Summer [Alanté Kavaïté]

Par le Bison le 11 avril 2016

L’Europe s’ouvre et je pose pour ce qui semble être une première les sabots en terre lituanienne. Un soleil nordique éblouissant, une chaleur pénétrante et deux jeunes filles s’aimant. Sangaïlé passe une nouvelle fois ses vacances avec ses parents dans une villa de bord de lac. Mais à 17 ans, la communication mère-fille n’est pas vraiment à son apogée. Et à 17 ans, le mal-être de l’adolescence est perceptible, n’en témoigne les scarifications sur ses avant-bras faites au compas.

Elle regarde le ciel, ces rayons du soleil qui lui chauffe le cœur solitaire et l’âme en peine. Les avions font des cabrioles dans le ciel, meeting aérien qui doit réunir quelques lituaniens perdus dans cette campagne du bord d’un lac réchauffé par une centrale thermique. Un sourire, celui de Austé, à l’opposé de Sangaïlé. Elle est belle, elle est enjouée, elle est féminine, elle pétille de vie. Ce regard, ces yeux, et l’amour s’ouvre à eux pendant cet été, loin de Vilnius. Loin des coups de poing, proche des coups de cœur.

Une histoire d’amour entre filles, une histoire de passion entre adolescents tout simplement. Un saut dans le vide, cet amour et la découverte du monde adulte. Deux cœurs qui battent et s’ébattent dans les champs lituaniens. Une lumière exposante, à l’image d’une âme éprise d’amour. Presque un coup de cœur pour un film aussi esthétique que sensuel. C’est loin la Lituanie ? Parce qu’à 17 ans, j’aurais bien aimé plonger nu dans ce lac entre une nature resplendissante, des barres d’immeubles à la mode soviétique et une eau surchauffée par le soleil industriel. Et si je faisais un bon dans le temps, 17 ans en arrière, et vivre cette insouciance en Lituanie, entre adolescents. Un petit moment de grâce et de poésie, d’homosexualité aussi.

Et l’affiche même. Elle me plait cette affiche, cette photo pleine de lumière, et de soleil. Où est passée la centrale thermique, effacée par le bonheur de ces deux filles, par la complicité à se rouler dans les champs. Presque envoutante même, totalement charnelle, émouvante aussi, autant poétique qu’hypnotique. Je reprends tous les qualificatifs de la jaquette, mais ils ne sont point galvaudés ni publicité mensongère. J’ai ressenti tous ces sentiments, parce qu’au final, je ne suis qu’un bison sensible…

A découvrir, la chronique tout en pudeur de Cristina, une passionnée des petits oiseaux.

Sans oublier la phrase du jour «L’exotisme n’est pas fait que de ti punch sous les cocotiers. » du cinéphile Eeguab.

« Summer » [2015], un « Girl Meets Girl » lituanien.

Merci à CineTrafic pour cette nouvelle opération DVDtrafic !

Et à Outplay (sortie du DVD le 17 février 2016).

13 commentaires
  1. 11 avril 2016 , 22 h 39 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Mais c’est qu’il a été touché Le_Bison :)
    Je vois que tu as reçu les mêmes émotions que moi. :D

    Un court métrage qui aborde avec beaucoup de simplicité l’adolescence et leurs maux.

    Mon premier film lituanien pour ma part et ce fut une très belle surprise.

    Un très beau billet Bison ;-)

    • 12 avril 2016 , 8 h 54 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Ce fut un très beau film. Touchant et lyrique comme un avion sans ailes. Et surtout très esthétique comme mon petit oiseau à la lumière de l’été :D

    • 12 avril 2016 , 9 h 24 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

      tchii tchuru tchii tchuru tchru tchiru tchii tchii tchuru tchii tchuru tchru tchiru tchii tchii tchuru tchii tchuru tchru tchiru tchii tchii tchuru tchii tchuru tchru tchiru tchii tchii tchuru tchii tchuru tchru tchiru tchii

      ;-)

  2. 12 avril 2016 , 2 h 38 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    « Poétique, hypnotique, charnel, envoûtant »… j’voudrais bien le voir ce beau film! Un Bison sensible a été touché et ça se sent dans le choix de tes mots en mautadine. Un billet délicieux pour un film qui m’a l’air tout en sensualité et découverte de l’amour, l’amour pour soigner les « plaies » et fuir les grands maux de l’adolescence…

    « Loin des coups de poing, proche des coups de cœur »

    Tu diras c’que tu veux, tes billets sont des proses poétiques! Ça doit être l’effet du cocktail couleurs passion de samedi dernier…. :D

    • 12 avril 2016 , 8 h 55 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Les cocktails y sont pour beaucoup dans ma prose et ma « poésie » :D

  3. 12 avril 2016 , 8 h 21 min - Eeguab prend la parole ( permalien )

    Lu et chroniqué en novembre dernier. Aimé aussi. Un peu moins que toi cependant. Ah ce Bison, si sensible sous sa couenne. :D A +.

    • 12 avril 2016 , 8 h 59 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      «L’exotisme n’est pas fait que de ti punch sous les cocotiers. », j’adore !!

  4. 12 avril 2016 , 10 h 14 min - Goran prend la parole ( permalien )

    Je n’ai pas encore vu « Summer », mais il me fait penser au film « My Summer of Love » avec la belle Emily Blunt…

  5. 12 avril 2016 , 20 h 20 min - belette2911 prend la parole ( permalien )

    Deux filles couchées dans les fleurs et il a le pistil qui se redresse… :P Oui, je sors de suite… :lol:

    • 12 avril 2016 , 21 h 59 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Deux filles couchées, forcément que ça émoustille le pistil :D

  6. 14 avril 2016 , 22 h 06 min - manU prend la parole ( permalien )

    Bison Sensible et son pistil fébrile, tout un programme… ;)

    • 14 avril 2016 , 22 h 22 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Le pistil qui frétille surtout à l’approche de l’été et à la vision de tous ces strings qui vont s’afficher devant mes yeux…

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