Juste une Ombre [Karine Giebel]

Par le Bison le 15 décembre 2015

Catégorie : 4 étoiles, Europe

Cloé. Grande, majestueuse, si belle et si hautaine. Elle se sent persécutée. Un tueur mystérieux, une ombre qui rôde autour de ses fesses. Et là je t’avoue un peu que j’ai les boules que cette salope de Cloé soit menacée parce que franchement, je me verrais bien la tuer moi aussi. De mes mains, tant elle m’exaspère par son côté supérieure qu’elle se prend en se croyant la plus belle et la meilleure. Et même que j’en aurais profité pour la retourner, la violer, avant de l’étrangler, la revioler, la trucider, l’éviscérer…

« Cette nuit, dans une rue déserte, sordide, je vais crever ! Il va se jeter sur moi, me poignarder, m’étrangler, m’ouvrir le ventre. Me violer, m’assassiner. »

Sauf que l’ombre a une ombre d’avance sur moi et que dans son acte, il saura certainement me devancer. Après tout, je ne suis qu’un amateur du genre, alors que lui ne semble pas à son premier coup d’essai. Et puis au fil des pages, je comprends mieux cette beauté fatale, son caractère de merde forgé par une enfance au secret si lourd et inavouable qu’il en traumatiserait plus d’une gamine, même de la campagne. Je n’ai plus forcément envie de l’étriper au sens propre du terme, par contre la violer, je ne dis toujours pas non, une telle beauté…

Gomez, flic ou voyou. Un inspecteur aux méthodes peu orthodoxes. Le look plus taulard que gardien de la paix. Une image très hollywoodienne. Lui aussi, j’aurais envie de le latter. Se foutre comme ça de sa vie ou de celles des autres, en toute impunité en plus. Son calibre ne me fait pas peur, je suis du genre couillu (en référence à mes envies avec Cloé). Et puis au fil des pages… oui je sais, je te rejoue la scène, pour bien que tu comprennes qu’il faut toujours se méfier des premières apparences, car derrière le comportement de certaines personnes, se cachent de profondes douleurs que même le temps n’arrivent plus à guérir. Je comprends donc qu’il a bon fond et que son caractère de merde n’est qu’une façade pour ne pas s’effondrer devant les autres, face à ce destin de merde que lui réserve cette putain de vie et surtout celle de sa femme qu’il aime tant, et tant, et tant d’heures passées à son chevet.

« Tu veux vivre ?

Meurs en silence, mon ange. »

Non, mais tu l’as vu cette ombre dans le jardin ? Ce bruit de grattement derrière la porte. Ce cadre photo qui a légèrement bougé pendant son sommeil. Ce frigo qui s’est rempli alors qu’elle dormait profondément, faute aux somnifères, parce que dormir n’est plus une activité envisageable, du moins sans cachetons ou bouteilles de whisky. Il y a de quoi devenir parano. D’ailleurs, tu ne l’as pas vu cette ombre dans le jardin. Cloé est folle, tout simplement. Surmenage à n’en pas douter. Et dépression en plus. Personne ne la croit. Faut dire qu’avec tous les cadavres de bouteilles qui jonchent le sol de sa chambre.

« Pas de plaisir sans douleur. Une règle qu’il te faudra accepter.

Tu dois souffrir. Pour moi.

Parce que je l’ai décidé, parce que je t’ai choisie. Simplement pour ça.

Je veux que tu aies mal, à en crever. Que tu implores la mort d’abréger ce supplice. De venir te libérer, te sauver de moi.

Sauf que le mort, ce sera moi.

Je t’arracherai les ailes, mon ange. Alors tu ramperas devant moi.»

Si, je crois que le ténébreux Gomez en pince pour la Cloé. Il la croit, il ne doute plus, il est le seul à la croire d’ailleurs. De toute façon, il est limite viré de la police. Des flics borderline comme lui, la direction n’en veut plus. Alors, il n’a rien d’autres à foutre que d’espionner sa « cliente ». Faut dire que le pétard qu’elle a. Il se la chopperait bien dans son lit. Pauvre petit ange aux ailes déchirées qui volera certainement sous d’autres cieux s’il ne fait rien d’ici peu.

