Le Couvent de la Bête Sacrée [Norifumi Suzuki]

Par le Bison le 27 mars 2016

Le hasard de la programmation de mon ciné-club au canapé couleur taupe a voulu que j’enchaine les films sur les nonnes. Après donc, la version espagnole de l’église catholique façon Buñuel dans « Viridiana », je change de registre tout en conservant le plaisir de la nonne pour voir comment est perçue l’église catholique au Japon. Et le changement est, disons, radical. Là-bas, au pays du soleil levant, point de prêtre pédophile, mais juste un révérend père qui sévit ses vices dans un couvent de nonnes et n’hésite pas à donner de sa sainte semence pour les mettre en cloque. Dieu aie pitié de son âme pour ce film Ôtement blasphématoire mais Ô combien jubilatoire.

Mise en garde de rigueur, j’apprends que ce film appartient à la catégorie (oui, oui, c’est à peine pensable mais il existe une catégorie pour ce genre de films) « nuns sexploitation movie » ; en français « nonnesploitation » ! En résumé, cela signifie que les nonnes ne sont pas loin d’être de pures chaudasses. Du moins vu par l’œil lubrique et fiévreux de son réalisateur Norifumi Suzuki, grand spécialiste de films sur les bandes de filles. Et je vais te dire un secret, ne le souffle pas l’oreille du Seigneur qui pourrais me jeter un blâme à défaut de m’envoyer en Enfer, mais j’ai adoré cette version « légèrement » subversive et sulfureuse de la religion. Je dois par conséquent préciser pour ma défense que Yumi Takugawa est une novice, magnifiquement belle, peut-être même trop pour s’enfermer dans un cloître, mais ce « couvent de la bête sacrée » me donnerait envie de devenir curé et de plonger mon âme derrière ces hauts murs et communier avec l’esprit sain et les seins des nonnes – nonnes qui soit dit en passant ne manquent pas de seins tout en priant leurs saints.

Ce n’est plus tout à fait un film, c’est devenu un objet culte de désir, de passions et de flagellations. Le révérend père fornique, la mère supérieure est lesbienne, les sœurs se flagellent, seins nus bien évidemment, les novices sont données en offrande, nues également. Et pour faire court, j’aime bien cette religion finalement, j’en retrouve ma foi. Elle titille mon sens de la communion et pigmente ma spiritualité d’un soupçon de passion. Parce qu’au final, ce ne sont pas des viols, juste des offrandes au Seigneur, ce n’est pas de la torture, juste le besoin ou devoir de purifier les âmes les moins pures de ce couvent. Hallelujah.

Au-delà d’un simple film, une musique digne d’un film horreur, un érotisme digne d’une bonne série B italienne, ce bijou blasphématoire de la Toei Company garde son côté fascinant par son kitsch sa dérision et son sens accru de la sensualité de ravissantes nonnes qui semblent autant en connaitre sur l’abandon de soi et le désir du péché qu’une geisha le kimono ouvert. Sinon, je ne t’ai pas encore parlé de l’histoire, car dans tout bon film il y a un scénario en béton : cette jeune et ravissante nonne aux seins si tentant, incarnée donc par la belle Yumi, fait ses vœux dans ce couvent sacré avec le secret espoir de découvrir la vérité sur le mystérieux « suicide » de sa mère et sur l’identité de son père. Tu vois, il y a de quoi tenir sérieusement en haleine le spectateur assidu du cinéma asiatique que je suis !

« Le Couvent de la Bête Sacrée » [1974], léchez moi ce sang qui coule sur les seins de cette nonne.

16 commentaires
  1. 28 mars 2016 , 1 h 38 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    Hostie d’câlisse, comment couleur « taupe », il est MARRON ton canapé!!! ^^

    Alors comme ça les bonnes soeurs s’envoient en l’air joliment au Japon! De quoi titiller l’âme vierge (verge?) d’un Bison, ptdrrrrrrrr j’admire ton « sens de la communion », qui pourrait même douter que tu te signerais à genoux, les kimonos ouverts et le majeur en émois…

    Tabarnak l’extrait de vidéo, toute cette torture, pas certaine de survivre à ça! Les flagellations c’est pas trop mon truc, mais j’veux bien croire qu’y en a pour tous les goûts :D

    Je n’doute même pas que la « Bête Sacrée » vaille son 4 étoiles, si un jour j’passe par ce couvent là j’m'y arrêterai pour prier :D
    Ou jouer du majeur……..

