In Between [Erik Truffaz]

Par le Bison le 8 janvier 2016

Catégorie : 4 étoiles, Jazz & Silence

La trompette aérienne, comme emportée par le vent au bord de mer. J’entends le bruit du ressac, et celui du vent qui souffle et s’engouffre dans mon caban. Prêt à m’envoler moi aussi avec Sophie Hunger au septième ciel ou au paradis. Presque divine, totalement céleste, une lumière qui illumine ma journée. Une bouffée d’oxygène et de fraicheur que ce premier titre, « the secret of the dead sea » me propose et une invitation aux voyages. Quand l’onirisme m’emporte je m’évade vers les frontières  de l’orient.

Vient alors la voix de Sophie Hunger, retour sur terre, dans les Alpes Suisses. Un trip garanti, celui de m’allonger nu dans un champ d’edelweiss et de rouler jusqu’en bas de la colline, sous la chaleur et le soleil de la montagne. Le corps devient brûlant, il faut que je plonge dans le lac glacé me rafraichir les idées. Sophie qui me suit, nue bien évidemment. C’est le pouvoir de la trompette à Truffaz, celui de laisser guider l’imagination vers ses délires les plus langoureux. J’aime sa langueur justement, comme une sorte de nonchalance bandante, qui me bouscule à chaque écoute.

Et je me souviens, quelques mois après la sortie de cet album, d’avoir été voir le quartet d’Erik Truffaz dans une petite salle de province, perdue entre les vaches et les limousines. Un grand moment où le live se faisait plus funk, plus rythmé plus endiablé. Erik gardait son stoïcisme, mais ses acolytes aux claviers, Benoît Corboz, fou furieux du Fender Rhodes, Marc Erbetta aux cymbales et à la grosse caisse et Marcello Giuliani à la basse funky, faisaient le show, ambiance swing et groovy à souhait, me donnant même l’envie d’aller m’acheter une bière pour étancher cette soif de plaisir. D’ailleurs, je vois que le quartet retrouve leur place dans cette salle du Sans-Réserve, avis aux limousines du coin le 06 février…

Retour au ranch, dans la poussière, toujours la même soif, toujours la même langueur des années après. Je me souviens de ma première trompette au comté du Jura, celle de The Walk of the Giant Turtle. La nostalgie d’un retour en arrière dans une salle improbable avec une centaine de personnes, la trompette hurlante, la trompette caressante, la trompette sauvage et douce à la fois, à mon image – viens donc souffler dans ma trompette. Un plaisir musical qui ne s’estompe pas avec le temps, ni même l’envie de l’écouter, encore, entre deux autres albums de l’helvète, esthète des notes aériennes.

« In Between » [2010], this is my freedom, this is my voice.

12 commentaires
  1. 9 janvier 2016 , 10 h 45 min - manU prend la parole ( permalien )

    Merci pour cette pause musicale en ce samedi matin… Après une dure semaine, ça m’a fait un bien fou !

    Bon après, t’imaginer « nu dans un champ d’edelweiss », c’est une autre histoire… ;)

    :D

    • 9 janvier 2016 , 12 h 41 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      De toute façon, je ne t’autorise pas à m’imaginer nu ! Il faut porter des strings en dentelle pour se le permettre !

    • 9 janvier 2016 , 17 h 57 min - phil prend la parole ( permalien )

      et trouver un champ d’edelweiss c’est déjà un sacré challenge !
      Même dans les Alpes suisse !!!

  2. 9 janvier 2016 , 15 h 28 min - Goran prend la parole ( permalien )

    Je ne connaissais pas du tout, mais après avoir écouté quelques extraits cela me fait penser à Kristin Asbjørnsen et son album factotum qui a servi comme bande originale pour le film du même nom et qui est comme tu le sais sans doute une adaptation d’un roman de Bukowski.

  3. 9 janvier 2016 , 16 h 50 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    Quand c’est pas sur le bord d’une rivière ou dans six pieds de neige un Bison s’allonge nu la bizoune à l’air dans un champ d’edelweiss en attendant qu’une Heidi des montagnes vienne souffler dans sa trompette…
    Eh ben, tout un voyage en effet!!! :D

    J’ai écouté et c’est vraiment MAGNIFIQUE. Tu dois garder un souvenir impérissable de ce soir-là dans la p’tite salle de province…

    • 9 janvier 2016 , 18 h 04 min - phil prend la parole ( permalien )

      Ne pas confondre la bizoune à l’air avec la binouze à l’air !!!

      C’est un bel univers onirique qui va bien avec la pluie qui tombe.

    • 9 janvier 2016 , 22 h 37 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Bizoune et binouze, c’est tout mon onirisme :

  4. 9 janvier 2016 , 18 h 41 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Un très bel album et je suis jalouse ! Tu as du passé un moment inoubliable à ce concert… Il y avait Sophie aussi à cette soirée ?

    Let me go… let me go … let me go…

    Merci pour cette invitation aux voyages… très planant… un moment de pur bonheur

    • 9 janvier 2016 , 22 h 40 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Sophie n’était point là. La salle manquait de classe :) .
      Je pense qu’elle avait sa propre tournée et par conséquent mieux à faire que de venir au milieu des bouses des limousines chanter une ou deux chansons du trompettiste.

      Très planant… Effectivement. A moins que tu n’ais bu ?

  5. 9 janvier 2016 , 19 h 18 min - Eeguab prend la parole ( permalien )

    Trompette chouette et la dame a une voix superbe. Je ne connaissais que de nom. C’est rudement bien.C’est mieux encore. Merci.

    • 9 janvier 2016 , 22 h 41 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      J’y reviendrais de nouveau te parler du trompettiste. J’ai encore plus d’une galette à proposer. Sans Sophie Hunger, mais avec d’autres voix tout aussi émouvantes.

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