Credo [Hélène Grimaud]

Par le Bison le 6 février 2016

C’est toujours avec un certain frémissement que j’entame l’écoute de ce disque. Ce premier morceau de John Corigliano me plonge dans des états impensables où je décline toute responsabilité sur ma libido. Avec Arvo Pärt, la belle Hélène joue dans le contemporain entre une sonate et une fantaisie de Beethoven.

D’une douceur farouche, les notes espiègles s’envolent, légères et profondément intimes. Entends-tu le souffle de mon cœur battre tant cette musique est douce. Hélène frôle les touches blanches et noires de son piano, elle a un tel pouvoir sur moi, une telle emprise qu’il m’est presque impossible de rester dans la réalité de notre triste monde quand je l’écoute jouer de son majeur et de son index. Enfin, elle doit avoir plus de souplesse et de doigté que moi, jouant de ses cinq doigts quand moi je me contente d’un majeur à qui veut bien le sucer avant d’être attaqué par l’arthrose.

Ne me demande pas de te raconter ce disque, mon esprit ne tient pas le rythme et la fougue de cette jeunesse aixoise, de son soleil et de son sourire qui m’envahissent de leur chaleur. Tant d’émotions qui passent à travers un piano, un soleil ou un sourire. Ah, un piano, un sourire ou un soleil et mourir à Venise. Pourquoi Venise ? Et pourquoi pas, d’ailleurs. Et pourquoi pas ailleurs. Le piano est si beau, le sourire des brunes aussi.

Et lorsque les chœurs de l’orchestre symphonique de Suède entonnent le Credo de Pärt, c’est tout mon cœur qui part en vrille. Il fait BOUM, il fait BING, il rebondit dans sa cage, il s’emballe prêt à être déballé tel un ruban de soie que l’on tirerait délicatement pour dévoiler l’objet de ses désirs, le cœur d’une brune souriante à demi nue.

« Credo » [2003], les notes s’envolent, le majeur s’enfouit.

8 commentaires
  1. 7 février 2016 , 16 h 33 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Cela n’engage que moi, mais en ce qui me concerne Hélène fut celle qui a dépoussiérée la musique classique. Elle s’approprie les plus grands morceaux de Maître et en fait sien.

    Hélène et son piano ne font plus qu’un. la musique passe par son corps et on a l’impression qu’elle fait l’Amour avec son piano. Elle est majestueuse. C’est grâce à elle que je suis allée vers la musique classique et que je découvre les merveilles que nous ont laissé ces grands compositeurs.

    C’est jouissif ! Merci !

    • 7 février 2016 , 20 h 02 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Cela n’engage que moi, mais je me suis intéressé à la musique classique avec Hélène Grimaud. Faut bien un début, elle m’a dépucelé en la matière.

      on a l’impression qu’elle fait l’Amour avec son piano.

      C’est justement pour cette raison que je n’ai pas de piano chez moi. Qui veut alors faire l’amour avec moi ?

  2. 7 février 2016 , 16 h 46 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    Elle donnait deux représentations à Montréal l’an dernier et je l’ai manqué, quel dommage. Cette belle Hélène est vraiment sublime à tous les niveaux, mystique et enivrante! Les morceaux que tu nous présentes sont magnifiques. Tu parles d’intimité et c’est tout à fait ce que je ressens à son écoute, les notes s’envolent de ses majeurs (et autres) pour atteindre notre âme avec tellement d’intimité…

    « je me contente d’un majeur à qui veut bien le sucer avant d’être attaqué par l’arthrose » PTDR

    Un grand 5 étoiles…

    • 7 février 2016 , 20 h 02 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Atteindre l’âme par le majeur, c’est une belle conclusion…

  3. 8 février 2016 , 14 h 14 min - Alex-Mot-à-Mots prend la parole ( permalien )

    Merci pour la découverte.

    • 8 février 2016 , 22 h 11 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Pour une fois qu’il y a du classique ici. C’est plutôt rare sur ces ondes, alors faut en profiter :)

  4. 11 février 2016 , 9 h 50 min - phil prend la parole ( permalien )

    Hummmm la belle Hélène
    Elle est plus qu’une pianiste, c’est une humaniste qu’on aimerait bien enlever

    • 11 février 2016 , 15 h 50 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      tu voulais dire bien sauter ! et quand j’imagine son jeu de doigt, les frissons que ça me procure… Musicalement parlant, bien sur !

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