    • 28 mars 2016 , 9 h 54 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Un grand film à n’en pas douter. Culte même de St-Sacrament d’bout d’viarge de TABARNAK. Ça fait un bien fou ce genre de film. Et essaie un jour, les flagellations, ça purifie l’âme :D

  2. 28 mars 2016 , 10 h 28 min - Goran prend la parole ( permalien )

    Souvenir souvenir, j’ai vu ce film il y a très longtemps… 4 étoiles méritées !

    • 28 mars 2016 , 11 h 18 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      La cinquième étoile n’est pas loin !

  3. 28 mars 2016 , 11 h 08 min - princecranoir prend la parole ( permalien )

    Tu m’as converti ! Et avec ce sermon, quel vin de messe conseillerais-tu ?

    • 28 mars 2016 , 11 h 20 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Si je peux aider à prêcher les louanges du Seigneur, et à remettre dans le droit chemin les princes égarés…

  4. 28 mars 2016 , 11 h 39 min - Goran prend la parole ( permalien )

    C’est vrai qu’il manque une bouteille sur la photo :-)

    • 28 mars 2016 , 11 h 47 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      le princecranoir étant passé par là, plus une goutte de vin pour la messe.

  5. 28 mars 2016 , 18 h 22 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Moi ce qui ma interpellé dans le lien youtuble c’est l’intro musicale.
    L’Adagio d’Albinoni … wahou ! C’est Puissant.

    Jim Morisson avait fait une reprise. Beaucoup de controverses d’ailleurs sur l’origine de cette musique.
    Il fallait oser pour ce film !

    • 28 mars 2016 , 20 h 20 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Il faut tout oser pour faire un grand film. Un adagio et des nonnes lesbiennes. wahou ! C’est Puissant. C’est Dieu tout Puissant qui délivre son message d’amour à travers ce scénario.

  6. 28 mars 2016 , 21 h 38 min - belette2911 prend la parole ( permalien )

    Un canapé marron ?? Au mois, si tu as très peur, on le sentira mais on le verra pas sur le canapé…

    « sévit ses vices »… faut lui serrer la vis, qu’on lui visse son vit…

    En fait, c’est un film de cul, ton film ?? Nonnes en chaleur…

    • 28 mars 2016 , 22 h 20 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      C’est un film tout ce qu’il y a de plus respectable et de plus spirituel !

  7. 31 mars 2016 , 12 h 47 min - Nio prend la parole ( permalien )

    Bon sang, j’ai toujours voulu le voir ce film.

    Rien que cette phrase : « Là-bas, au pays du soleil levant, point de prêtre pédophile, mais juste un révérend père qui sévit ses vices dans un couvent de nonnes et n’hésite pas à donner de sa sainte semence pour les mettre en cloque. »

    Cela donne furieusement envie. :D

    • 31 mars 2016 , 13 h 23 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Tout donne furieusement envie dans ce film, y compris de se taper une nonne japonaise, à défaut de rouquine carmélite.

  8. 31 mars 2016 , 15 h 57 min - phil prend la parole ( permalien )

    histoire de bonnes sœurs, bonnes mœurs, c’est un grand film qui pourrait paraitre « kitch » mais ne l’est point.
    Faut-il pour autant aimer certaines déviances sexuelles pour l’apprécier? Seul un Bison averti pourra au plus profond de lui-même répondre à cette question, lui qui a fait le parallèle entre les coups de fouet et sa propre jouissance !
    Certes le Bison y trouvera matière à fantasmes et idées lubriques afin d’exprimer tout son art coïtal, mais ce film c’est aussi, comme tout bon film nippon, une belle critique de l asservissement des sujets femmes, du totalitarisme…

    • 31 mars 2016 , 22 h 41 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      plus que l’asservissement féminin, c’est surtout une mise en image du fanatisme religieux (l’empereur n’est pas loin) et du totalitarisme (très présent dans ces années là).

      Oui, je sais, je regarde des films très très sérieux sur le Japon. C’est pour relever le niveau qui règne ici. Sachez que ce n’est pas qu’un vulgaire bistrot de débauche ici, et qu’il faut savoir entre deux pintes communier ses désirs.

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