Démolition [Jean-Marc Vallée]

Par le Bison le 9 mai 2016

C’est l’histoire d’un type qui a perdu sa femme dans un accident de voiture et qui se demande qui va pelleter maintenant la neige devant son garage. Heureusement, il n’habite pas le Canada contrairement à son réalisateur, Jean-Marc Vallée. Alors y’a pas de neige, mais le crash a bien eu lieu.
Du coup, pour se défouler, le beau Jake Gyllenhaal prend une masse et démolit sa baraque sur une musique sans faute de goût avec Aznavour en plus (tiens Aznavour, ça me rappelle un autre film québécois). Pas fou, mais un peu c.r.a.z.y. tout de même.

Il était passager, sa femme conductrice. Elle ne s’en sortit pas. Il fut indemne. Par quel chemin de traverse commence le deuil ? Il pourrait s’effondrer en larmes, hurler sa peine, plonger dans un profond désespoir. Chacun réagit à sa manière à de tels bouleversements. Lui, il commence à s’interroger sur son couple, sur l’amour qu’il avait pour sa femme, il commence à démonter son ordinateur, puis la porte des toilettes, avant de découvrir le bonheur de se planter un clou de 10 cm dans le pied et le défoulement à la masse.

Dans son casque, le gars écoute tout ce qu’un bison peut placer entre ses esgourdes, de Chopin à Bach, de Sufjan Stevens à M. Ward, de Heart aux Animals. Le spectre musical est large, sans faute de goût même. La musique tient une place prépondérante, comme souvent dans les films de Vallée, une bande son d’un autre âge mais je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître…

Et si le sujet n’est jamais larmoyant, Jake est formidable dans la destruction de sa reconstruction. Il sera aidé par Naomi Watts, mère célibataire, avec la lourde tâche d’élever un ado, fasciné par cette auto-destruction. Et si le film m’a bluffé, c’est que je ne connaissais pas du tout l’histoire avant. La surprise fut totale, l’émotion au rendez-vous. J’ai été guidé par Jean-Marc Vallée, bien m’en a pris, je fus conquis. J’aime me retrouver dans une petite salle noire, conduit simplement par un instinct, le sentiment d’aller découvrir simplement une histoire, et d’en rire ou d’en pleurer, de ressentir des émotions ou de sentir la musique vrombir en moi.

« Démolition » [2016], tabarnak ça casse la baraque.

14 commentaires
  1. 10 mai 2016 , 9 h 05 min - manU prend la parole ( permalien )

    J’aime le réalisateur, l’acteur principal, le sujet me plait, un film qui pourrait bien me plaire quoi !

    • 10 mai 2016 , 11 h 24 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Ben oui, quoi ! Tout pour plaire ce film.

  2. 10 mai 2016 , 9 h 23 min - Goran prend la parole ( permalien )

    Tout comme manU !

    • 10 mai 2016 , 11 h 25 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Mais est-ce que tu coasses aussi bien que le manU ?

  3. 10 mai 2016 , 12 h 36 min - manU prend la parole ( permalien )

    Impossible ça ! ;)

  4. 10 mai 2016 , 20 h 55 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Rien que la bande son dans ses esgourdes me donne envie d’aller voir ce film… et puis il est craquant ce Jake Gyllenhaal … désolé mais je ne le connais pas bien cet acteur ^^ il a joué quoi ?

    Ça doit faire un bien fou de tout cassé… comme ça … pour rien … loll
    C’est comme les gros mots ça fait un bien fou

    JOOOOOOOOODEEEEEEEEEEEERRRRRRRRRRRRRR ;-)

    • 10 mai 2016 , 22 h 24 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      et puis il est craquant ce Jake Gyllenhaal…

      Tu n’as qu’à en parler avec la blonde du Québec. Depuis, elle a le majeur qui frétille et la forêt qui brûle…

      La rage au ventre… Mais tu n’as pas du me lire…
      Prisoners… Mais tu n’as pas du me lire…
      Brothers, Zodiac, Jarhead…

      Par contre, sa sœur, son ainée de 3 ans, est la fameuse « secrétaire » !

    • 11 mai 2016 , 3 h 15 min - Nadine prend la parole ( permalien )

      La forêt brûle et mon majeur est en état critique……….. :D

  5. 11 mai 2016 , 3 h 13 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    Quel bon film, je l’ai adoré! Pas d’problèmes, moi j’irais bien pelleter sa neige devant son garage, j’ai le sens du sacrifice, hostie d’câlisse……….. :D

    Jake Gyllenhaal, quel bon acteur, quelle fougue, d’un film à l’autre il arrive à passer à des émotions complètement différentes, à nous faire basculer avec lui dans ces extrêmes. « Prisoners », « Brokeback Mountain », et le fameux « Brothers », excellent!

    Jean-Marc Vallée je l’adore aussi. Tu as vu Dallas Buyers Club? Tout un film… Chaque fois c’est un plaisir de découvrir ses choix musicaux. Déjà dans C.R.A.Z.Y. entre Aznavour, Pink Floyd et Bowie, c’était divin.

    Démolition, Tabarnak, tassez-vous de là, c’est l’bordel dans cabane! ^^

    • 11 mai 2016 , 16 h 01 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Dallas Buyers Club… je voulais t’en parler justement. J’ai pas accroché. Mais comme je l’ai vu sur mon canapé taupe et pas dans une salle obscure, je plaide pour la non concentration.

  6. 11 mai 2016 , 16 h 25 min - potzina prend la parole ( permalien )

    Il n’est pas sorti dans ma cambrousse, c’est dommage j’aurais bien aimé le voir. J’avais bien aimé Café de Flore et The Dallas Buyers Club et ton billet me fait encore plus regretter. Tant pis, ça sera bon en DVD :)

    • 14 mai 2016 , 14 h 20 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      cela doit être de la cambrousse profonde :D
      Cela dit même à la Grande ville, il n’a pas fait les grandes salles et n’a pas tenu l’affiche très longtemps face aux super-héros à la mode…

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