Le Médecin de Famille [Lucia Puenzo]

Par le Bison le 19 novembre 2015

Une voiture couverte de poussière,  un désert à traverser. Dangereux même de s’y aventurer seul. Pourtant au bout de la poussière, les cimes enneigées, un lac de montagne, des hydravions qui s’y baignent. Un petit coin de paradis nommé Patagonie.

Eva et Enzo ouvre une chambre d’hôtes au bord de ce lac. Nahuel Hapi, rien que le nom est un plaisir d’accueil et de dépaysement. Trois enfants qui jouent dans l’insouciance de ce lieu enchanteur – non, je ne vais pas te chanter du Florent Pagny. Lilith, petite pour ses 12 ans, qui n’en fait d’ailleurs que 8. Un retard de croissance mais où est le mal, elle est différente et c’est cela qui fait le charme de cette gamine. J’ai la guitare qui me démange, finalement, j’enfilerai bien mon poncho, bouc en pointe, et voix de baryton en avant, après quelques pintes de Quilmès. Ah, l’insouciance des années soixante…

Helmut Gregor, fine moustache, air supérieur et regard charmeur. Un certain charisme sur Eva. Il demande à traverser le désert avec cette jolie famille que l’on pourrait prendre pour une version patagonne de la petite maison dans la prairie. Il est médecin, et semble se prendre d’amitié pour la gamine Lilith. Mais range donc ton œil lubrique, il ne lui veut que du bien. Il dessine dans son carnet, des croquis, de face, de profil, des clichés morphologiques. Dans son carnet, il note pour caractériser le corps de Lilith : « Mystère harmonieux dans l’imperfection des mensurations. ». Il a fait dans le temps quelques recherches sur la génétique et a mis au point quelques hormones de croissance testées avec succès sur le bétail.

T’ai-je dit que le docteur Helmut est allemand, que Eva parle également cette langue, et que dans cette région reculée, Lilith et ses frères et sœurs iront dans une école allemande. Des allemands en Argentine, tiens donc… La réalisatrice n’hésite pas à fustiger le silence de son pays face à certains évènements mondiaux pas si vieux. L’histoire se veut inquiétante, et elle l’est réellement. Les paysages si somptueux que cette Patagonie ressemblerait à un petit coin de Bavière, la forêt, le lac, les montagnes. Au fait, il parait que Hitler ne serait pas mort… du moins d’après une discussion entre ce médecin et quelques complices teutons. Et à part ça ? Une Quilmès, señora de la Pampa, con una sonrisa. Alors pendant que tes lèvres trempent la mousse de cette bière argentine, que ton esprit s’évade dans la pampa, l’ultime escale, la fin de l’errance avant que j’ose le silence, ce docteur Helmut, médecin de famille, avait un autre nom, en Allemagne : le docteur Mengele !

« le Médecin de Famille » [2013], une piqure de rappel aux hormones.

12 commentaires
  1. 19 novembre 2015 , 22 h 30 min - sido de errances immobiles prend la parole ( permalien )

    Effectivement ça titille grave mon esprit !

    • 20 novembre 2015 , 9 h 40 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      s’il n’y a que ton esprit à être titillé, c’est quand même pas si mal…

  2. 20 novembre 2015 , 4 h 49 min - Tororo prend la parole ( permalien )

    Le roman dont le film est tiré (Wakolda, également de Lucia Puenzo) est très bien aussi. Et bien que le roman et le film « racontent la même histoire », ils adoptent deux approches très différentes (Lucia Puenzo, en écrivant l’adaptation, a fait le choix, courageux pour un écrivain, de laisser de côté beaucoup des notations psychologiques du livre qui auraient été, ou difficiles à faire passer par des dialogues, ou trop lourdes à transposer en voix off, pour les remplacer par des trouvailles visuelles assez réussies, comme les carnets de croquis du docteur).

    • 20 novembre 2015 , 9 h 42 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      J’ai vu effectivement que la réalisatrice Lucia Puenzo est également l’auteure de cette histoire. Un roman à lire, donc, pour approfondir l’histoire de ce film.

  3. 20 novembre 2015 , 8 h 38 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Raahhhhhhhh il m’a l’air d’un sacré bon film, et ta façon de nous mener par le bout du nez ne fait qu’accroître cette envie….. de boire una Quilmes ;-)

    Et quand j’entends cette IDIOMA de la pampa de Don Quixote de la Mancha…
    Mama Mia…. Ca remue dans mon ventre.

    Dos Quilmes señorita, una para El buffalo y una para mi ! :D

    • 20 novembre 2015 , 9 h 43 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      y una Quilmes por la guapa señorita con la sonrisa…
      Je t’assure avec l’accent, c’est encore mieux, comme un patagon nu sous son poncho.

  4. 21 novembre 2015 , 21 h 38 min - Léa Touch Book prend la parole ( permalien )

    Il faut que je vois ce film ! :D

    • 21 novembre 2015 , 22 h 35 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      sans oublier qu’avant, ce fut également le roman de la réalisatrice.

  5. 22 novembre 2015 , 10 h 26 min - manU prend la parole ( permalien )

    Voilà un film qui me plairait bien je crois…

    • 22 novembre 2015 , 19 h 59 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      un crapaud dans un lac de Patagonie ? Pourquoi pas…

  6. 22 novembre 2015 , 23 h 33 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    C’est qu’il a l’air vraiment bon ce film! Si au passage on y croise en plus les paysages de la Patagonie :D

    Moins idyllique par contre le fameux Docteur Mengele. Tabarnak, entre Auschwitz et un igloo à Chambly, le choix est pas trop difficile! En plus j’préfère jouer au docteur sur une peau de grizzly qu’entre les mains d’un sadique…

    • 23 novembre 2015 , 13 h 44 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      moi aussi, je préfère jouer aux docteurs… Allonge-toi, je vais t’examiner ! Qui a dit que je n’étais pas sadique ?!

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