The Cut [Fatih Akin]

Par le Bison le 24 avril 2016

Le 24 avril 1915, les arméniens chrétiens sont déportés par l’empire Ottoman. On parle de plusieurs centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants. Ils sont acheminés vers le désert, longues marches de la mort. Massacrés, fusillés, égorgés le long des routes caillouteuses, le sang s’infiltre dans la roche. L’horreur d’un génocide est en marche.

Ce mois d’avril 1915 est donc le point de départ du réalisateur d’origine turque, Fatih Akin. Un siècle après, il revient donc sur les traces de ces victimes pour un hommage au peuple arménien.

Le point de départ du film où ce bon père de famille, Nazareth, se retrouve séparé de ses deux filles, se retrouve à casser des cailloux dans le désert, se retrouve à moitié égorgé dans le désert. Tahar Rahim restera muet pendant tout le reste du film, un bien pour un mal, puisqu’il aura le droit de continuer son long chemin. Il croisera la route de Simon Abkarian, arménien d’origine qui porte comme à chacun de ses films tout le poids de son peuple. Ses filles ont été épargnées, commence alors un lointain périple et le début d’un road-movie.

Visite guidée d’Alep au temps de sa splendeur, et le savon qui coule. L’océan se traverse, direction Cuba et sa Havane. Je remonte jusqu’à Minneapolis. J’échoue dans le Dakota. Les paysages changent, le climat se rafraîchit, les années s’écoulent. Nazareth espère toujours, mais il a de plus en plus de mal à croire en Dieu, celui qui l’a abandonné un matin sous le soleil turc au milieu d’égorgés et de fusillés. Le sable du désert turc sera remplacé par la poussière froide de Ruso, Nord Dakota (population actuelle : 4).

Un beau voyage proposé donc par Fatih Akin, sur une musique envoutante composé par Alexander Hacke, tantôt spirituelle, parfois leonnienne, mélange de rock et d’orient. La bande son revêt toujours un caractère fort dans les films de Fatih Akin, en témoigne son précédent « Soul Kitchen ». Pourtant, je reste sur ma faim. L’émotion n’est pas tout à fait au rendez-vous. Je garde en mémoire d’autres souvenirs, ceux de « De l’autre côté ». D’ailleurs, si tu veux découvrir le réalisateur allemand d’origine turque, je te recommande chaudement celui-là (oui, il peut faire chaud en Turquie, moins en Dakota).

« The Cut » [2015], la blessure turque.

Un Road Trip pour le Ciné-Club de Potzina !

14 commentaires
  1. 24 avril 2016 , 16 h 39 min - potzina prend la parole ( permalien )

    Je me souviens des critiques de la presse un froide quand il est sorti. Je reconnais que même si les critiques avaient été enthousiastes, je l’aurais probablement zappé vu la cruauté du sujet (des fois je suis une petite nature)
    Vu ce que tu en dis, je ne vais pas me jeter dessus, je vais plutôt tenter De l’autre côté.
    Merci pour ta participation le Bison :)

    • 24 avril 2016 , 20 h 10 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Tente effectivement « de l’autre coté » si tu veux découvrir le réalisateur. Je le trouve bien meilleur !

      Cela faisait longtemps que je voulais participer au ciné-club, mais j’oubliais le plus souvent :)

  2. 24 avril 2016 , 16 h 46 min - Goran prend la parole ( permalien )

    Ce n’est pas mon film préféré du réalisateur allemand, c’est quand même un cran en dessous de ses autres réalisations qui étaient quand même assez exceptionnelles… Mon préféré étend celui dans lequel avait joué une ancienne actrice porno. Je ne me souviens plus du titre…

    • 24 avril 2016 , 20 h 11 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Moi non plus, ce n’est pas son préféré. Soul Kitchen et De l’autre coté sont bien meilleurs !

      Le coup de l’actrice porno, excellent ! Moi non plus, je ne me souviens plus du titre. Ni même de son titre ! Mais alors, son cul… :)

    • 24 avril 2016 , 20 h 28 min - Goran prend la parole ( permalien )

      Hehe :-)

  3. 30 avril 2016 , 1 h 55 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    Un film que j’aurais envie de voir pour l’hommage qui est rendu au peuple arménien. Au cours de la dernière décennie, on a assez peu parlé du génocide arménien en comparaison à d’autres génocides et pourtant 1.5 millions d’arméniens y sont morts aux mains des barbares! Tabarnak notre société est complètement malade, et ça ne va pas en s’améliorant, il suffit de regarder le régime d’Assad en Syrie qui utilisent les hôpitaux comme cible de guerre! Toutes ces tueries ça m’donne envie de vomir…

    Pour le film… Hindi Zahra est sublime…!

    • 30 avril 2016 , 16 h 59 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      ça m’donne envie de vomir

      voilà ce qui arrive quand on sort des sentiers battus de Chambly !

  4. 1 mai 2016 , 21 h 13 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Un film qui semble très fort en émotion et qui doit nous montrer combien l’homme peut être abject.

    Pour cela que je suis surprise que ce soit toujours Dieu qui soit mis en cause sur les malheurs du monde alors que c’est invariablement l’homme qui est mauvais.

    J’ai découvert récemment cet acteur Tahar Rahim… il promet …

    • 1 mai 2016 , 22 h 10 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Le sujet est fort. Le film un peu moins. Mais j’aime bien ce genre de road-movie qui font voyager. Et puis cette arrivée dans la Dakota du Nord, au milieu de la neige et de la poussière, waouh, ça donne envie de s’ouvrir une bouteille de bourbon pour se réchauffer.

      Tahar Rahim, un prophète.

  5. 2 mai 2016 , 10 h 22 min - phil prend la parole ( permalien )

    Les critiques ont été dure avec ce film.
    Difficile à classer, western, tragédie, film épique. Guerre, exode, amour, espoir, mort, souffrance.
    Tu dis avoir moins aimé ce film, moins abouti, mais il faut le placer dans le contexte et la vision de son auteur.
    Il termine en quelque sorte son œuvre. Il montre le côté du Mal après nous avoir montré la face de l’amour et de la mort.
    Mais il n’empêche que le fait d’avoir déjà fait un film sur le sujet et la cause de ces arméniens bien trop oublié de nos livre d’histoire mérite notre attention.

    • 2 mai 2016 , 22 h 33 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      N’empêche que j’ai préféré ses précédents films ! Non mais ! Il y a beaucoup de chose dans celui-là, certes, mais l’émotion ne m’est pas entièrement parvenu jusqu’à moi. Après, cela reste un honnête film, avec une certaine dose de courage. N’empêche !

      Et si j’allais écouter Soul Kitchen… Ah non, monsieur ne jure que par Pink Floyd et ne doit pas avoir de Doors à portée d’esgourdes :D

    • 3 mai 2016 , 10 h 35 min - phil prend la parole ( permalien )

      Non mais dit ! Tu voudrais cuisiner mon âme toi !
      Oui je ne jure que par Pink Floyd et alors ! Il n’empêche que je ne reste pas exclusif pour autant et puis je trouve que tu as la mémoire courte !
      Les Doors ont empli ma chambre étudiante même s’il est vrai que je les écoute moins. Mais tu vois, tu mets un billet et hop c’est reparti, on se met le CD …
      Let me slepp all night … ta ta ta ti ta ta …
      Learn to forget, learn to forget …

    • 3 mai 2016 , 12 h 35 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      C’est que j’ai la mémoire qui flanche ! Heureusement que ce n’est que la mémoire :D

    • 3 mai 2016 , 14 h 50 min - Nadine prend la parole ( permalien )

      C’est c’qu’il dit………………….. :D

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