Phallus Dei [Amon Düül II]

Par le Bison le 28 novembre 2015

En 1969, le groupe Amon Düül se sépare. Triste nouvelle me diras-tu. Mais ne pleure pas ta Paulaner. Les musiciens entre deux pintes avaient des divergences sérieuses sur leurs musiques et leurs implications anarchistes que tout bon musicien allemand de cette époque devait se poser – ou pas. Et ainsi, en cette année érotique, là même où des couples se forment, se mélangent et s’entremêlent dans une profusion de plaisir et de sperme, eux se divisent, le cycle perpétuel de la mitose diraient certains. Reste donc le groupe Amon Düül et se crée le groupe Amon Düül II. Pas facile à suivre pour leur discographie, je comprends pourquoi les allemands boivent autant de Paulaner.

Cette même année donc, celle du soixante-neuf, quel bonheur sensoriel ce soixante-neuf, accouche donc d’un « Phallus Dei » de grande ampleur, une extase sensorielle sous acide, une éjaculation sonore de haute giclée. Ne m’en veux pas mais quand mon esprit est accaparé par ledit soixante-neuf, le corps ne suit plus ma volonté et éparpille son bonheur à la face du monde.

Car toute la musique psychédélique se retrouve dans le Phallus de Dieu – ou du bison mais de toi à moi, il s’agit bien d’une même personne. Une atmosphère envoutante, des cris perçants, instants planants, instants sauvages, rythmes lancinants et langoureux qui devancent des voix pénétrantes et des guitares tonitruantes. Oserai-je décrire ce Phallus Dei comme une pièce maitresse de la musique post-hippie ? Oserai-je dire qu’il est l’égal d’un Tago-Mago ou d’un Ummagumma ? Oserai-je dire que je suis un adepte du soixante-neuf avec une Paulaner pour se rincer les lèvres ?

Oui, j’ose. Et encore plus. Et je suis même fier de te le proposer, mon « Phallus Dei ». Avec ses moments si psychédéliques et si phalliques, même orgasmiques. Et je maintiens le pluriel, pour te préparer à multiplier les nombreux orgasmes qu’une telle musique pourra t’apporter, plus qu’un index et un majeur réunis, plus qu’un cachet d’acide sous la langue. Quand tu goûteras à ce Phallus, une explosion en bouche et dans les esgourdes te pénétrera, celle de faire partie d’un autre monde, genre cercle fermé de l’année soixante-neuf, où le plaisir de la vie se marie avec les élucubrations à peines lubriques d’un groupe teuton et d’un bison tétant sa Paulaner à la mamelle expérimentale du Kraütrock et de la Kosmische Musik.

Tu vas me ressortir ce refrain, vieille rengaine affichant ton mépris pour mon grand âge : « mais d’où qu’il sort encore son vieux machin ? » Ni une, ni deux, je t’affirme que ce vieux machin me semble encore très accessible par ses douces mélodies, ses refrains entêtants ou ses harmonies spatiales, même pour une novice en musique cosmique ou en soixante-neuf. Ces deux facettes se remédient facilement, il est juste nécessaire d’ouvrir ses oreilles et ses cuisses, sentir l’année 69 remontée du tréfonds de ton âme et s’entretenir avec le « Phallus Dei » du bison bien-nommé, ton serviteur maître et esclave de tes désirs musicaux.

« Phallus Dei » [1969], et l’image d’un phallus en 69.

8 commentaires
  1. 29 novembre 2015 , 9 h 25 min - manU prend la parole ( permalien )

    Bon le Bison, je ne vais pas te mentir, tu me connais… Je n’ai pas tenu 24 minutes et 35 secondes… D’ailleurs une telle torture, ça ne devrait pas être autorisée un dimanche matin au réveil !!! :D

    Mais surtout, par pitié, ne sors pas, en plus, « ton vieux machin »… ;)

    Allez bon dimanche au ranch ! :D

    • 29 novembre 2015 , 13 h 49 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Cela dit, même un dimanche matin, tu as été le premier à venir voir mon vieux machin !

  2. 29 novembre 2015 , 16 h 36 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Ah wouais !!!! Quand même !!!
    J’ai tenu 10 minutes ce n’est pas si mal non ?
    En fait je voulais me rendre compte de l’étendue des dégâts !
    Dis moi tu en tiens une sacré couche quand même hein ?
    Mais où es tu allé chercher ce vieux machin ?! :D
    Moi qui me croyais éclectique en musique, cet album dépasse tout entendement.
    Intriguant ! Tu es un vrai mystère. Passer de Florent Pagny à ça, j’avoue de pas comprendre !

    Je te préfère avec un poncho et des santiags sans rien dessous ;-)

    En revanche, trop chouette, ton billet … :D

    • 29 novembre 2015 , 22 h 15 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      je voulais me rendre compte de l’étendue des dégâts !

      Pourquoi ? Tu n’aimes pas ?

      Mais où es tu allé chercher ce vieux machin ?!

      Heu, je crois que je l’ai toujours eu en moi.

      et des santiags sans rien dessous

      Sans chaussettes ? Je crois que ça va pas être possible :-)

  3. 29 novembre 2015 , 22 h 00 min - belette2911 prend la parole ( permalien )

    Waw, t’as le phallus d’un Dieu ! :P

    « 1969, le groupe Amon Düül se sépare »… ben je savais même pas qu’il existait, alors tu vois, leur séparation, ça me fait pas grand-chose au moral.

    Mais je veux une photo de ton phallus dei !!

    • 29 novembre 2015 , 22 h 15 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Pour ça, fallait aller jusqu’au bout de la vidéo !

  4. 1 décembre 2015 , 23 h 05 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    24 minutes 35 secondes d’extase sensorielle et d’éjaculation sonore, eh ben! Même année érotique qu’Ummagumma, nécessitant plus qu’un index et un majeur réunis, ça valait forcément l’écoute. Un « moment phallique » de haut niveau, un shoot de café (que je n’bois pas) à la puissance 100…

    • 2 décembre 2015 , 9 h 04 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Enfin une mélomane qui apprécie à sa juste valeur mon phallus dei !
      Je commençais à croire que je n’avais affaire ici qu’à des incultes musicaux !

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