Bon, c’est pas tout ça, mais moi, avec cette histoire impossible de trouver le sommeil. Je compte les bouteilles de bières comme d’autres compteraient les moutons. Mais rien n’y fait ; je choppe la bouteille de whisky, pour m’abrutir. Heureusement que je n’ai pas le chien à sortir, avec toutes ces ombres qui rôdent autour…

« La mort n’est pas une fille facile. Elle se refuse à ceux qui la veulent, se donne à ceux qui la repoussent. »

« Juste une Ombre », juste une illusion.

14 commentaires
  1. 16 décembre 2015 , 0 h 43 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    Tiens, « couillu », quel mot hautement poétique, pour ne pas dire spirituellement tabarnakien, qui n’a malheureusement pas encore traversé les frontières…

    « Pas de plaisir sans douleur » – une tendinite de majeur ça compte? :D

    • 16 décembre 2015 , 9 h 16 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      La poésie couillue, c’est mon trip :)

    • 17 décembre 2015 , 1 h 28 min - Nadine prend la parole ( permalien )

      ptdrrrrrrrrrrrr
      La poésie couillue!!! Tu pourrais pas nous mettre ici un vers ou deux qu’on visualise la chose? :D

    • 17 décembre 2015 , 12 h 04 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Son sirop d’érable coula
      D’entre ses cuisses
      Son sourire me regarda
      Ma langue s’y glisse
      Son soupire m’enveloppa.
      Le feu de ses orbites jaillit,
      Le sperme de ma bite jaillit.

    • 17 décembre 2015 , 21 h 39 min - Nadine prend la parole ( permalien )

      PTDRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRR J’savais qu’t'étais poète!!!!!!!!!
      Poète « couillu » on s’entend :D
      Tu vois « quand tu mets un peu du tien » !!! mdrrrrrrrrrrrr
      Tu devrais pelleter la neige avec la même ardeur!!!!!!!………………. :D

    • 18 décembre 2015 , 11 h 01 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

      « Du sirop d’érable coula »
      Mazette !!
      Comme une envie de retourner ma veste ^^ mdr ;-)

      Euhhhhh …Tu partages ?

      Bon ok j’ai compris je sors !

  2. 16 décembre 2015 , 10 h 49 min - Alex-Mot-à-Mots prend la parole ( permalien )

    Pas le meilleur de l’auteure, mais j’avais passé un bon moment.

    • 16 décembre 2015 , 20 h 15 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Si ce n’est pas le meilleur, qu’est-ce que ça doit être les autres. Parce que si je lis peu de thriller, celui m’a plus qu’emballé et captivé !

      Et c’est donc lequel son meilleur ?

  3. 16 décembre 2015 , 11 h 39 min - manU prend la parole ( permalien )

    Dis-donc, il t’a plutôt bien inspiré ce thriller !
    Une fois de plus, tu trouves les bons mots pour nous convaincre.
    De Giebel, je n’ai lu que Les Morsures de l’ombre, une lecture qui prend aux tripes et moi, je n’avais pas le whisky pour m’abrutir !! :D

    • 16 décembre 2015 , 20 h 15 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Tu as pas du en dormir de la nuit. Le pineau, ça assomme moins… :D

  4. 16 décembre 2015 , 19 h 43 min - belette2911 prend la parole ( permalien )

    Je dois encore le lire…

    • 16 décembre 2015 , 20 h 17 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Prends-toi une caisse de Chimay rouge avant, et une de Rochefort 10. Alors, t’y mettre tu pourras.

  5. 19 décembre 2015 , 13 h 25 min - Sido de Errances immobiles prend la parole ( permalien )

    Le meilleur dans ceux que j’ai lu est « Le purgatoire des innocents ». J’ai dû en parler sur mon blog d’ailleurs. A chaque page tu te dis: non, non, non, elle ne va pas écrire ça et si ! Elle le fait ! Une femme avec une bouille d’ange qui écrit des horreurs pareilles, j’aimerais bien voir son âme ! ;)

    • 20 décembre 2015 , 10 h 21 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      non, non, non… ça c’est accrocheur !

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