De Passage [Paco Ignacio Taibo II]

Par le Bison le 26 janvier 2016

Tu l’as vu ?

Qui ?

San Vicente ! Il est de passage.

De passage où ?

Au Mexique.

Et qu’est-ce que ce gars de Giron irait faire si loin de son port d’attache ?

« Il discutait autour d’une bouteille de rhum havanero extradry placée sur une table de nuit au milieu du salon désert. »

L’envie de me servir un verre, avant d’aller plus loin. Sentir ce goût sucré sur les lèvres et cette chaleur mexicaine m’envahir. Et puis San Vicente de passage mérite bien que l’on ouvre une de ces bouteilles avant qu’elles ne prennent trop la poussière de cactus. San Vicente, un gamin, tout juste sorti des mamelles portuaires, débarque en 1921 au Mexique. Un regard, pas plus, lui fait comprendre qu’il a un rôle à jouer. Celui d’organiser la rébellion ouvrière.

« Moi je suis anarchiste syndicaliste. Tu ne t’en étais pas rendu compte depuis le temps qu’on se fréquente ? Moi j’aime le chorizo et je suis végétarien, comme toute la classe ouvrière espagnole, dit San Vicente, moitié sérieusement, moitié pour rire. »

Pendant 3 années, Paco Ignacio Taibo II suit sa trace, réinvente son histoire, la rend plus romanesque, comme un mélange de fiction et de réalité, comme un mélange de rhum et de coca. Ah non, le Cuba libre c’est l’île à côté. D’ailleurs, San Vicente n’y aurait pas déjà fait escale. C’est d’ailleurs ce que semble penser le FBI d’Edgar J. Hoover.

Pendant 3 années, San Vicente sera à la tête des paysans exploités par les haciendas. A la tête d’ouvriers exploités par le grand patronat. A la tête des putes exploitées par les maquereaux. Et pour San Vicente tous les moyens sont bons pour se faire entendre, un radical du syndicalisme.

« Si un ouvrier produit par jour trois mille grosses vis avec contre-écrou et que le coût total des matières premières qu’il a utilisées est de 60 pesos, et que l’usure des machines est évaluée à 6 pesos, et les dépenses d’installation, d’énergie, etc, sont de 11 pesos, et que le patron les vends 130 pesos, alors le patron est un salaud en long, en large et en détail. »

Et pourquoi, est-ce que tu aurais envie de suivre le grand San Vicente, ce saint cégétiste de la grande et noble cause. Parce ce qu’au fond de toi, tu sais que le patron est un enfoiré pour rester poli, parce que le premier mot qui me vient serait… gilipollas ! San Vicente a été expulsé mais il est revenu, il a cette cause dans son sang. Certains diraient qu’il est utopique mais pour PIT II, c’est un héros et sa pseudo-biographie romanesque montre l’importance qu’il lui porte à ses yeux, tous deux originaires d’un même pays, Giron.

Quant à moi, je ne vais pas m’apitoyer sur mon sort, surtout au milieu de ma bouteille de mezcal qui est déjà à moitié vide. Un autre roman mexicain, et me voilà obligé de bouffer le ver à l’intérieur. Et dire que certains y mettent un scorpion…

« J’ai commencé à prendre des notes sur un bloc jaunâtre, et après être parvenu à remplir une page, je suis allé me coucher non sans avoir soigné au mezcal mes peines physiques et existentielles. »

« De Passage », la révolution entre deux bouteilles de mezcal.

6 commentaires
  1. 27 janvier 2016 , 21 h 20 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    « Gilipollas » Ptdr….

    Mazette où es tu aller cette insulte plus vieille que le monde… trop drôle… La prononciation de ce mot part du fond de la gorge et quand tu es très en colère, le prononcer, fait un bien fou ! Moi quand je suis en colère tous les noms d’oiseaux sortent en espagnols c’est plus jouissif :D

    3 étoiles seulement … un petit bémol … bon ben sers moi « Un Cuba Libre limon » alors je le préfère à ton Mezcal avec ce gros vers dégoûtant.

    • 27 janvier 2016 , 21 h 56 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Et je suis sûr que n’importe quelle insulte espagnole sortie du fond de ta gorge me mènerait dans un état proche de la jouissance…

      Je me suis toujours demandé s’il fallait mangé le ver… Le croquer ou l’avaler directement…

      Gilipollas, c’est joli, non ? On dirait le nom d’un papillon…

  2. 28 janvier 2016 , 0 h 24 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    Arkkkkk!!!! Tabarnak!!! J’ai bouffé une fois le ver au fond d’une bouteille de mezcal, s’aurait été apparemment impoli de refuser cette « offrande » chez mes hôtes! Pfffffffff Biarkkk j’ai encore le goût coincé au fond d’la gorge!

    L’avantage avec le ver c’est qu’on l’avale tout rond, le scorpion lui il faut l’croquer… hostie d’câlisse………………… :D

    • 28 janvier 2016 , 11 h 33 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      J’ai pas encore osé… D’un autre coté, c’est ma première bouteille de mezcal… Après, est-ce que j’oserai bouffé le ver… ?
      Par contre, je suis partisan de le croquer, j’aurais trop peur qu’il reste coincé dans le gosier :)

  3. 28 janvier 2016 , 13 h 50 min - manU prend la parole ( permalien )

    Un bon gros ver le matin au réveil, j’adore !! :D

    • 28 janvier 2016 , 15 h 03 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Tu te lèves bien tard… à l’heure de la sieste…

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