Desierto [Jonas Cuaron]

Par le Bison le 19 avril 2016

Mets le pack de Corona au frais, je t’emmène pour une longue traversée du désert, el « Desierto » comme on dit là-bas avec l’accent. Tout commence tranquillement, une vieille camionnette, à son bord de passeur, et derrière une quinzaine de migrants mexicains assis chaotiquement en attendant de passer la frontière. Le soleil s’étend sur cette longue pleine désertique, des traces de sel, du sable qui s’envole, de la poussière qui pique à la gorge. Le moteur lâche et les migrants sont contraints de finir leur pérégrination à pied. Le rêve américain commence par une bonbonne d’eau à défaut d’une bière bien fraîche.

De l’autre côté de la frontière, un vieux gringo, genre texan tatoué et plutôt raciste, se ballade avec son chien hargneux. Une petite partie de chasse. La troupe qui passe dans sa ligne de mire. Putain, c’est son pays et les chicanos n’ont rien à foutre sur ses terres. Le carnage commence. Jeffrey Dean Morgan, légèrement moins sympathique que dans Grey’s Anatomy, joue parfaitement le rôle du salaud, du connard, du texan, le genre à voter Donald Trump aux prochaines élections.

Face à lui, Gael Garcia Bernal dans le rôle de Moises qui traverse le désert. La musique est prenante, parfois style western, tantôt style baroque. Grandiose, le souffle se fait court, la chaleur étouffe. J’ai soif, je ne ferme pas les yeux, devant moi ils se font tous descendre les uns après les autres. Des têtes qui explosent sous le calibre du vieux. Tu veux sortir de la salle, je ne t’en empêcherai pas, cruauté flagrante des hommes, du genre à pleurer pour son chien plutôt que pour un migrant. Un rôle important, ce chien. Bestial.

Jonas Cuaron réalise avec peu de moyens un film prenant aux tripes. Gerbant presque devant cette violence et cette haine gratuite. Tu veux sortir de la salle, voir les cervelles explosées une à une au gros calibre t’indispose. Un affrontement sans merci, un duel digne des grands westerns de Leone, un duel digne d’un premier Spielberg ou l’homme se battait contre un mastodonte à la mécanique impressionnante. Un homme avec une casquette face à un autre homme avec un fusil et un chien. Les données sont pipées d’entrée de jeu. Sauf que la mort n’est pas un jeu. Sauf que la mort est présente dans chaque canyon, comme le soleil qui brûle la peau, et cette envie de hurler Joder. Il ne doit en rester qu’un ! Ou pas…

Joder ! Sors-moi ta Corona du frigo, ce film m’a donné soif, très soif. T’ai-je dit aussi que dans le désert, il y a de magnifiques cactus, majestueux, grandioses, les rayons du soleil dessus, la poussière qui les embrume à leurs pieds. Et les serpents à sonnette !!

« Desierto » [2016], quand t’es dans le désert depuis trop longtemps.

20 commentaires
  1. 20 avril 2016 , 10 h 51 min - manU prend la parole ( permalien )

    Dis donc, ça déménage ! Y a pas que la nature qui est hostile…

    • 20 avril 2016 , 10 h 54 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Y’a que la nature qui garde son âme, mélange de chaleur et de fleurs de cactus.

  2. 20 avril 2016 , 12 h 22 min - Princécranoir prend la parole ( permalien )

    J’ai lu du bon comme du moins bon sur l’effort de Cuaron Jr. Mais je dois dire qu’après cette lecture, il me monte des envies de désert. On dirait « Punishment Park » avec des migrants à la place des étudiants, « la chasse du Comte Zaroff » sans la jungle étouffante. Et au finish, combien d’enterrements ?

    • 21 avril 2016 , 8 h 32 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Le film est basique. Une chasse à l’homme toute bête et toute simple. Avec dans le chassé, le migrant et dans le chasseur le texan.

      Des enterrements ? Pourquoi faire… Le soleil, les serpents et les vautours se chargeront de leurs sépultures.

