Viridiana [Luis Buñuel]

Par le Bison le 23 mars 2016

L’exilé mexicain Luis Buñuel revient sur ses terres, après tant d’années d’absence,  et signe le portrait de cette jeune femme, une histoire à la fois touchante et rageante. Une victoire de bien courte durée, puisque le film fut censuré jusqu’à la mort de Franco y perdant même sa nationalité espagnole. Un film devenu apatride parce qu’il parle de faits dérangeants, une fervente et engagée critique de la grande bourgeoisie espagnole et de l’église catholique. Silvia Pinal, Fernando Rey, Francisco Rabal.

Avant de prononcer ses vœux définitifs, la belle et jeune Viridiana, l’image pure de la sainte Vierge, se rend à contrecœur chez son oncle, Don Jaime. Veuf depuis sa nuit de noces, il mène une vie de solitaire dans sa grande bâtisse. La venue de sa nièce va le bouleverser au point d’imaginer sa nièce dans la robe de mariée de sa défunte épouse et de la droguer au GHB avec l’envie ou la sainte intention de l’abuser…

Le lendemain, le drame, l’horreur, la vie… Don Jaime se pend, et la pauvre Viridiana se sent responsable au point de refuser de s’enfermer dans son cloitre. Un oncle au bout d’une corde a de quoi perturber la blanche colombe, si pieuse dans une vie en dehors de la réalité. Dans cette grande demeure désormais libre de locataire, elle invite, les pauvres, les aveugles, les estropiés, les laissés-pour-compte, tous les paumés de ce petit village paumé d’Espagne.

Sa ferveur pour Dieu l’avait certainement rendu aveugle, mais cette nouvelle vie va lui faire retrouver la vue. Et cette vision du monde réel est cruelle. Ces paumés qu’elle tente de protéger sous son aile angevine abuseront de sa gentillesse, faisant ripaille dans ce château, se moquant d’elle et de sa religion, une cène anthologique  sur le Messiah d’Haendel.

« Viridiana » [1961], Santa Viridiana.

18 commentaires
  1. 24 mars 2016 , 7 h 33 min - Eeguab prend la parole ( permalien )

    Un très grand film de Dom Luis, l’un de mes préférés avec Nazarin, L’Ange exterminateur, et quelques autres.

    • 24 mars 2016 , 9 h 30 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Je crois – j’en suis même sûr – que de Dom Luis, je n’avais vu que Belle de Jour.
      Viridiana est un film très fort et très cynique dans la perception de l’âme humaine.

    • 24 mars 2016 , 17 h 35 min - phil prend la parole ( permalien )

      Tout pour te plaire quoi !

    • 24 mars 2016 , 17 h 39 min - phil prend la parole ( permalien )

      “Le cynisme consiste à voir les choses telles qu’elles sont et non telles qu’elles devraient être. ”
      Oscar Wilde

    • 24 mars 2016 , 17 h 41 min - phil prend la parole ( permalien )

      ou Nietzche
      « Le cynisme est la seul forme sous laquelle les âmes basses frisent ce que l’on appelle la sincérité. »

    • 24 mars 2016 , 22 h 00 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Et des âmes basses pleines de sincérité sont nombreuses à entourer la candeur de Viridiana.

  2. 24 mars 2016 , 11 h 10 min - Goran prend la parole ( permalien )

    Ce film semble avoir tout pour me plaire…

    • 24 mars 2016 , 12 h 21 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Surtout Silvia Pinal, la sublime blonde que je n’imaginais pas mexicaine…

  3. 24 mars 2016 , 19 h 30 min - belette2911 prend la parole ( permalien )

    On sent le vieux film qui fleure bon le noir et blanc et qui ferait penser au djeuns que la télé elle est cassée !

    • 24 mars 2016 , 21 h 59 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      J’ai pas réussi à capter la couleur… pourtant j’ai essayé de tourner l’antenne dans le sens du vent, mais rien n’y faisait, seul le blanc et le noir me venait…

  4. 24 mars 2016 , 20 h 50 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    De Buñuel j’ai le souvenir d’avoir vu « Le chien andalou » et « Belle de jour » mais j’ai raté ce chef d’oeuvre, Honte à moi ! Pourtant qu’est ce que j’ai pu voir Fernando Rey sur le petit écran à la maison quand j’étais petite, à croire qu’il faisait parti de la famille …. si si señor !

    A quand un billet sur Carlos Saura ou Almodovar ?
    Le cinéma hispanique te va si bien !

    • 24 mars 2016 , 22 h 02 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Savais-tu que Fernando Rey est un peu le Alain Delon espagnol. Oui, je sais, de prime abord, la ressemblance n’est pas frappante. Il faut croire que les espagnoles aiment de drôles de type…

  5. 25 mars 2016 , 0 h 20 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    Tabarnak, dire que le GHB existait déjà en 1961 pour que d’vieux pervers abusent de leur nièce! Pfffffffff

    Non mais il doit vraiment être bien ce film, de Buñuel je n’ai vu que Belle de jour et Cet obscur objet du désir. Avec Silvia Pinal, Catherine Deneuve, Carole Bouquet, hostie d’câlisse j’en connais un qui aurait d’quoi se faire une partouze de majeurs sur le Messie de Haendel :D

    • 25 mars 2016 , 9 h 57 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      hostie d’câlisse, y’a pas que le majeur qui est titillé par le messie d’Haendel :D

  6. 26 mars 2016 , 8 h 06 min - manU prend la parole ( permalien )

    Jamais vu celui-ci, même le titre ne me disait rien si ce n’est qu’il m’a fait penser à Tristana…

    • 26 mars 2016 , 14 h 22 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      pourtant j’aurais cru que tu t’étais déjà penché sur Silvia Pinal :)

  7. 30 mars 2016 , 20 h 36 min - Une ribambelle prend la parole ( permalien )

    Vu l’enthousiasme et vu ma méconnaissance de Luis, j’ai réservé à la médiathèque ce dvd et Belle de jour.
    Gracias hombre !

    • 30 mars 2016 , 22 h 04 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Non…..
      Ne me dites pas que vous prenez mes conseils au sérieux !!!

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