Food, Inc. [Robert Kenner]

Par le Bison le 18 mai 2011

Cette réalisation de Robert Kenner, en collaboration avec le journaliste d’investigation Eric Schlosser (auteur de « Fast Food Nation ») et Michael Pollan (auteur de « The Omnivores’s dilemna» – Le Dilemme de l’omnivore) a pour but de nous mettre en garde contre la mondialisation et l’industrialisation à outrance de l’alimentation.

Le lieu : les States et leurs supermarchés qui nous font rêver, des étiquettes avec de beaux cow-boys chevauchant des herbages où quelques vaches broutent librement au milieu d’une luxuriante et immense prairie, des étiquettes avec de belles fermes colorées, bottes de foin et poules sauvages. Une Amérique avec ses fameux hamburgers, au bœuf ou au poulet, et ses frites bien grasses. Après tout, je ne suis pas obligé de regarder mon tour de ventre chaque jour, ni de monter sur une balance chaque matin avant mon café noir…

Le rêve est fini, ravaler votre salive… Derrière l’image de ces « produits fermiers », se trouvent cinq grandes sociétés qui à elles seules contrôlent 90% du marché alimentaire américain. Sous la poussée grandissante des fast-foods (Mc Donald en tête), l’industrialisation de l’alimentation fait sa révolution, au détriment du consommateur, de la qualité et surtout des animaux. Comment peut-on imaginer qu’un Big Mac XXL soit vendu moins cher qu’une simple tête de brocoli ? Impensable, pourtant l’Amérique l’a réalisé avec non plus ses fermes mais de véritables usines à viande.

Le sujet n’est pas nouveau mais une piqure de rappel ne fait pas de mal, sauf si cette piqure est composée d’un cocktail antibiotiques-hormones, le nec-plus-ultra des mondanités chez les réunions bovines. Ce reportage n’a pas forcément pour but de vous dégouter de la viande, de vous faire devenir des végétariens convaincus, il a au moins le but avoué de vous faire réfléchir lorsque vous ouvrirez la prochaine fois les portes de votre supermarché. Là où vous pensiez trouver abondance de produits aux étiquettes toujours plus alléchantes, il n’en est au final rien puisque 90 % des rayonnages proviennent des mêmes usines, entreprises et multinationales : les lobbys alimentaires. Et vu que la société actuelle n’a que les mots « rentabilité et croissance », il est difficilement possible de croire en un avenir plus sûr et plus humain de notre alimentation. La France est encore loin d’avoir une telle culture agricole à l’américaine, et nos vaches ont encore de l’herbe verte à brouter, mais déjà cochons et poulets ne voient plus le soleil, et dorment au milieu de leurs propres excréments…

Le bétail reçoit de la nourriture que son organisme ne peut digérer, une nourriture complexe et chimique où se mêlent compléments alimentaires, antibiotiques à donf (vue la promiscuité des bêtes, cela semble normal, ah…), hormones de croissances pour un développement ultra-rapide en dépit du bien–être et de la bête. Cela a pour conséquences de créer de nouvelles souches virales comme le virus E. Coli (Escherichia coli) qui contamine chaque année plusieurs dizaines de milliers d’américains. Et à cause de la prolifération des aliments traités dérivant du maïs les Américains font désormais face à des niveaux épidémiques de malade du diabète parmi les adultes ainsi qu’à une augmentation alarmante de l’obésité, en particulier chez les enfants. En fait, je pense qu’il faut juste attendre  simplement une épidémie terriblement mortelle et foudroyante (chez la population américaine, bien entendue) pour revenir à un mode culture plus en dépit du bon sens… Juste attendre et presque le souhaiter parce que je ne suis guère optimiste sur ce sujet et ne crois pas ou peu en l’avenir sans une catastrophe d’ampleur majeure. Le film se termine quand même sur un léger optimiste (même si j’ai du mal à m’en persuader) avec un vrai fermier américain qui tente de revenir aux vraies valeurs du cow-boy. Imaginez donc : ses vaches se nourrissent d’herbe et il parle même à ses cochons… Sans blague, ça existe encore !

En attendant, Food, Inc. montre l’unique moyen de s’en sortir : devenir responsable dans ses achats alimentaires. Responsables et éco-citoyens pour notre bien et notre santé, celui des animaux et de la Terre, pour nos enfants.

Imaginez « Un monde où élever des vaches au pré serait un acte de résistance. Où l’on tuerait, dans un abattoir gargantuesque, 30.000 porcs par jour. Où il serait plus difficile d’obtenir le droit de visiter une usine de steaks qu’une centrale atomique. Où se faire servir un hamburger coûterait moins cher qu’acheter une pomme. Où les poulets, élevés dans le noir et engraissés trop vite, ne pourraient plus tenir sur leurs pattes. Un monde où la nourriture rendrait malade et où il serait impossible de savoir de quoi elle est faite. Ce monde, c’est celui que les chaînes de fast-food et, derrière elles, les industriels de l’agroalimentaire ont façonné. [...] » à suivre les séquences en streaming sur Mili-terre. Après ce film, vous ne regarderez plus votre assiette de la même manière

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Un commentaire
  1. 30 mai 2011 , 22 h 21 min - le Bison prend la parole ( permalien )

    Voilà, le jour est arrivé. Tristement mais inévitablement. Lorsque j’ai vu ce Food, Inc., une petite voix intérieure s’est interrogée et m’a demandé :

    « Dis-donc, le Bison… A ton avis, il faudra combien de temps avant qu’une épidémie E.Coli vienne sévir dans notre contrée pas vraiment sauvage »

    Bien évidemment, je n’avais pas la réponse… Mais je ne me faisais guère d’illusions ; je sentais, je savais que cela allait venir… J’espérais le plus tard possible, je me disais même que l’Europe avait généralement 10 ou 15 ans de retard sur les States… Finalement, E. Coli est encore plus rapide et plus vigoureuse que mes plates statistiques…

    Le monde est triste, manger aurait dû rester un plaisir, mais finalement quand le Bison regarde son herbe à bisons, il se dit qu’au final cela pourrait devenir son poison au quotidien

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