  3. 20 avril 2016 , 14 h 41 min - Marie-Claude prend la parole ( permalien )

    On est loin de “Gravity”! Ciboire, je veux voir ce film à tout prix. Reste à savoir où et quand.

    • 21 avril 2016 , 8 h 33 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Peut-être pas si loin que ça… Le désert a remplacé l’espace, le soleil la lune…

  4. 20 avril 2016 , 16 h 58 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    Le genre à voter Donald Trump, ça affiche déjà le personnage, quelle horreur!!! J’te dis, les américains sont assez fous pour l’élire aux prochaines élections, déjà j’trouve qu’il s’en sort un peu trop bien à mon goût dans l’investiture le Tabarnak! Dans le rôle du « salaud » il sait s’y prendre le mautadine!

    En tout cas un excellent parallèle avec la cruauté et la violence dont les hommes sont capables. Ah le rêve américain, aussi mortel qu’un désert remplit de serpents, d’araignées et d’une pénurie de binouze de Corona! Eh oui, l’humain peut être aussi aride que le désert américain, ou de son rêve…

    La Corona est prête, sors ta tranche de lime hostie d’câlisse!

    • 20 avril 2016 , 20 h 53 min - phil prend la parole ( permalien )

      rien a réjouter !

    • 21 avril 2016 , 8 h 35 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      je te laisse faire jouer avec tes bibites à poil, décapsule-moi donc une Corona bien fraîche.

  5. 20 avril 2016 , 20 h 31 min - belette2911 prend la parole ( permalien )

    J’veux bien aller dans ton désert, mais avec un pack de 24 et toi qui porte le frigo-box !

    • 21 avril 2016 , 8 h 35 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Si c’est pour la bonne cause, je devrais pouvoir être capable de porter de pack de 24. C’est que le désert est grand !

  6. 22 avril 2016 , 11 h 43 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Bon soyons sincère : Au premier abord un film qui pourrait me plaire mais la férocité de ton écriture me fait reculer d’un pas. Pourtant ma peau n’a pas peur du soleil qui cogne et ma résistance à la soif n’est plus à prouver.

    Raahhhh j’ai quand même très envie !

    Bon tu prépares la corona ?

    Corona la cerbeza de los hombres y mujeres qui tienen cojones ;-)

    ja ja ja ( traduction : onomatopée de hi hi hi ) lollllll :D

    • 23 avril 2016 , 13 h 26 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      ça tombe bien. Soy un hombre que tiene cojones ! Joder !!

    • 23 avril 2016 , 14 h 22 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

      Dis moi quand tu veux tu te débrouilles bien en espagnol, elle était si moche que ça ta prof :)

      Je donne des cours si tu veux ;-)

      Leccion numéro uno, pàgina 1

      coJOnes : Bien faire rouler et glisser la JOTA au fond de ta gorge mdr

  7. 22 avril 2016 , 20 h 16 min - Une ribambelle prend la parole ( permalien )

    Dis-don ça a l’air de déménager ton film !! Carrramba.

    • 23 avril 2016 , 13 h 25 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Caramba ! ça flingue sec. C’est pour ça qu’il faut une Corona !

  8. 4 mai 2016 , 17 h 13 min - dasola prend la parole ( permalien )

    Bonjour le Bison, tu m’as donné envie de voir ce film dont je n’avais pas forcément lu de critique. J’irais certainement ce soir. Merci. Bonne fin d’après-midi.

    • 4 mai 2016 , 22 h 29 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      J’espère que tu auras donc passé une bonne soirée. Tu as prévu le pack de bière pour étancher la soif del desierto ?!

  9. 5 mai 2016 , 18 h 51 min - dasola prend la parole ( permalien )

    Bonjour le Bison, non, je me suis contentée d’une bouteille d’eau. J’ai apprécié le film avec un suspense insoutenable. J’ai regretté que la psychologie du personnage du méchant soit si peu fouillé. On ne sait pas vraiment pourquoi il tue sans état d’âme. Son monologue ne veut rien dire. Bonne fin d’après-midi.

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