Mr. Hands [Herbie Hancock]

Par le Bison le 28 janvier 2016

Catégorie : 4 étoiles, Jazz & Silence

Cinq années après l’excellent « Man Child » se sont écoulées. Je retourne à San Francisco, berceau du jazz Funk à la mode Herbie et au groove Hancock. Entre-temps d’autres albums ou méfaits – appelle-les comme tu veux, « Secret » par exemple est loin de faire l’unanimité. Comme en 1975, le gourou du clavier s’entoure de grosses pointures. Alphonse Mouzon et Tony Williams sont à la batterie. Ron Carter et Jaco Pastorius se partagent la basse. Rien que ça ! Tout de suite, j’acquiers toute ton attention, toi aux yeux qui pétillent dès que les bassistes entrent en scène.

L’ambiance tourne le dos aux années 70, les sonorités sont toujours aussi colorées, les pantalons peut-être un peu moins éléphantesques. Je sais je fais mon grincheux mais j’aimais bien ces frusques qui se perdirent dans les années 80 comme un peu la musique. Alors, je ne comparerais pas les différents albums d’Herbie à des époques si différentes. Le gars continue d’explorer sa musique, toujours plus teintée d’électronique, gardant un esprit pour l’essentiel groove et funky. L’accent est mis sur ses mains, sa dextérité à enchainer les rythmes et à inventer sa musique loin des conventions originelles du jazz. Il s’en éloigne terriblement le bougre, mais sa musique marque son époque, et ma foi, ses années 80, j’y étais en plein dedans.

« Spiraling Prism » débute l’album en douceur, la basse à l’honneur. D’une profonde mélancolie où je m’assois à la terrasse d’un café et je regarde dans le ciel le vol des flamants roses, sur terre le défilé de shorts moulants montés sur des patins à roulettes.

« Calypso » amène mélodieusement mon esprit à ramer jusqu’aux Antilles. Je me retrouve sur une plage de sable fin à siroter un cocktail dans une noix de coco. De jeunes naïades aux jambes caramélisées font danser leur string devant moi. Quel honneur de suivre des yeux ce si tentant mouvement des hanches.

Je tourne « Just around the Corner », mouvement funky qui me plonge de nouveau sur le bitume de Cisco. J’arpente les rues, la vague à l’âme, comme les putes sur les trottoirs malfamés. Elles bougent leurs culs, je joue de la tête. Elles se déhanchent au rythme des clients, moi à celui de mon AKG K240. Le torticolis me guette, la faute à la musique groovy et à la basse intenable.

« 4 AM », un peu parti un peu naze, je sors de la boite de jazz, histoire de reprendre le cours de ma vie. L’air vivifiant, la brise qui me soulève, la brume qui m’enveloppe encore. Au loin les premières lueurs du jour perce le noir du ciel. Je chaloupe un pied dans le caniveau l’autre sur le trottoir en quête d’équilibre, mouvement nostalgique, l’esprit encore plus embrumé que la baie de San Francisco. Une putain m’accoste, me propose avec son accent hispanique una felación. Mon âme s’enfonce encore plus loin dans la mélancolie et sa chaleur matinale qui m’enivre de ses embruns parfumés.

Avant de me retrouver au mieux avec cette putain mexicaine, je poursuis ma route, ouvre le journal de la veille s’envolant d’une poubelle, résultats sportifs sans intérêt, je m’attarde sur le bulletin météo, une référence au batteur de Weather Report, beau temps sur ma vie propice aux rencontres chaudes et épicées. Un sourire de la putain aux jambes caramélisées sur le rythme endiablé de « Shiftless Shuffle », esprit presque rock’n rollesque et profusion de cymbales comme autant de coups de reins, sauvages et funkys.

Le disque touche à son terme. Les flamands roses s’envolent vers de nouveaux horizons et finalement, je me surprends même à aimer cet album après plusieurs écoutes successives, le temps de te parler de ce disque de Herbie Hancock. Mais, ne manqueras-tu pas de me dire, que vient faire une pute mexicaine sur ce disque, « Mr. Hands ». Moi-même, je ne sais pas ou, du moins,  je feins d’ignorer la réponse. Pourquoi hante-t-elle mon esprit, son sourire et ses jambes caramélisées si fortement qu’elle m’apparait insidieusement entre les paragraphes de ma chronique et les interstices de mes pensées pornographiques ?

« Mr. Hands » [1980], mes mains sur une putain hispanique et des flamants roses.

7 commentaires
  1. 29 janvier 2016 , 1 h 37 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    J’en ai écouté quelques-unes, j’ai tabarnaquement aimé le vol des flamands roses de Spiraling Prism. Mais ma favorite est Calypso, wow!!! Le Herbie Handcock se déchaîne grave au piano à s’en faire une tendinite de majeurs, quel doigté un pro! ^^

    Après je me verrais bien aussi dans les Antilles à siroter un mojito les deux pieds dans le sable devant un coucher de soleil. Mais j’te laisse tes naïades aux jambes caramélisées, pour moi ce sera un Adonis caramel en string léopard tout juste sorti de l’eau, mais chacun ses goûts……. :D

    • 29 janvier 2016 , 19 h 59 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Le string léopard est passé de mode depuis les années 80, faut te mettre au gout du jour où sortir de temps en temps de ton igloo !

      Laisse tomber aussi le Calypso, il va faire fondre cet igloo et réchauffer ta bière…

    • 29 janvier 2016 , 23 h 36 min - Nadine prend la parole ( permalien )

      J’préfère de loin le string en peau de grizzly, une mode grand Nord qui ne se perdra jamais, avec l’avantage de garder ma bière au frais… :D

  2. 30 janvier 2016 , 22 h 11 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Excellent ce groove, ce funk et cette basse Joderrrrr mama miaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa que bueno !

    Je ne savais pas que Pastorius avait joué avec Herbie.
    Sur le lien que tu nous offres Pastorius je ne le vois pas,
    Il n’en reste pas moins Excellent extrait d’anthologie.

    Merci pour cette balade juste au coin de la rue ;-)

    Herbie est bien vivant Dieu Merci :D

  3. 4 février 2016 , 17 h 55 min - phil prend la parole ( permalien )

    ca groove en pates d’eph dans ma tete lol

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