Les Assassins [R.J. Ellory]

Par le Bison le 21 janvier 2016

Catégorie : 4 étoiles, Europe

« La vérité, c’est qu’il y a quelque chose comme 18000 meurtres commis chaque année aux Etats unis. Ce qui nous fait 1500 par mois, soit environ 400 par semaine, 57 par jour, 1 tous les 25 minutes et demi. Et seuls 200 par an sont l’œuvre de tueurs en série… »

Et si on se faisait un p’tit polar, histoire de frémir sous la couette et de te sentir m’envelopper de toute ta chaleur, tremblante de peur et de désir pour mon corps en pleine lecture noire ?

Bing. Tu as entendu ce bruit dans la cuisine ? Laisse-moi finir ce chapitre, cela devient intéressant, il y a le Marteau de Dieu qui va encore frapper, le sang va encore gicler de partout. Bing. Ne m’en dis pas plus, tu vas me foutre les jetons, je ne pourrai plus m’endormir et si je ne dors pas, j’aurais envie de te faire l’amour… Tu sais combien de litres de sang peuvent gicler dans une cuisine si tu te fais atomiser le crane par un marteau en acier inoxydable ? Et si tu allais me chercher une bière à la cuisine ? Ah non, j’ai eu les jambes coupées dès que mon esprit a vu cette image d’hémoglobine coulant et dégoulinant sur mon cou, sur mes seins, entre mes cuisses… Arrêtes tu m’excites grave là. Les jambes coupées ? Tiens je me demande s’il y a un tueur à la scie. Il doit bien exister un tel assassin ? La scie de Dieu, ce patronyme fait de toi un tueur mythique, au même titre que Ted Bundy ou le fameux Zodiac. Je vais t’en donner moi des assassins, des bons serial-killers américains comme dans les séries américaines

« - Vous avez entendu parler d’un type nommé Kenneth McDuff ?

- Pas du tout.

- Exécuté en novembre 1998 pour avoir commis un triple homicide en août 1966…

- Le 6 août, non ?

- Pile-poil. Le 6 août. Un triple assassinat. Deux jeunes retrouvés dans le coffre d’une voiture. Une fille retrouvée à un kilomètre ou deux de là, étouffée par un manche à balai. Il avait un complice, un demeuré qui s’appelait Roy Green. McDuff était un animal sans âme. Vous savez ce qu’il avait dit à Green ?

Irving fit non de la tête.

- Tuer une femme, c’est comme tuer un poulet. Dans les deux cas, ça couine. »

Tu en connais beaucoup, toi, des tueurs en série dignes de ce nom. Des vrais sanguinaires qui arrachent la vie comme d’autres les pétales de marguerites. John Costello est un vrai spécialiste. Il les connaît tous, la date de chaque meurtre, le modus operandi, les appelle même par leur pseudo journalistique pour faire frémir la lectrice compulsive. Une véritable encyclopédie, il est incollable sur le sujet, question rose, jaune ou verte, faite tourner la roue, le champion des champions, j’ai nommé John Costello.

Costello, un type louche, moi je te le dis, qu’il s’appellerait Elvis que ça me fouterait presque autant les jetons. Je me méfie des gars qui s’appellent John, c’est pas un prénom ça, tout juste bon à définir un inconnu, futur victime John Doe, ou futur assassin John the Killer. Brrrr… Dis babe, tu peux sortir les poubelles ce soir… Il y a un tueur en série qui rôde dans le quartier… Je passe mon tour pour ce soir.

