Complicated Game [James McMurtry]

Par le Bison le 2 février 2016

Catégorie : 4 étoiles, Country & Lo-Fi

J’aurais pu commencer par te parler de Larry McMurtry, écrivain qui fait les beaux jours des éditions Gallmeister notamment avec ses romans « Lonesome Dove » ou « La Dernière Séance ». J’aurais pu effectivement, sauf que ce soir je n’ai pas envie de lire, d’autant plus que je ne connais pas encore l’auteur. Non, ce soir, j’ai chaussé mes santiags, suis monté dans mon vieux pick-up et direction le Texas, sa poussière et son Americana, à la rencontre du fiston, James.

Les journées à Lonesome Dove étaient embrumées par la chaleur et d’une sécheresse de craie que le whiskey atténuait partiellement. L’alcool répandait en Augustus une agréable sensation de brouillard mouillé, aussi fraîche et brumeuse que l’aube sur les collines du Tennessee.

Lonesome Dove – Larry McMurtry.

Je roule, des heures durant, la fenêtre ouverte, pas de clim’, le vent chaud s’engouffre, la poussière me pique les yeux. Les miles défilent comme autant de courant d’air dans ma vie. Une route droite, sans grand intérêt, comme mes moments de vie. La fatigue, le soleil qui se couche, un dinner au bord de la highway. Quelques Harley garées devant et beaucoup de vieux pick-up amassés sur le parking, le lieu de rendez-vous des bouseux à 50 miles à la ronde. Les chapeaux texans volent et s’époussettent, tant la poussière semble s’incruster comme un morpion sur la chatte d’une serveuse.

Pour appréhender les lieux, je file toujours au comptoir. Je commande une bière à la bar-woman. Légèrement fraîche, partiellement amère. La bière pas la serveuse qui me sert. Putain, elle a un regard. Tu as vu son putain de regard quand tu la fixes droit devant. Boum que ça fait. Un regard qui explose, comme deux grosses bombes larguées dans un ranch du Texas. De-là à lui demander de faire un bras de fer avec moi. Je regarde la salle, des jeunes qui se la jouent près du billard, des vieux au fin fond dans la pénombre pour ne plus compter combien de verres ils ont devant eux. Un vieux type, entre quadra et quinqua, le rye du Texas abime les âges, petites lunettes rondes, barbichette grise, santiags poussiéreuses grattent une vieille guitare folk, entre Dylan et Springsteen. James McMurtry, qui n’en est pas à son premier album, joue ses airs tristes et folks, un peu néo country un peu trop propre, mais presque idéale pour descendre quelques pintes de bières.

A propos la serveuse, je revois encore son sourire. Putain, je me la taperai bien avec son sourire. Et son cul sous ce short en jean. Je crois que j’pourrais en tomber amoureux. J’suis comme ça, moi, avec un verre de bière, un sourire qui éclaire ses mensurations et l’esprit americana.

« Complicated Game » [2015], pour le sourire de la serveuse.

13 commentaires
  1. 3 février 2016 , 0 h 22 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    Tabarnak, tout un duo de McMurtry! Bien vu pour le parallèle entre les deux. Celui de Lonesome Dove me titille grave, il me faut absolument le lire, ne serait-ce que pour le Montana et les Bisons qui broutent dans les grandes étendues sauvages.

    L’autre McMurtry j’le découvre avec ton « How’m I Gonna Find You Now », c’est vrai que l’air est assez triste et « plat », on peut pas en dire autant de la bar-woman, hostie d’câlisse elle est équipée pour veiller tard celle-là! M’étonnerait que tu la r’gardes juste dans les yeux mais en tout cas, fais quand même attention aux morpions, ça s’reproduit vite ces p’tites bibittes là! :D

    • 3 février 2016 , 9 h 22 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      équipée pour veiller tard…
      C’est exactement que le qualificatif que je lui cherchais !

    • 3 février 2016 , 13 h 10 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

      C’est vrai que l’on ne peut lutter contre un tel équipement !

    • 3 février 2016 , 13 h 26 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      un joli regard et un joli sourire…

  2. 3 février 2016 , 8 h 45 min - Eeguab prend la parole ( permalien )

    Plaisir matinal que d’entendre James McMurtry après avoir roulé des miles en ta compagnie. Allez on s’en jette une et on y va. Merci l’ami.

    • 3 février 2016 , 9 h 24 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Je ne refuse jamais un verre, plaisir matinal pour bien démarrer la journée.

  3. 3 février 2016 , 18 h 23 min - Léa Touch Book prend la parole ( permalien )

    Je connaissais Larry mais pas son fils, merci pour cette belle découverte musicale, c’est tout à fait mon genre en plus :) !!

    • 3 février 2016 , 21 h 53 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Je connais pas le père, mais un jour cela viendra et je sais déjà qu’il est aussi tout à fait mon genre :) !!

  4. 3 février 2016 , 21 h 23 min - belette2911 prend la parole ( permalien )

    J’ai lu James et j’ai pensé à Larry… faut que je me fasse le Larry, moi !! ;)

    • 3 février 2016 , 21 h 54 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Si tu aimes les vieux, tu te fais qui tu veux ! Mais je te comprends tout le monde pense à Larry avant… a part peut-être les vieux folkeux du Texas…

  5. 4 février 2016 , 17 h 52 min - phil prend la parole ( permalien )

    j’ai plus été accaparé par cette femme de comptoir qui en a gros sur le coeur que par la zik

    • 4 février 2016 , 22 h 11 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Un cœur si gros que cela transperce le notre d’une grande émotion et qui nous donne envie de la prendre dans les bras pour la consoler.

    • 5 février 2016 , 0 h 43 min - Nadine prend la parole ( permalien )

      « gros sur le coeur » mdrrrrrrrr :D

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