïtale au milieu de ce buisson même ardent. Parce qu’après tout, je ne suis pas qu’un homme à majeur, j’ai aussi une langue prête à frétiller de plaisir… Attends, j’enlève juste le poil qui m’est resté collé sur la langue…

C’est quand même un bon album, ce « Easter ». Je suis, certes, plus « Horses ». Mon côté intello lecteur de Télérama, certainement. Je suis avant tout cérébral et pas que bourrin et ce « Horses » m’a longtemps bercé les tempes qu’elles en sont devenues grisonnantes. Et je reviendrai toujours forcément carrément sur ce premier album mais Space Monkey, Because the Night, Rock’n’Roll Nigger, ça fait quand même sacrément du bien. « Easter », même avec une toison sous les bras.

« Cheveux aux épaules. Il sourit en se disant que lorsqu’il était gamin il trouvait ça vachement sexy. En ce temps-là, sa mère et les amies de sa mère ne s’épilaient pas. Les poils dépassaient de leurs blouses sans manches. De leurs culottes et de leurs soutiens-gorges. Il se disait toujours que ses premières branlettes seraient les dernières. Il se branlait en pensant à des actrices de télé, à Red Sonja, la copine de Conan, et à toutes les mères de ses potes, parce qu’ils les avaient toutes imaginées en été avec leur poitrine et leur sexualité maternelle qu’il trouvait irrésistibles. Mais sa première grande claque, ç’a été Patti, sa pince et ses poils sous les bras. Il a toujours aimé les femmes qui ne s’épilaient pas ou, en tout cas, qui se laissaient un peu aller. C’était clair depuis le début, il était un mec différent, avec toutes les qualités d’un loser, se dit-il en souriant. »

Carlos ZanonJ’ai été Johnny Thunders.

Dis-moi, Carlos, tu as eu une histoire avec des catalanes poilues ? Du genre à pas s’épiler sous les bras, ces catalanes, à pas s’épiler tout cours, tout court.

« Easter » [1978], Beaumes de Venise et poils sous les bras.

12 commentaires
  1. 26 juin 2016 , 8 h 09 min - Eeguab prend la parole ( permalien )

    En fait je connais très très peu la musique de Patti Smith. Je te fais confiance. Son côté icône me laisse un peu de glace mais je crois que c’est pure ignorance.
    Rien à voir mais je suis en pleine actualité bisonnesque, je termine Wild Idea dans lequel Dan O’Brien revient une fois encore sur ses chers bovidés. Je te verrais bien préfacer un tel bouquin. A bientôt.

    • 27 juin 2016 , 9 h 04 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Les bisons de Dan O’Brien, un sacré bouquin. Wild Idea, une nouvelle philosophie sur la vie des bovidés.

  2. 26 juin 2016 , 8 h 10 min - manU prend la parole ( permalien )

    Toutes ces histoires de poils un dimanche matin au petit déjeuner…
    :(

    • 27 juin 2016 , 9 h 01 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      un petit déjeuner à poil, c’est comme ça qu’il est meilleur :)

  3. 26 juin 2016 , 9 h 20 min - princecranoir prend la parole ( permalien )

    « Les cloches sont sacrément en retard cette année » me souffle le petit devil qui s’est posé sur mon épaule gauche. « Y a pas d’heure pour le rock’n'roll nigger ! » lui rétorque le petit angel sorti de ma radio Ethiopia. Je cours sans plus tarder vérifier si mon Isabelle(a) a les aisselles buissonnières.

    • 27 juin 2016 , 9 h 01 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Radio Ethiopia, je le connais pas trop celui-là…

  4. 26 juin 2016 , 16 h 41 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    Pendant qu’tu débroussailles la forêt boréale moi j’écoute la Patty que j’connais trop peu et j’me régale, sublime! (j’parle pas d’ses poils de dessous d’bras) ^^ ……..

    • 27 juin 2016 , 8 h 56 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Remarque ça doit tenir plus chaud sur la banquise, mais ça risque de moins le faire pour décongeler les pancakes sous les aisselles :D

  5. 27 juin 2016 , 7 h 18 min - belette2911 prend la parole ( permalien )

    Une histoire au poil, quoi… et pas à poil… :P

    • 27 juin 2016 , 8 h 55 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Tu peux te mettre à poil aussi, c’est pas moi que ça dérangerait…

  6. 27 juin 2016 , 8 h 42 min - Goran prend la parole ( permalien )

    Je connais très peu Patti Smith…

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