« Pourquoi les gens aiment et haïssent, tuent, mentent, souffrent, saignent, pourquoi ils se trahissent les uns les autres, pourquoi les uns volent les maris, les femmes et les enfants des autres. »

L’enquête dure en longueur, sur plusieurs centaines de pages. De quoi rester cloîtrer au chaud nu sous sa couette pendant des heures. Des heures à frémir, ou à se servir un verre. Des jours d’attente, des semaines, même. Dans combien de mois le tueur sortira à nouveau de sa tanière ? Et si j’appelai la fine équipe, le Dr Spencer, la blonde Penelope et le beau gosse Derek. A eux trois, plus le chef, ils trouveraient la solution en moins de 45 minutes chrono pubs comprises ; parce que l’heure tourne, la pendule ne s’arrête pas, et la prochaine victime tombera certainement, peut-être même avant que tu finisses de me lire, avec cette question lancinante : un marteau, un hachoir, une tête décapitée. Tiens, tu te souviens de cet épisode d’Esprits Criminels où le type découpe les jambes des uns pour les recoudre sur les jambes des autres. Une drôle expérience faite par amour. Eh bien R.J. Ellory c’est comme un épisode d’une série américaine mais en parfaitement crédible – puisque tous les tueurs mentionnés ont existé – et qui tient la longueur comme un tueur sur la route de sa machiavélique aspiration.

Et Léa qui non ne dort pas… ZZZZZZZZZZZ… en écoutant Dave Brubeck et Charlie Mingus.

« Nietzsche disait que quiconque se battait contre des monstres devait prendre garde à ne pas en devenir un lui-même. Il disait que celui qui scrutait trop longtemps l’abîme était aussi scruté par l’abîme. »

« Les Assassins » et l’abîme de l’âme humaine.

Merci donc au site PriceMinister,

et aux Éditions Sonatine

pour ce partage et cette confiance envers un Bison ravi de participer aux matchs de la rentrée littéraire 2015.

27 commentaires
  1. 22 janvier 2016 , 2 h 50 min - Marie-Claude prend la parole ( permalien )

    Je me confesse: je n’ai jamais lu Ellory. Généralement, lorsque tout le monde s’arrache un bouquin, je passe mon chemin. Mais après la lecture de ton billet tentateur, j’ai soudain envie de me raviser… Tu m’en conseilles un en particulier avant de plonger?

    • 22 janvier 2016 , 9 h 23 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      C’est le seul roman que je connaisse de l’auteur, alors je ne ferais pas un bon conseiller. Par contre, je peux te conseiller sur les bières d’Unibroue ! :)

  2. 22 janvier 2016 , 11 h 35 min - Une ribambelle prend la parole ( permalien )

    Effectivement, on va s’abstenir à 20h30 d’aller sortir les poubelles. Je laisse cela à ceux qui aiment le risque. Quand le tueur en série rôde, on se calfeutre.

    • 22 janvier 2016 , 13 h 40 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Qui va sortir les poubelles, alors ? C’est que les bouteilles s’empilent dans la cuisine…

  3. 22 janvier 2016 , 12 h 40 min - Goran prend la parole ( permalien )

    Je confesse aussi… Par contre, certaines des adaptations cinématographiques sont superbes.

    • 22 janvier 2016 , 13 h 39 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Tu penses à quels films ? Cela ne me dit rien…

    • 22 janvier 2016 , 14 h 21 min - Goran prend la parole ( permalien )

      Pour n’en citer qu’un (de film), je dirais « L.A. Confidential » avec Russell Crowe…

    • 22 janvier 2016 , 14 h 28 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      C’est ce que je me disais…
      Y’a confusion en la personne entre Ellory et Ellroy. ;-)

    • 22 janvier 2016 , 15 h 02 min - Goran prend la parole ( permalien )

      Ah zut ! :-)

  4. 22 janvier 2016 , 14 h 01 min - Alex-Mot-à-Mots prend la parole ( permalien )

    Il m’attend dans ma liseuse…. Un auteur que j’apprécie, j’espère passer un bon moment.

    • 22 janvier 2016 , 14 h 46 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      J’ai du mal encore avec la liseuse. Peut-etre que j’y viendrais plus tard, quand j’arriverai plus à lire les petits caractères :) , mais j’ai encore besoin de sentir le papier, de caresser les pages et l’âme de l’auteur ou de celles qui ont lu les livres avant moi…

  5. 22 janvier 2016 , 16 h 31 min - phil prend la parole ( permalien )

    Ahhh un polar avec l’art de travailler la viande fraîche hummmm.

