Forever Changes [Love]

Par le Bison le 4 décembre 2015

Catégorie : 5 étoiles, Pop & Électro

Peace & Love qu’ils disaient cette bande d’hippies, du foin dans les cheveux, des fleurs autour du cou. Rien que d’l’amour, pas la guerre. Le message est clair, une guitare à la main et des airs entre Pop & Folk. 1967, la bande à Arthur Lee, au nom très marqué par cette époque sixties, Love, sort leur 3ème album, l’inoubliable « Forever Changes ». Inoubliable, bien qu’oublié à son époque,  mais encensé avec l’âge, même Philippe Manœuvre, le type qui garde ses lunettes de soleil même quand il fait l’amour et pas la guerre, le place dans les 101 disques qui ont changé la face du monde. Plus que le monde il a contribué un peu à révolutionner la pop avec une tournure, certes légère, vers le psychédélisme.

Que s’est-il passé après ? Plus grand-chose, les hippies, la fumette ça va bien un temps, mais au temps révolu se joignent les drogues plus dures, puis les distensions ou inversement, puis inévitablement la séparation. Dans une indifférence presque indécente. Arthur Lee renouvelle le cheptel de musiciens, mais sans pour autant afficher un succès intéressant. La case prison, le retour à la scène pour les éternels vieux morceaux du groupe, la leucémie, la mort. Fin.

Mais moi, vieux bison, je ne rechigne jamais à écouter cet album, ce chef d’œuvre, la puissance culte d’un CD remastérisé avec de nombreux bonus dessus. La grande classe, à faire partie de ma liste des albums impossibles à m’en séparer. Du grand, du vieux, du puissant. A mon image. Et du LOVE ! Quelle différence peut-il y avoir entre les premiers albums des Doors ou des Pink Floyd façon Syd Barrett et ces Love-là ? Comme quoi, en rock, il s’en faut de peu pour devenir des demi-dieux, encore plus des dieux ou des oubliés crottés dans leur drogue. Faites l’amour, je vous dis avant qu’il ne soit trop tard. Et écoutez cette galette, vous aurez tant envie – besoin – d’amour.

Un après-midi d’un été de l’an je-ne-sais-plus-très-bien-mais-on-s-en-fout, j’entends une musique boulevard Saint Michel ? Je ne connais pas, mais elle m’interpelle, elle m’appelle même. Comme un rayon solaire qui vient éclairer mon âme de son éclat. Je rentre dans la boutique qui est tout sauf un disquaire digne de ce nom, je ressors avec ce disque. Ma journée fut illuminée par ce Love, la découverte un peu sur le tard de cette pop hippie d’une bande à Arthur Lee qui m’était alors inconnue. Suis-je encore un peu illuminé par cette aura, par cette énergie à sublimer ma vie ? Quelle bière ai-je bu la première fois que je me suis entretenu avec Arthur Lee ? C’était il y a bien longtemps maintenant, mais le temps n’a pas de trace sur ce disque.

Finalement, certaines choses de 1967 vieillissent plutôt bien…

« Forever Changes » [1967], l’année du grand amour.

12 commentaires
  1. 5 décembre 2015 , 7 h 12 min - princecranoir prend la parole ( permalien )

    Peut-être le plus beau des noms de groupe. Et sans doute, comme le dit manœuvre, un des plus grands album pop de tous les temps. Mais vois-je ? que lis-je ? un « old man » comme toi a cédé aux sirènes de la musique numérique sur galette plastique, miroir aux alouettes ! Et moi qui croyais que les bisons de ton espèce se contentaient de gratter du microsillon de leurs cornes de diamant ;-)

    • 5 décembre 2015 , 10 h 12 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Cela fait, quelques années, que je n’ai plus de microsillons. Trop de poussières dans le ranch, et je n’ai que des mines d’or et pas de diamants…

  2. 5 décembre 2015 , 7 h 42 min - Eeguab prend la parole ( permalien )

    Princecrannoir l’a dit.Que veux-tu que je rajoute? Inoubliable.Une jolie version de Calexico pour le si beau et si prenant Alone again or est disponible.

    • 5 décembre 2015 , 10 h 14 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Je confirme tes dires. Sans Love pas de Calexico. Quelles belles trompettes sur ce Alone Again Or qu’elles proviennent de Love ou de Calexico !

    • 6 décembre 2015 , 14 h 25 min - princecranoir prend la parole ( permalien )

      Je plussoie sur la version Calexico et j’ajoute en bonus track la très belle version de « a House is not a motel » sur le tout premier album des hobokeniens Yo La Tengo.

    • 6 décembre 2015 , 14 h 47 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Connais pas Yo La Tengo ! Mince alors… Je ne peux donc plussoyer sur ce coup-là, mais je vais de ce pas rechercher ce qu’il peut en être.

  3. 5 décembre 2015 , 14 h 44 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    L’année 1967 fut une année féconde pour la Pop et une révolution musicale pour la génération beatnik : The Doors, Frank Zappa, Rolling Stones, The beach Boys, Leonard Cohen et j’en passe … Quand j’y pense une vraie mine d’Or ces années 60/70 pour les producteurs.

    Je ne sais pas où j’étais en 67, mais je découvre cet album et c’est une belle surprise. Je trouve qu’il y a beaucoup d’accords AMERICA. Est ce America qui a déteint sur eux ou le contraire ? Je me le demande.

    1967 une belle année qui se bonifie avec le temps !

    Kiss, Peace & Love

    :D

    • 5 décembre 2015 , 15 h 01 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Est ce America qui a déteint sur eux ou le contraire ? Je me le demande.

      Si on considère qu’AMERICA est né en 1970, je crois que tu as ta réponse ;-)

      Kiss, Peace & Love

      Les 3 ?! c’est pas un peu beaucoup pour notre monde actuel ?

  4. 6 décembre 2015 , 17 h 22 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    Peace & Love avec du foin dans les cheveux, hostie q’j’aurais aimé avoir 18 ans dans ce temps-là!!! Douce préférence pour « A House is not a Motel »…

    • 6 décembre 2015 , 22 h 04 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Fallait naître plus tôt !
      D’un autre coté, tu serais plus vieille maintenant et crapahuter les Adirondacks en déambulateur, ça a certes son charme, mais c’est moins pratique :)

    • 7 décembre 2015 , 0 h 45 min - Nadine prend la parole ( permalien )

      Tout un charme en effet…… ptdrrrrrrrrr

    • 7 décembre 2015 , 13 h 30 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      et puis une vieille en minijupe en train de pelleter la neige devant son igloo, ça perd (un peu) de son charme :)

      Mais moi aussi, je regrette un peu de vivre cette époque musicale hors de son contexte temporel…

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