Tout en Haut du Monde [Rémi Chayé]

Par le Bison le 3 juin 2016

Difficile de commencer ma chronique par l’aspect négatif de ce film d’animation. De Rémi Chayé, je ne connaissais rien, je suis donc en pleine découverte, sans apriori, sans attente, l’esprit neuf empli d’espoir comme un de ces explorateurs qui veulent aller sur la lune ou encore plus loin, au pôle nord, tout en haut du monde. Le graphisme ne me correspond pas, les visages dont l’expressivité se réduisent à l’ouverture des yeux, le trait de forme géométrique, les arrêtes saillantes, ce n’est pourtant plus la période cubisme… La fluidité n’est pas au niveau des superproductions Pixar au Dreamworks, mais c’est aussi une question de coût et d’ordinateurs. Bon, OK, je suis un peu sévère, surtout que je n’avais pas fait le plein de vodka avant de recevoir cette offre de diffusion privilégiée.

Après ces malheureuses considérations esthétiques qui malheureusement risquent de rebouter les grands enfants (le mien en particulier qui n’a pas voulu s’y pencher simplement par esprit obtus envers ces traits), je me plonge dans l’histoire. Je sors ma tuque (ah non, là-bas, c’est une chapka), mes moufles et le fond de ma bouteille de vodka. Saint-Pétersbourg, 1882. Sacha est une jeune fille de l’aristocratie russe. Mais de princesse, elle n’en a que le sang car son esprit est plus fasciné par une vie d’aventures que de bals et de valses. Son grand-père, Oloukine, célèbre explorateur du Grand Nord est porté disparu. Le Davaï, majestueux trois mats, n’est pas revenu de sa conquête du Pôle Nord. Sasha s’enfuit pour vivre cette grande aventure, et tenter de retrouver son grand-père.

Une histoire pleine d’émotions, belle et magique, certes convenue, mais de toute façon les histoires de princesse se ressemblent toutes. Ou presque. Les vagues, le roulis, la mer, une fois que Sasha a rangé sa vie d’aristocrate, je prends part à l’aventure, à flot. Point de pirate ni de viking pour ce trois mats dans les mers nordiques, mais le bleu du ciel qui se conjugue avec celui de la mer, la tempête et des immenses vagues qui se fracassent sur le pont du navire, la neige qui tombe aux abords de la banquise, blanc sur blanc, tout devient blanc, immaculée comme la pureté de son cœur dans la quête pour le Davaï. Attention à l’ours polaire, ma petite, tu n’en pas moins princesse, et les ours aiment croquer les petites filles.

Poussé par la brise des grands raconteurs d’antan, le Prince de l’écran noir a déneigé son âme d’enfant pour succomber au charme slave de Sasha.

Merci à CineTrafic pour cette nouvelle opération DVDtrafic !

Et à Diaphana.

14 commentaires
  1. 4 juin 2016 , 7 h 23 min - princecranoir prend la parole ( permalien )

    Oh là Bison, laisse un peu ta femme et ton traîneau, remets un glaçon dans ta vodka ! Moi; dès que je revois ces beaux aplats pastels ça me redonne le goût du loin. Bien sûr, le film rompt avec les canons actuels du film d’animation, et il se laisse avant tout porter par l’originalité de son thème, par la simplicité de ses péripéties renouant, comme beaucoup de ces dessins animés à budget serré, avec l’esprit des premiers tours de manivelle. Il y a un peu de Flaherty dans cette histoire, je suis même sûr que l’ancêtre de Nanouk devait rôder pas très loin de l’épave du Davaï. « Et je pars pour de longues semaines, et je pars… »

    • 4 juin 2016 , 19 h 44 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Je suis presque d’accord avec toi. Moi, j’y ai même pris du plaisir, sauf que le p’tit bison n’a pas voulu le regarder, se jugeant certainement trop grand pour regarder ce genre de dessin :) . Et là, du coup, j’me dis que c’est un peu raté.
      Mais sinon, j’ai adoré l’histoire, cette aventure vers le grand Nord, le frisson de l’iceberg, je suis le roi du monde…

      et saches que je ne mets pas de glaçon dans ma vodka ! Je la sors direct du congélo à défaut d’avoir un igloo dans mon jardin…

  2. 4 juin 2016 , 22 h 51 min - belette2911 prend la parole ( permalien )

    Je dois dire que les dessins m’emballent pas, me faudra quelques mojitos avant la projection…

    Sinon, pourquoi t’es allé tout en haut alors qu’on est si bien sur le plancher des vaches, au chaud sous le soleil… les pieds dans l’eau pour certains, ou les couilles dedans, comme pour votre zouave à Paris…

    • 5 juin 2016 , 12 h 48 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      envie de voir la fonte des glaces avant qu’il n’y en ai plus, de glace. Et sans glaçon, comment faire mon Jaune…

  3. 5 juin 2016 , 10 h 47 min - Goran prend la parole ( permalien )

    Tant que l’histoire est bonne… Ce genre de dessins ne me gêne pas…

    • 5 juin 2016 , 12 h 49 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      l’histoire est bonne et on est pris dedans, comme une grande aventure pour l’âme d’enfant qui sommeille en nous.

  4. 5 juin 2016 , 22 h 07 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    J’ai toujours été fascinée par les histoires d’explorateurs dans le Grand Nord! Avec tuque et peau de grizzly (majeurs en sus) ^^
    Trois étoiles… fallait faire le plein de vodka tabarnak! :D

    • 6 juin 2016 , 15 h 44 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Le Grand Nord ! Monte dans ton char et suis la piste des ours en rut. Mais n’oublie pas de mettre les caisses de vodka dans la valise !

  5. 6 juin 2016 , 20 h 07 min - Une ribambelle prend la parole ( permalien )

    Pour une fois qu’un style de dessin me plait alors que je n’aime ni les BD (bien que j’évolue un peu) ni les dessins animés en tout genre, cela vaut le coup de souligner le trait de crayon.

    • 6 juin 2016 , 22 h 28 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Sûr qu’on est plus dans le dessin que dans l’animation.

  6. 7 juin 2016 , 20 h 45 min - manU prend la parole ( permalien )

    Voilà qui me tente bien !
    Et puis moi, j’aime bien les histoires de princesses… Ben oui, parfois elles embrassent les grenouilles… ;)

    • 7 juin 2016 , 22 h 09 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      mais les princesses n’embrassent jamais les crapauds poilus et baveux ;)

  7. 9 juin 2016 , 22 h 56 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Au premier abord je ne serai pas allée vers ce film d’animation, justement par le carré du graphisme, mais ton billet ne me laisse pas indifférente.

    Je me laisserai bien tenter au final !

    • 10 juin 2016 , 9 h 05 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Il est vrai que l’on n’a plus l’habitude de ce genre d’animation.

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