    Si jamais, tu as un frenchy qui fait le même style et qui s’en ai inspiré du reste, il s’agit de Pierre Lemaitre … c’est du « travail soigné »
    avec de belles filles coupées, tailladées, sodomisées, emputées, éventrées …

    • 25 janvier 2016 , 22 h 02 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      sodomisées ! Tu sais me prendre pas les grands sentiments.
      Et ça tombe bien j’ai un Lemaître en stock…

  6. 22 janvier 2016 , 20 h 29 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Une chronique superbement menée, Bravo Bibison !

    Mais il m’est impossible de lire ou regarder ou ne serai ce que penser à une histoire qui parle de serial Killer, de scie, d’amputations, des raccords de je ne sais quels membres, de regards apeurés … au secours … et ce qui m’effraie le plus c’est de pouvoir imaginer ce qui s’est passé dans la tête des 200 victimes …

    C’est horrible :(
    Alors plonger dans un roman et baigner dans de machiavéliques tortures c’est trop pour moi…

    Quand je serai grande !

    Et qui va me sortir ma poubelle ce soir hein ? Qui ?

    Je me dis quand même, il faut pas être bien pour écrire un livre pareil !
    Et pour le lire je me pose des questions ^^ :)

    • 25 janvier 2016 , 22 h 06 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Pour la poubelle, je ne sais pas, mais si tu dresses ton chien à attaquer, cela peut s’arranger !

      ce qui me rassure c’est que je ne suis pas le seul à l’avoir lu, donc je suis loin d’être l’unique malade de ce pauvre monde de dingues et de dégénérés à sévir dans la littérature.

      Et tu connais cette histoire où un type se balade avec une tronçonneuse, prêt à découper toutes les vierges pucelles d’un camp de vacances ?

  7. 23 janvier 2016 , 0 h 35 min - manU prend la parole ( permalien )

    Je n’ai pas encore pris le temps de découvrir cet auteur dont j’ai pourtant plusieurs livres dans ma PAL !
    Sympa la photo ! Mais c’est dommage d’avoir essuyé le couteau ensanglanté avant de la prendre… ;)

    • 25 janvier 2016 , 22 h 07 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Joe la loose… Putain, j’y ai pas pensé ! Si encore j’avais eu du ketchup ou de la sauce barbecue pour faire un montage… Je perds des points bêtement sur une erreur d’amateur.

  8. 23 janvier 2016 , 13 h 32 min - Léa Touch Book prend la parole ( permalien )

    Un Ellory est toujours un bonheur à lire :)

    • 25 janvier 2016 , 22 h 07 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Un bonheur pour le tueur ou pour la victime ?

  9. 23 janvier 2016 , 16 h 28 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    J’avais adoré Vendetta et A Quiet Belief in Angels, quel bon auteur!

    Tabarnak! En plus de regarder les autres pelleter la neige il fait sortir les poubelles. Hostie d’câlisse c’est l’bout d’la marde…!!! :D

    En tout cas, tant qu’il y a pas de MAJEURS sectionnés au fond des poubelles, y’a de l’espoir…

  10. 23 janvier 2016 , 18 h 09 min - belette2911 prend la parole ( permalien )

    Lu et adoré !! <3 Mais je n'ai pas frémi sous la couette…

    • 25 janvier 2016 , 22 h 09 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Pour frémir sous la couette, il faut un bison dessous ! :-)

  11. 28 janvier 2016 , 11 h 06 min - Léa Touch Book prend la parole ( permalien )

    @LeBison : un bonheur pour le lecteur :p

    • 28 janvier 2016 , 11 h 31 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      je dirais même plus, un bonheur pour la lectrice de me retrouver nu sous la couette :)

  12. 4 février 2016 , 22 h 52 min - Attrape-mots prend la parole ( permalien )

    Ce thriller me tente bien!

    • 5 février 2016 , 9 h 53 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      plus policier que thriller, il ne fait pas frémir mais est fourni en documentations pour qui voudrait à jour sombrer vers la force obscure, celle du serial-killer.

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