Eux, c’est Nous [Daniel Pennac]

Par le Bison le 23 décembre 2015

Catégorie : 5 étoiles, Europe

Qu’est-ce qu’un réfugié face au regard d’un enfant. En huit lettres, Jessie Magana et Carole Saturno décomposent ce mot en proposant huit petits textes autour de ce thème, avec les petites illustrations de Serge Bloch, apportant ainsi son trait humanitaire.

Réfugié…

Etranger…

Frontière…

Urgence…

Guerre…

Immigration…

Economie…

Solidarité…

Avant cette courte explication, tu vois les chaines d’informations continues nous inonder d’images, souvent insupportables, toujours injustes. Des morts, des cadavres, de la foule, de la colère… Mais Daniel Pennac se met à la place de l’enfant qui voit ses images là, sans réellement les comprendre. Il s’épanche alors sur sa feuille blanche et nous compose un petit texte pour tenter d’expliquer aux enfants les évènements autour de ces images, de montrer la peur que le regard des adultes porte à ce flot massif de gens mais rappelle surtout à ces adultes que ces flots de migrants ont toujours existé depuis des années, parce que la guerre, la famine, la misère existent – malheureusement – depuis des années. Les médias nous parlent d’eux, mais qui sont-ils eux ?

« Ils montrent inlassablement les mêmes images : des images de foules. Des grappes humaines accrochées à des bateaux qui coulent, des foules parquées dans des camps qui ne peuvent pas les contenir, d’immenses colonnes de victimes jetées sur des routes jusqu’à l’horizon. Et pendant que nos yeux ne voient que ces images, nos oreilles n’entendent que ces mots :

EXODE

MASSES

HORDES

DEFERLEMENT

MULTITUDE

INVASION

Du coup, ce n’est plus l’homme qui souffre que nous voyons sur ces images, ni la femme ni l’enfant… Ce ne sont plus des êtres humains, c’est un grouillement, un pullulement, un déferlement. Une effrayante menace. Avec ces phrases qui bourdonnent comme des guêpes autour de ces images :

« Nous ne pouvons pas accueillir tout le malheur du monde ! »

« Pas la même culture… »

« Pas la même religion… »

« Pas les mêmes coutumes… »

A noter que les revenus de la vente de ce petit livre « jeunesse » seront versés intégralement à la Cimade, une association de solidarité active avec les migrants, les réfugiés et les demandeurs d’asiles.

« STOP !

Débranchons-nous. Concentrons-nous. Ecoutons un autre silence : celui dont nous avons besoin pour réfléchir un peu.

Et réfléchissons.

Un peu. »

Ce n’est pas une question de nombre, mais de volonté.

« Eux, c’est Nous », parce qu’un jour Nous ça pourrait devenir Eux.

19 commentaires
  1. 25 décembre 2015 , 18 h 48 min - manU prend la parole ( permalien )

    Je l’ai justement trouvé au pied de mon sapin ce matin…
    Ta conclusion est superbe, bravo !

    • 26 décembre 2015 , 9 h 53 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Les embruns de la Fort Boyard enivrent ma conclusion :)

  2. 26 décembre 2015 , 11 h 22 min - manU prend la parole ( permalien )

    Du Fort Boyard !!

  3. 26 décembre 2015 , 16 h 32 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Euh…. Merci pour Moi …. ;-)

    Olé ! :D

    • 26 décembre 2015 , 20 h 45 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Tu veux faire Fort Boyard aussi ? Je te verrai bien dans le combat de catch dans la boue…

  4. 26 décembre 2015 , 22 h 06 min - belette2911 prend la parole ( permalien )

    Je suis pour le catch dans la boue, avec des mecs en string !

    • 28 décembre 2015 , 8 h 48 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      je suis plus string que mecs mais chacun ses goûts en matière de littérature, de bières ou de sexes.

    • 28 décembre 2015 , 16 h 27 min - Nadine prend la parole ( permalien )

      Un Bison en string qui broute dans un Ranch, Tabarnak que ça doit être « unique »!!! Tu nous balances quelques photos ici? ^^ :D
      ptdrrrrrrrr

    • 28 décembre 2015 , 16 h 33 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      je ne voudrais pas trop vous émouvoir…

    • 28 décembre 2015 , 18 h 03 min - Nadine prend la parole ( permalien )

      ptdrrrrrrrrr
      Bah, avec d’la binouze belge et québécoise on devrait arriver à passer à travers ce flot d’émotions…….. :D

    • 29 décembre 2015 , 9 h 08 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Et tu y penses à la fonte des glaces… Pas la peine de rajouter des corps en fusion…

  5. 27 décembre 2015 , 20 h 45 min - Marie-Claude prend la parole ( permalien )

    Y’a pas à dire, c’est à lire. Bien noté!

  6. 28 décembre 2015 , 16 h 18 min - Alex-Mot-à-Mots prend la parole ( permalien )

    LE livre essentiel de cette fin d’année.

    • 28 décembre 2015 , 16 h 33 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      en faisant une petite bonne action aux grandes conséquences.

  7. 28 décembre 2015 , 16 h 25 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    J’le trouve tellement touchant Pennac quand il se place dans le regard des enfants. « Réfugiés », « exodes », « migrants », « solidarité », des mots qui résonnent forts dans mon coeur… WOW quel grand livre tu as là! Super ta finale, un peu d’humanité et de volonté pour un monde meilleur… si seulement…!

    • 28 décembre 2015 , 16 h 38 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Je n’avais jamais lu de Pennac, avant cette petite histoire. Même si je ne doute pas de ses qualités littéraires ni mêmes fantaisistes, ce n’est pas un auteur vers qui j’ai envie de me tourner. Mais là, ce fut l’occasion, un thème fort et dans l’actualité. Et ce roman est à lire pour les 10-13 ans qui ne comprennent pas forcément la portée des images que l’on voit dans les journaux télévisés.

  8. 1 janvier 2016 , 12 h 20 min - Léa Touch Book prend la parole ( permalien )

    Il a l’air très bien !
    Belle année :)

    • 3 janvier 2016 , 22 h 00 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      pour faire une toute petite bonne action.

Ajouter un commentaire

PS: XHTML est autorisé. Votre adresse mail ne sera jamais publié.

S’abonner aux commentaires par le flux RSS